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Égypte

L’héritage mitigé de Nasser, 50 ans après sa mort

L’héritage mitigé de Nasser, 50 ans après sa mort

Photo d'archives de Gamal Abdel Nasser, prise le 18 janvier 1956, en train de lire la nouvelle Constitution égyptienne, au Caire. AFP / File

Cinquante ans après la mort de Gamal Abdel Nasser, la controverse demeure en Égypte autour de l’héritage politique de l’ancienne icône du panarabisme, perçu comme un rempart contre Israël, le colonialisme, la pauvreté.

Connu pour ses discours enflammés et ses prestations radiophoniques, le charismatique ancien président égyptien captivait d’immenses foules en Égypte et dans le reste du monde arabe.

Parmi ses premiers succès, figure la mise en échec d’une invasion des troupes françaises, britanniques et israéliennes en 1956, avec l’aide des États-Unis, à la suite de la nationalisation du canal de Suez.

Ses détracteurs toutefois voient en lui un symbole du populisme autoritaire, de l’incompétence économique et de l’imprudence géopolitique, un bilan qui avait terni son image au moment de sa mort le 28 septembre 1970.

Pour marquer les 50 ans de sa mort, sa fille aînée, Hoda, a publié un livre pour jeter un nouveau coup de projecteur sur la vie du dirigeant.

Nasser : archives secrètes comprend des extraits de son journal d’officier pendant la guerre israélo-arabe de 1948, ainsi que des échanges avec le président américain John Kennedy ou le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev.

Mesures populaires

« Je n’ai fait que raconter des événements qui ont eu lieu et j’ai expliqué les principes qu’il appliquait en montrant des documents qu’il a écrits alors qu’il était officier dans l’armée et pendant sa présidence », dit-elle.

En 1952, à la tête d’un groupe d’officiers supérieurs, Nasser renverse le roi Farouk dans un coup d’État militaire connu par la suite sous le nom de « Révolution du 23 juillet ». Premier ministre entre 1954 et 1956, il deviendra président et le restera jusqu’à sa mort. Il s’attelle à promouvoir des politiques sociales, dont une éducation gratuite et d’importantes aides étatiques. Il démantèle également les privilèges des propriétaires terriens, classe dominante sous la monarchie. Ces mesures très populaires se révèlent toutefois difficiles à financer.

Parallèlement, Nasser se lance dans de vastes et coûteux projets d’infrastructure, comme le haut barrage d’Assouan, et nationalise le canal de Suez en 1956. « Il encourageait le sens de la dignité chez les gens. Et c’est cela qui manque aux Arabes lorsqu’ils se souviennent de Nasser », dit Moustapha Kamel, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire.

Sous Nasser, les partis politiques sont abolis, tandis que les autorités mènent une répression féroce contre l’opposition, y compris les Frères musulmans. Le régime militaire se caractérise alors par un état d’urgence permanent et une influence de l’armée sur l’économie. « Tandis qu’il cherchait à abolir les discriminations sociales, son régime a initié le concept d’État policier, installant une culture de la peur de l’autorité », estime Saïd Sadeq, professeur de sciences politiques à l’Université du Nil. « Il ne croyait pas en la démocratie et le disait ouvertement », souligne M. Kamel. Dans ses discours, Nasser assume un ton populiste, s’exprimant dans un arabe simple pour tourner en dérision les puissances coloniales et Israël.

Coup dévastateur

Mais son assurance sur la scène internationale se transforme parfois en imprudence, soulignent ses détracteurs. Ainsi, en 1962, Nasser envoie des troupes au Yémen pour soutenir les révolutionnaires contre les royalistes appuyés par l’Arabie saoudite, une aventure qui se termine en coûteux bourbier de plusieurs années.

Mais le coup le plus dévastateur vient de la défaite contre Israël dans la guerre des Six-Jours en 1967, lorsque l’Égypte, la Syrie et la Jordanie ont perdu d’importants territoires. Israël occupe la péninsule du Sinaï pendant 15 ans, et conserve encore aujourd’hui la Cisjordanie et une partie du Golan. « C’était un désastre, et le monde arabe en paie encore le prix », estime M. Sadeq. Pendant des années, les dirigeants arabes ont réclamé à Israël un retrait aux frontières d’avant 1967 pour permettre la création d’un État palestinien.

Neuf ans après la mort de Nasser, son successeur Anouar el-Sadate a signé un traité de paix avec Israël, le premier entre un pays arabe et l’État hébreu. Le président Abdel Fattah al-Sissi, qui a qualifié Nasser de « patriote », a dit dans une interview en 2018 que l’Égypte ne pouvait pas rester en guerre contre Israël pour toujours.

Source : AFP


Cinquante ans après la mort de Gamal Abdel Nasser, la controverse demeure en Égypte autour de l’héritage politique de l’ancienne icône du panarabisme, perçu comme un rempart contre Israël, le colonialisme, la pauvreté.

Connu pour ses discours enflammés et ses prestations radiophoniques, le charismatique ancien président égyptien captivait d’immenses foules en Égypte et...

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