Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo ANI
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a "catégoriquement" rejeté lundi que les "blocs" au pouvoir nomment des ministres dans le futur gouvernement, affirmant être en faveur de la rotation de l'attribution des portefeuilles entre les différentes confessions et partis.
Le leader maronite a estimé, dans un communiqué, que la cause de la "tragédie" que traverse le Liban en crise depuis des années est due à la politique du "partage des parts" entre les différentes formations au niveau de l'exécutif, ce qui a provoqué la création de "petits états dans l'Etat", a "handicapé le travail du gouvernement et des institutions, et a causé la corruption". Samir Geagea a dans ce cadre souligné que l'initiative française, pour la formation du futur cabinet et l'application des réformes, prévoit "un gouvernement hors de la politique du partage des parts et dont les ministres ne sont pas nommés par les blocs au pouvoir". M. Geagea a reproché au tandem Hezbollah-Amal de vouloir à tout prix nommer ses ministres et de garder le ministère des Finances, "ce qui pousse les autres parties à vouloir conserver des ministères". "C'est cela qui empêche la formation d'un nouveau gouvernement différent", a-t-il affirmé. "Nous affirmons que nous sommes en faveur de la rotation totale entre les confessions et les partis et que nous refusons que les blocs au pouvoir nomment les ministres", a-t-il souligné.
"Certains essaient de présenter ce qu'il se passe actuellement concernant la formation du gouvernement comme une atteinte aux chiites", a encore relevé M. Geagea, qui a souligné que c'était "loin d'être le cas". "Personne ne veut porter atteinte aux chiites au Liban, qui sont une composante historique et essentielle du pays", a-t-il affirmé.
Conformément à l'initiative française, qui vise à sortir le Liban de sa crise politique et financière, le Premier ministre Moustapha Adib est appelé à former un cabinet "de mission" restreint, formé de spécialistes indépendants. Mais M. Adib rencontre des difficultés à mener à bien sa mission, notamment en raison de la volonté du tandem chiite de garder le portefeuille des Finances dans son giron et de nommer ses propres ministrables, alors que le Premier ministre désigné souhaite établir une rotation dans la distribution des ministères entre les confessions.
Dans l'après-midi, le chef de l'Etat, Michel Aoun, a appelé Moustapha Adib à "ne pas écarter" les blocs parlementaires des tractations pour la formation du cabinet et a suggéré de supprimer le principe de la répartition des quatre portefeuilles régaliens, l'Intérieur, les Affaires étrangères, la Défense et les Finances, entre les différentes communautés. Dans la tradition des tractations gouvernementales libanaises, ces ministères sont équitablement répartis entre chrétiens (un maronite et un grec-orthodoxe) et musulmans (un sunnite et un chiite).


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