À l’issue d’une réunion qui a eu lieu jeudi entre la délégation représentant Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban (BDL), et celle du cabinet Alvarez et Marsal, présente cette semaine au Liban, au cours de laquelle toutes deux ont discuté des informations requises par l’entreprise américaine, la BDL s’est engagée à lui fournir des informations mardi prochain, selon un communiqué du ministère des Finances publié jeudi.
Spécialiste de la restructuration, Alvarez et Marsal a été mandaté par le gouvernement sortant de Hassane Diab le 1er septembre, pour entreprendre le volet juricomptable (forensic audit) des comptes de la BDL, soit celui qui doit en principe permettre de retracer l’historique des transactions qui ont impliqué la BDL et de remonter jusqu’à leurs auteurs. KPMG est chargé du volet comptable, tandis qu’Oliver Wyman est spécialiste des banques centrales.
Reste à savoir si la BDL va répondre à tout ou partie des requêtes (151 selon les sources du quotidien libanais Nida’ el-Watan). En effet, comme souligné lundi par le ministre sortant des Finances, Ghazi Wazni, le secret bancaire pourrait créer des « obstacles ». Une source financière interrogée par L’Orient-Le Jour avait affirmé qu’il était très probable que la BDL n’accepte qu’une faible partie des requêtes, alors que le quotidien précité tablait, lui, sur un refus total.
Assurant la communication entre le cabinet d’audit et la BDL, le ministère des Finances a envoyé à cette dernière, le 14 septembre, une requête d’Alvarez et Marsal portant sur un certain nombre de points, lui donnant deux semaines pour y répondre. Or le délai a été dépassé et l’audit n’a toujours pas commencé. La source précitée n’a d’ailleurs pu déterminer si, en raison du manque d’informations dont il risque de disposer, le cabinet ne baissera pas les bras pour préserver sa réputation ou si, au contraire, il se cantonnera à analyser le peu qui lui a été transmis afin d’empocher les 2,1 millions de dollars. L’arrêt de cet audit coûterait 151 000 dollars au Liban.

