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ENVIRONNEMENT

Un calculateur d’empreinte carbone made in Lebanon

Face aux catastrophes écologiques qui s’abattent sur le monde, trois étudiants de la NDU appellent à une prise de conscience de l’urgence environnementale et créent un calculateur pour aider les entreprises à réduire leur empreinte carbone.

Un calculateur d’empreinte carbone made in Lebanon

De gauche à droite : Mira Bechara, la professeure Sophia Ghanimeh, Amani Nasr et Abdo el-Mallah. Photo Janette Élias

Partout dans le monde, le réchauffement climatique fait des ravages. La fonte des glaciers a atteint un point de non-retour. Les incendies se multiplient aux États-Unis, en Grèce, au Liban… Face à cette situation et devant l’inertie de l’État libanais, Mira Bechara, Amani Nasr et Abdo el-Mallah, trois étudiants en dernière année d’ingénierie civile et environnementale à l’Université Notre-Dame (NDU), ont décidé de transformer leur projet de fin d’études pour contribuer à la sauvegarde de l’environnement. Avec le soutien de la division du changement climatique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de la NDU, ils ont créé un calculateur de carbone (carbon calculator). Leur objectif ? Pousser les universités, les écoles et les entreprises à réduire leur empreinte carbone et à devenir des institutions respectueuses de l’environnement. « Nous avons commencé avec presque rien. Les informations que nous avions entre les mains étaient très rudimentaires », se souvient Amani Nasr. Mais le défi est relevé et quelques mois plus tard, ils conçoivent leur propre calculateur d’empreinte carbone, encadrés par Léa Kai Aboujaoudé du PNUD et Sophia Ghanimeh de la faculté de génie de la NDU et soutenus par leur université qui a mis à leur disposition tout le matériel nécessaire. Les jeunes ingénieurs, fraîchement diplômés, ont pu présenter ce nouvel outil lors du 113e congrès annuel international ACE 2020 organisé en ligne le 30 juin dernier par l’Association pour la gestion de l’air et des déchets (A&WMA).

Pour une planète plus verte

Pour parfaire leur invention, les étudiants passent des heures à rechercher les critères à inclure dans le calculateur. « Nous avons contacté les meilleures universités parmi les plus respectueuses de l’environnement et nous les avons interrogées pour recueillir le maximum d’informations précises et rendre notre calculateur le plus minutieux et exact possible », confie Abdo el-Mallah, qui indique qu’en ingénierie, il existe toujours une certaine marge d’erreur. « Nous avons fait de notre mieux pour la minimiser au maximum, notamment en actualisant constamment les facteurs d’émission de gaz à effet de serre », ajoute-il. « Les facteurs d’émission changent d’année en année. Il y a toujours de meilleures recherches, de meilleures technologies… Les nouvelles études sont publiées chaque année par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat », précise de son côté Mira Bechara.

Pour rendre le calculateur plus attrayant, les ingénieurs ont joué la carte de la simplicité et de la praticité. « Notre but initial était de rendre le calculateur aussi simple que possible afin d’encourager le plus grand nombre d’institutions ou même d’individus à l’utiliser. Le potentiel usager ne devrait pas se perdre avec une trop grande quantité d’informations à remplir », explique Mira Bechara. Pour les mêmes raisons, les jeunes concepteurs utilisent Microsoft Excel pour leur calculateur, qui consiste en plusieurs pages, dont la première est un guide de l’utilisateur. « Même si Excel semble un peu fade comme format, cela reste assez ludique avec les boutons qui permettent à l’utilisateur de naviguer », ajoute Amani Nasr.

Le calculateur informe les utilisateurs sur les documents à fournir et les renseigne sur la manière de se les procurer. Comme il offre aux utilisateurs un espace pour les intégrer. Une fois rempli, Excel calcule les résultats en lien avec trois gaz principaux : le protoxyde d’azote, le méthane et le principal gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone. Ces trois résultats intermédiaires serviront à déterminer l’empreinte carbone. « Le calculateur précise également où se trouvent les hautes émissions et/ou les consommations énergétiques élevées, afin d’aider les utilisateurs à améliorer leur score en adoptant un comportement plus écologique », souligne Abdo el-Mallah.

Très conscients des risques environnementaux, ces jeunes amoureux de la nature ont intégré au calculateur de carbone une page où les universités pourront décrire les comportements verts adoptés en matière de gestion des déchets, de recyclage des eaux, d’installation de toits laissant passer la lumière, etc. Et pour encourager les universités dans cette direction, chaque bonne action ou geste écologique leur fait gagner des points, ce qui permettra d’établir par la suite un classement des universités les plus écologiques au Liban. Le but ultime du calculateur étant de créer une sorte de compétition entre les universités et les écoles pour promouvoir la responsabilité écologique et sensibiliser les étudiants libanais sur l’importance de la sauvegarde de l’environnement.




Partout dans le monde, le réchauffement climatique fait des ravages. La fonte des glaciers a atteint un point de non-retour. Les incendies se multiplient aux États-Unis, en Grèce, au Liban… Face à cette situation et devant l’inertie de l’État libanais, Mira Bechara, Amani Nasr et Abdo el-Mallah, trois étudiants en dernière année d’ingénierie civile et environnementale à...

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Quel crime de pousser tous ces jeunes au départ définitif...

NAUFAL SORAYA

07 h 04, le 01 octobre 2020

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Commentaires (1)

  • Quel crime de pousser tous ces jeunes au départ définitif...

    NAUFAL SORAYA

    07 h 04, le 01 octobre 2020