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VIE ÉTUDIANTE

Un club contre l’histoire unique sur l’Afrique

Passionnément amoureuse de l’Afrique dont elle est originaire, Nathalia Wehbé, jeune étudiante à l’USJ, crée un club pour, à la fois, montrer la beauté de ce continent et élargir la vision à son sujet.

Un club contre l’histoire unique sur l’Afrique

Photo de groupe des membres du club Akwaba lors d’une soirée de rencontre organisée au campus des sciences humaines de l’USJ le 20 février. Crédit photo Assia Hejeij

Le club Akwaba (bienvenue en ghanéen) est un club étudiant à l’Université Saint-Joseph (USJ) destiné à l’origine à réunir les étudiants libanais d’Afrique. Il a été créé par Nathalia Wehbé, jeune étudiante libano-sénégalaise de 21 ans, au Liban depuis neuf ans seulement, qui poursuit ses études en lettres françaises à l’USJ. Connue pour être fortement attachée à son pays natal, le Sénégal, la jeune femme a été encouragée par l’une de ses professeurs, la professeure Nay Wehbé, à créer ce club. « Dès qu’il y a n’importe quel événement en lien avec l’Afrique, il intéresse immédiatement les Africains. Ainsi via le bouche-à-oreille, j’ai pu collecter les numéros des étudiants originaires d’Afrique et les contacter pour créer ce club. Il y a même parmi nous des étudiants du campus de Saïda ! » s’enthousiasme la jeune femme.

La Libanaise au cœur africain raconte avoir remarqué à son arrivée au Liban que l’image de l’Afrique dans l’esprit des Libanais est négative. « On me demandait si je vivais avec les lions ! Les gens n’ont que cette image de savane dans leur tête. Et même si cette dernière constitue une grande partie de la beauté du continent africain, nous vivons en Afrique une vie moderne comme tout le monde », s’indigne-t-elle.

La jeune étudiante découvre ainsi toutes les fausses perceptions qu’ont les Libanais au sujet du continent africain. « Ils pensent également que l’Afrique est la définition de la pauvreté en elle-même, comme si aucun développement ne peut s’y produire, ajoute Nathalia Wehbé qui dénonce le regard parfois condescendant que portent certains sur les Africains qu’ils voient comme des esclaves. C’est pour cela que nous avons voulu montrer, à travers ce club, que les travailleurs et travailleuses africains sont des êtres humains qui mènent des vies normales et modernes. »

Pour en finir avec les histoires uniques et blessantes sur l’Afrique, le club Akwaba a décidé d’introduire les étudiants libanais aux merveilleux apports des cultures africaines. « L’Afrique possède sa propre richesse. Il y a vraiment de tout : de la gastronomie, de la danse, de la musique. La littérature africaine, par exemple, est une littérature francophone qui révèle beaucoup sur les peuples africains et les coutumes qu’ils essaient de faire cohabiter avec le monde moderne. C’est vrai qu’il y a de la pauvreté, mais on ne peut pas définir l’Afrique de cette manière et la limiter à cet aspect », continue Nathalia.

Le club Akwaba se caractérise par une diversité de ses membres. En effet, il regroupe des étudiants venus du Sénégal, du Gabon, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Congo, en plus des étudiants en provenance de l’Afrique du Nord comme l’Algérie, l’Égypte et le Maroc. Ce mélange de cultures a fait des activités organisées par le club un vrai succès. « Nous avons eu beaucoup de réactions positives de la part des étudiants non africains après la soirée de rencontre organisée en février dernier. Ils nous ont dit que nous avions l’air de nous connaître depuis toujours. C’est exactement ça, l’Afrique. C’est la convivialité ! Beaucoup de personnes ont été éblouies par la beauté de nos pays et nous ont signalé qu’elles voulaient participer à nos futures activités. »

Malgré les nombreuses journées de fermeture du campus l’année passée, les jeunes membres du club ont pu également organiser une séance de yoga accompagnée de musique africaine. Grâce à ces deux activités, « la culture africaine a commencé à se forger une place dans l’esprit de beaucoup d’étudiants de l’USJ qui ont ainsi vu sa richesse et sa diversité, et découvert des paysages africains à couper le souffle », poursuit-elle.

« Mama Africa », quand les différences n’ont plus d’importance

D’après la fondatrice du club, les Africains ne parlent jamais de l’Afrique comme étant une collection de pays individuels, mais parlent plutôt de Mama Africa (Mère Afrique) car la diversité de chacun des pays ajoute encore plus de richesse à leur identité africaine. « En Afrique, tout le monde aime tout le monde. Je suis sûre qu’il y a beaucoup d’autres Africains qui pensent comme moi, et je remercie l’Afrique d’avoir forgé en moi ces valeurs humaines et cette tolérance envers les autres », conclut Nathalia Wehbé.




Le club Akwaba (bienvenue en ghanéen) est un club étudiant à l’Université Saint-Joseph (USJ) destiné à l’origine à réunir les étudiants libanais d’Afrique. Il a été créé par Nathalia Wehbé, jeune étudiante libano-sénégalaise de 21 ans, au Liban depuis neuf ans seulement, qui poursuit ses études en lettres françaises à l’USJ. Connue pour être fortement attachée à...

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