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Israël et Emirats poursuivent leur rapprochement à Berlin

Israël et Emirats poursuivent leur rapprochement à Berlin

Le ministre israélien, Gabi Ashkenazi, son homologue allemand Heiko Maas, et émirati Abdullah ben Zayed Al-Nahiyane. REUTERS/Michele Tantussi

Une rencontre inédite et symbolique: les chefs de la diplomatie israélien et émirati se sont rencontrés pour la première fois mardi, au Mémorial de la Shoah à Berlin, nouvelle étape de la normalisation entre les deux pays.

Pour leur toute première entrevue, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, et son homologue émirati Abdullah ben Zayed Al-Nahyane, ont choisi ce monument de la capitale allemande qui commémore le génocide juif par les Nazis.

"Ce fut une visite très émouvante pour moi, en tant que représentant, ancien chef d'état-major et fils de survivant de l'Holocauste", a confié M. Ashkenazi lors d'une conférence de presse, se félicitant de la présence d'un responsable arabe "pour la première fois dans l'Histoire". "Notre présence commune aujourd'hui symbolise une nouvelle ère, la stabilité de la paix, la prospérité et l'espoir", a-t-il ajouté.

Heiko Maas a également parlé d'une "étape historique" dans la normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis, preuve selon lui qu'une "coexistence pacifique au Moyen-Orient est possible".

Il a souhaité que cette rencontre permette de relancer le processus de paix au Moyen-Orient, "qui est dans l'impasse", exprimant la volonté de l'Union européenne d'apporter son aide. L'Allemagne préside jusqu'à la fin de l'année le Conseil de l'UE.

Un peu plus tôt, les dirigeants israélien et émirati avaient déambulé au coeur du Mémorial de la Shoah, un labyrinthe d'environ 2.700 blocs de béton de toutes tailles symbolisant l'anéantissement de 6 millions de juifs par le régime d'Adolf Hitler.

"Plus jamais ça"

Les deux hommes ont écrit des messages sur le Livre du souvenir du Mémorial, le ministre émirati inscrivant notamment en anglais "Never again", "plus jamais ça", selon une photo tweetée par une diplomate israélienne.

"Notre présence ici ensemble symbolise le début d'une nouvelle ère", a pour sa part écrit en hébreu M. Ashkenazi, célébrant "une ère de paix entre les peuples". "Notre signature commune dans le Livre du souvenir est comme un cri et un serment: se souvenir et ne pas oublier, être fort et promettre +plus jamais ça+", a-t-il aussi écrit.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a signé le 15 septembre avec les Emirats arabes unis et Bahreïn des accords historiques dénoncés par les Palestiniens, sous l'égide de Donald Trump qui espérait apparaître en "faiseur de paix" avant la présidentielle américaine. Ces deux pays arabes sont les premiers à reconnaître Israël, fondé en 1948, depuis l'Egypte et la Jordanie, respectivement en 1979 et 1994.

Les Emirats et Bahreïn, des monarchies sunnites, partagent avec l'Etat hébreu une animosité envers l'Iran chiite, l'ennemi numéro un de Washington dans la région.

"Coup de poignard"

De nombreux Etats arabes pétroliers cultivent discrètement des liens avec les autorités israéliennes depuis des années, mais cette normalisation offre de riches opportunités, notamment économiques, à ces pays qui tentent de réparer les ravages de la pandémie. Les Palestiniens ont eux dénoncé un "coup de poignard dans le dos" de la part de ces pays accusés de pactiser avec l'Etat hébreu sans attendre la naissance de leur Etat.

A Berlin, le ministre des Affaires étrangères israélien a invité une nouvelle fois les Palestiniens à "revenir" à la table des négociations. "Ce n'est que par des négociations directes que nous pourrons apporter une solution au conflit. Plus nous repousserons les négociations, plus nous laisserons une réalité plus difficile à la prochaine génération", a estimé M. Ashkenazi. Des divergences perdurent cependant entre Israël et les Emirats.

Donald Trump avait assuré qu'il n'aurait "aucun problème" à vendre des avions de chasse américains F-35 aux Emirats arabes unis, qui veulent en acquérir de longue date. Or, Benjamin Netanyahu s'oppose fermement à cette vente, pour préserver la supériorité militaire de son pays dans la région. L'accord était aussi censé être conditionné, selon les Emirats, à un arrêt de l'annexion de territoires en Cisjordanie par Israël. Mais pour M. Netanyahu, il ne s'agit que d'un report.

Une rencontre inédite et symbolique: les chefs de la diplomatie israélien et émirati se sont rencontrés pour la première fois mardi, au Mémorial de la Shoah à Berlin, nouvelle étape de la normalisation entre les deux pays.Pour leur toute première entrevue, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, et son homologue émirati Abdullah ben Zayed Al-Nahyane, ont choisi ce monument de la capitale allemande qui commémore le génocide juif par les Nazis."Ce fut une visite très émouvante pour moi, en tant que représentant, ancien chef d'état-major et fils de survivant de l'Holocauste", a confié M. Ashkenazi lors d'une conférence de presse, se félicitant de la présence d'un responsable arabe "pour la première fois dans l'Histoire". "Notre présence commune aujourd'hui symbolise une nouvelle ère, la...