Un combo des drapeaux du Bahreïn et d’Israël. Les deux pays ont annoncé vendredi dernier leur intention de signer un accord de normalisation. Joseph Eid et Jack Guez/AFP
Les Palestiniens ont appelé hier à des manifestations demain pour dénoncer l’accord « honteux » de normalisation qui doit être signé le jour même à Washington entre Israël et deux pays du Golfe, les Émirats arabes unis et Bahreïn.
Dans un communiqué conjoint, plusieurs factions palestiniennes ont appelé à un « jour du refus » mardi avec des manifestations « populaires » dans les territoires palestiniens mais aussi devant les ambassades à l’étranger des États-Unis, d’Israël, des Émirats arabes unis et de Bahreïn. « Nous invitons notre population, et en particulier celle des camps de réfugiés (palestiniens), à dénoncer ces accords de la honte », poursuivent ces factions, incluant l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza sous blocus. Celles-ci n’ont pas réussi au cours du dernier mois à mobiliser de grandes foules contre cette normalisation.
Les Palestiniens avaient déjà fustigé les accords de normalisation avec les Émirats (13 août) et Bahreïn (vendredi dernier), les qualifiant notamment de « coups de poignard dans le dos » de la part de pays arabes.
Par le passé, la résolution du conflit israélo-palestinien était considérée comme une condition sine qua non pour une normalisation des relations entre Israël, qui occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est, et le reste du monde arabe.
Mais ces dernières années, Israël et les États-Unis ont tenté de convaincre des acteurs du Golfe de renverser l’équation sur la base de leur différend, commun à Israël, face à l’Iran, et ainsi de normaliser leurs relations avec l’État hébreu sans attendre une paix préalable israélo-palestinienne.
« Il ne s’agit pas d’accords de paix, mais d’accords de protection », a déclaré hier le secrétaire général de l’OLP Saëb Erakat, lors d’une discussion en ligne avec quelques journalistes. « Certains décideurs du monde arabe pensent que la sécurité nationale des Arabes doit dépendre d’une protection par Israël (...) La doctrine des États-Unis est que Israël doit être plus fort que tous les pays arabes combinés, ce qui veut dire que les Arabes ne pourront jamais avoir la supériorité sur Israël dans aucun domaine », a dit M. Erakat.
Depuis les années 1960, les États-Unis maintiennent une politique du « Qualitative Military Edge » (QME), ou « avantage militaire qualitatif », selon laquelle Washington s’assure qu’Israël dispose du meilleur équipement militaire dans la région. Cette politique est d’ailleurs au cœur de discussions sur la vente possible aux Émirats de matériel militaire de pointe comme des avions de combat F-35 de dernière génération.
L’Iran et la Turquie contre
Par ailleurs, Téhéran a accusé avec véhémence samedi Manama d’attiser l’instabilité dans la région, au lendemain de l’annonce de l’accord de normalisation entre Bahreïn et Israël.
Les Émirats et Bahreïn deviennent le troisième et le quatrième pays arabe à établir des liens diplomatiques avec l’État hébreu, après la Jordanie (1994) et l’Égypte (1979) qui ont conclu des traités de paix ayant mis fin à l’état de guerre avec Israël. Mais l’Iran a fustigé le rapprochement entre le minuscule archipel du Golfe et l’État hébreu. « Les dirigeants de Bahreïn seront désormais complices des crimes du régime sioniste, comme une menace constante pour la sécurité de la région et du monde musulman », a affirmé le ministère iranien des Affaires étrangères.
Sur les réseaux sociaux, des Bahreïnis ont dénoncé l’accord comme une « trahison », l’ancien député Ali Alaswad qualifiant l’annonce de « jour noir dans l’histoire de Bahreïn ». Siège de la Ve flotte des États-Unis, le royaume partage avec Israël la même hostilité à l’égard de Téhéran, que Manama accuse d’instrumentaliser la communauté chiite de Bahreïn contre la dynastie sunnite au pouvoir.
La Turquie a également dénoncé l’accord entre Israël et Bahreïn comme « un nouveau coup porté aux efforts pour défendre la cause palestinienne, qui va renforcer Israël dans ses pratiques illégales envers la Palestine et ses tentatives de rendre permanente l’occupation des territoires palestiniens ».
En revanche, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a salué un accord « historique », et une étape importante pour la stabilité et la paix « qui permettra de trouver une solution juste et permanente à la cause palestinienne ».
Source : AFP


mais qu'est ce qu'il recep 1er de son nom, le neo ottoman a critiquer le rapprochement arabo-israelien, lui dont le pays a des relations TRES rapprochees avec ce meme israel ?
12 h 41, le 14 septembre 2020