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Rencontre

Khatia Buniatishvili, la « Musique classique pour tous »

La charmante et féline pianiste franco-géorgienne – familière duFestival al-Bustan – signe un septième opus intitulé « Labyrinth ».


Khatia Buniatishvili, la « Musique classique pour tous »

La pianiste franco-géorgienne Khatia Buniatishvili n’est pas le genre de star à dormir sur ses lauriers. Joël Saget/AFP

D’un prélude de Chopin au « Deborah’s Theme » de Morricone : traversant les époques dans son dernier album, la pianiste franco-géorgienne Khatia Buniatishvili aime parler de musiques classiques au pluriel et à la portée de tous.

Celle qui est parfois surnommée « la pop star de la musique classique » assume le côté éclectique de l’album, nommé à juste titre Labyrinth.

« En mettant ensemble des morceaux de l’époque baroque et d’aujourd’hui, les barrières entre les gens et les époques s’effacent », affirme à l’AFP la pianiste de 33 ans, dont l’album, son septième, sort le 9 octobre chez Sony.

« Les morceaux que j’ai choisis sont tous «classiques», dans le sens où ils ont traversé le temps, sont universels et nous touchent », ajoute la jeune femme polyglotte qui vit à Paris depuis 2011 et a été naturalisée française en 2017.

Parmi les 18 morceaux, figurent Les Consolations de Liszt, La Sicilienne de Vivaldi, mais aussi I’m Going to Make a Cake de la bande originale du film The Hours signée Philip Glass, géant de la musique contemporaine, ou La Javanaise de Serge Gainsbourg, inspirée par Juliette Gréco décédée il y a quelques jours.

« Mélomane ou pas »

« Je ne fais pas de distinction entre les compositeurs que j’aime, entre le Requiem de Mozart ou Deborah’s Theme « (de la bande originale du film Once Upon a Time in America de Sergio Leone), ajoute l’artiste qui a appris le piano à partir de l’âge de trois ans dans sa Géorgie natale et donné son premier concert à six ans.

« Bien sûr, la musique demande de longues années de travail. Mais le mélange (des genres), ça remonte à mon enfance à Tbilissi, j’aimais le jazz aussi et ma mère écoutait le folk », se souvient la jeune femme qui a collaboré en 2015 avec le célèbre groupe pop britannique Coldplay.

Elle rend particulièrement hommage à Ennio Morricone, mort en juillet, qui, dans l’album, « prend sa place naturellement parmi les autres grands compositeurs ». « Sa musique évoque les rêves d’enfance et d’adolescence, les émotions y sont tellement concentrées. »

La pianiste, qui a une sœur également pianiste, Gvantsa, n’aime pas non plus faire de distinction au sein de son public : « Quand je joue, je joue pour un être humain, mélomane ou pas. »

Si beaucoup louent sa virtuosité – le public du Festival al-Bustan, qui l’a applaudie lors de 4 représentations en quelques années, ne dira pas le contraire – elle a également ses détracteurs qui lui reprochent une personnalité débordante pour une musicienne classique et une interprétation trop libre et émotive des œuvres.

« Le premier pas »

Mais Khatia Buniatishvili assume son style. Dans la musique, « on recherche les personnalités (...). S’il y a un public diversifié qui vient à mes concerts, c’est qu’il sent que je suis proche de lui ». « Je ne suis pas sur un piédestal et eux en bas. Au contraire, c’est moi qui fais le premier pas », dit la pianiste qui aime l’idée d’une « Musique classique pour tout le monde ». « Il y a des gens qui ne viennent pas à un concert classique parce qu’ils pensent qu’on va les regarder de haut ou parce qu’ils ne connaissent pas. »

Sa collaboration avec Démos, des orchestres qui initient les enfants des quartiers défavorisés et des zones rurales à la pratique de la musique classique, l’enthousiasme. « En Géorgie, j’ai grandi en banlieue (...). Ce projet est pour que la musique classique soit le quotidien de ces enfants, qu’ils deviennent pro ou pas. »

Elle balaie les controverses sur son look qui l’ont accompagnée dès ses débuts en raison de ses robes moulantes ou de ses décolletés.

« Un jour je suis glamour, un autre je ne le suis pas. Ce n’est pas pour faire le buzz » , dit-elle. Être surnommée la «Beyoncé du piano» la gêne-t-elle ? « Pourquoi cela me gênerait ? C’est une forme de féminisme qui me plaît : l’image d’une femme forte qui possède bien la scène. »

Rana MOUSSAOUI/AFP et rédaction


D’un prélude de Chopin au « Deborah’s Theme » de Morricone : traversant les époques dans son dernier album, la pianiste franco-géorgienne Khatia Buniatishvili aime parler de musiques classiques au pluriel et à la portée de tous.

Celle qui est parfois surnommée « la pop star de la musique classique » assume le côté éclectique de l’album, nommé...

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