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Soulèvement du 17 octobre

Rendez-vous devant le port pour le premier anniversaire de la thaoura

Des manifestations se sont déroulées dans plusieurs régions, hier, pour assurer que la révolution continue.

Rendez-vous devant le port pour le premier anniversaire de la thaoura

Des activistes ont installé, devant le port de Beyrouth soufflé par l’explosion du 4 août, une structure métallique où l’on peut lire « 17 octobre », soit la date du début de la contestation populaire, en 2019. AFP / JOSEPH EID

Ils sont épuisés, appauvris, meurtris, mais ne déclareront pas forfait : aujourd’hui, pour marquer le premier anniversaire du soulèvement, les Libanais sont appelés à redescendre dans la rue. Même si leur nombre ne devrait en aucun cas être similaire aux marées humaines des premiers jours de la thaoura, en octobre 2019, en raison de la pression du Covid-19. De plus, l’euphorie des premiers temps de la révolution a cédé la place, dans un contexte de grave crise économique, et surtout après la double explosion du port, à la colère et l’amertume.Sous le thème « La lutte continue jusqu’à ce que justice soit faite », une manifestation centrale est prévue cet après-midi à Beyrouth. À l’appel, notamment, du collectif « Drabzine », la manifestation doit s’élancer à 15h de la place des Martyrs, faire le tour de la ville, en passant par le ministère de l’Intérieur et la Banque du Liban, pour enfin converger vers le port.

Dans le même temps, à l’initiative du collectif « Khat Ahmar », fondé entre autres par le publicitaire Sami Saab, des torches seront allumées sur l’ensemble du territoire libanais et seront apportées vers quatre lieux de Beyrouth – le Forum de Beyrouth, la corniche du Fleuve, Saïfi et BIEL. Une chaîne humaine sera ensuite formée pour acheminer ces torches vers le port, devant lequel des militants ont érigé, dès hier, une structure métallique portant l’inscription « 17 octobre ». À 18h07, heure à laquelle est survenue la double explosion meurtrière du 4 août dernier, qui a fait plus de 200 morts, plus de 6 500 blessés et dévasté des pans entiers de la capitale, une cérémonie sera organisée, suivie par une procession à Gemmayzé où des bougies seront allumées.

Une cérémonie aura par ailleurs lieu en soirée à Jal el-Dib, l’un des hauts lieux de la contestation, où une plaque commémorative sera dévoilée.

Des manifestations sont également prévues à l’étranger, notamment à Paris (17h45 à la place de la Bastille pour marcher vers la place de la République), à Genève (14 heures place des Nations) ou encore à Londres (15h00 à Tower Brige et 17h00 à Hyde Park).

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Vers un réalisme de combat

Des mobilisations sont aussi prévues dans les régions, où de nombreux rassemblements se sont déjà déroulés hier à l’appel des collectifs de la révolution. Du nord au sud, les manifestants ont ainsi brandi des pancartes, accusant la classe politique au pouvoir d’être, dans son entièreté, « responsable d’avoir plongé le pays dans la faillite et appauvri les Libanais ». « La lutte continue », pouvait-on également lire sur ces affiches.

À Saïda, les manifestants se sont rassemblés devant le sérail afin de crier « leur colère » face à la crise, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. Les contestataires ont brandi des drapeaux libanais et des pancartes appelant à ce que les responsables au pouvoir rendent des comptes. Ils ont également réclamé la formation d’un gouvernement de sauvetage composé de personnalités indépendantes.

« Ils nous tuent à petit feu »

« Nous n’arrêterons pas de demander la chute de ce système corrompu, samedi sera une journée de colère dans tout le Liban », a affirmé Waddah, un manifestant. Les protestataires ont exprimé leur désespoir face à l’appauvrissement généralisé de la population. « Ils nous tuent à petit feu, nous n’en pouvons plus, dénonçait ainsi Zeinab, venue avec ses trois enfants. Je ne travaille plus, mon mari travaille à temps partiel désormais… Tout le monde doit redescendre dans la rue, nous devons les faire chuter et ils doivent nous rendre des comptes. » « Nous allons poursuivre la révolution, les gens ne peuvent plus supporter l’appauvrissement et la faim », assurait une autre manifestante, Nadine.

L'éditorial de Issa GORAIEB

Comptes d’octobre

À Tripoli, les manifestants se sont d’abord rassemblés devant le sérail puis ont lancé une procession dans les rues de la ville, passant notamment par la place al-Nour, épicentre de la contestation tripolitaine, où ils ont entonné l’hymne national. « Nous poursuivons notre mouvement, en mémoire des victimes du 4 août », pouvait-on lire sur une pancarte brandie par des manifestants lors de cette marche.

À Halba, dans le Akkar, les manifestants se sont rassemblés devant une tente érigée par des activistes sur la place principale, afin de réclamer la libération de deux des leurs, arrêtés dans la semaine pour avoir mis le feu au bureau local du Courant patriotique libre (CPL, aouniste). « Nous ne reculerons plus et poursuivrons nos manifestations, jusqu’à ce que toutes nos revendications soient entendues », a déclaré un porte-parole du mouvement. La route principale de cette localité avait été fermée entre mercredi soir et vendredi matin, afin de réclamer la libération des activistes.

Devant le sérail de Jounieh (Kesrouan), des dizaines de manifestants ont également scandé des slogans affirmant que les dirigeants ont « perdu leur légitimité depuis le 17 octobre ». Des rassemblements similaires se sont déroulés à Aley, Baalbeck, Nabatiyé, Zahlé, Hasbaya, Zghorta et Tyr.


Ils sont épuisés, appauvris, meurtris, mais ne déclareront pas forfait : aujourd’hui, pour marquer le premier anniversaire du soulèvement, les Libanais sont appelés à redescendre dans la rue. Même si leur nombre ne devrait en aucun cas être similaire aux marées humaines des premiers jours de la thaoura, en octobre 2019, en raison de la pression du Covid-19. De plus,...

commentaires (1)

variete ne fait pas beaute en l'occuence. je veux bien une diversite de groupes mais pardieu, ne meme pas parvenir a coordonner entre eux un meme lieu une meme heure de rassemblement , C'EST TROP ! est ce cela LE symptome du citoyen libanais? j'en bien peur !

gaby sioufi

10 h 23, le 17 octobre 2020

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Commentaires (1)

  • variete ne fait pas beaute en l'occuence. je veux bien une diversite de groupes mais pardieu, ne meme pas parvenir a coordonner entre eux un meme lieu une meme heure de rassemblement , C'EST TROP ! est ce cela LE symptome du citoyen libanais? j'en bien peur !

    gaby sioufi

    10 h 23, le 17 octobre 2020