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Agenda - Hommage Au Pr Henri Ingea

« L’extraterrestre » du monde hospitalier

Je l’appelais E.T. et son regard miel virait sourire. Les affiches du film éponyme recouvraient en ce temps-là les murs de la ville, apportant un peu de civilisation et se riant de la guerre.

Dans le monde hospitalier peuplé d’ego où nous tentions d’apprendre, Henri Ingea était un véritable extraterrestre.

Le cœur à l’ouvrage, la modestie en bandoulière, il avait le geste calme et sûr, avec la transmission et l’humour chevillés au corps.

Il savait donner des couleurs pastel aux blocs opératoires et adoucir d’un geste tendre les angoisses des patients ainsi que celles des disciples d’Hippocrate débutants que nous étions.

Une vocation qu’il vivait pleinement et qui lui faisait contourner l’horreur pour nous inviter avec bienveillance à ne garder de cette foutue guerre qu’une belle leçon de vie. Apprendre, toujours apprendre, et puis être avant tout utile. Parce que finalement, répétait-il de sa voix calme, « être médecin, c’est être avant tout au service des autres ».

Ta voix résonne encore plus fort aujourd’hui, cher Henri, immense « Pépin le Bref », comme tu aimais à te faire appeler.

Je me souviens de nos fous rires lorsque nous récitions en douce quelques vers de Molière pour faire chanter fils, aiguilles et écarteurs...

Tu as fini par l’adopter, en souriant, le nom de la créature de Spielberg, parce que tu avais compris que si nous arrivions à appeler « maison » ce lieu d’apprentissage, c’était surtout grâce à toi ainsi qu’à une petite poignée de personnes qui nous ont, comme toi, montré de façon extraordinaire là où doit se situer le vrai chemin de notre métier.

Tu l’as enfin retrouvée, ta maison... Alors repose en paix !

Dr Noha BAZ

Je l’appelais E.T. et son regard miel virait sourire. Les affiches du film éponyme recouvraient en ce temps-là les murs de la ville, apportant un peu de civilisation et se riant de la guerre.Dans le monde hospitalier peuplé d’ego où nous tentions d’apprendre, Henri Ingea était un véritable extraterrestre.Le cœur à l’ouvrage, la modestie en bandoulière, il avait le geste calme et sûr, avec la transmission et l’humour chevillés au corps. Il savait donner des couleurs pastel aux blocs opératoires et adoucir d’un geste tendre les angoisses des patients ainsi que celles des disciples d’Hippocrate débutants que nous étions.Une vocation qu’il vivait pleinement et qui lui faisait contourner l’horreur pour nous inviter avec bienveillance à ne garder de cette foutue guerre qu’une belle leçon de vie. Apprendre,...