Non ! Il n’y aura pas de messe pour la 38e commémoration de l’assassinat du président martyr Bachir Gemayel. Du moins pas officiellement, mais certainement en famille.
Les Gemayel ont opté, comme ils l’ont toujours fait, pour la dignité, la décence et la pudeur. Par cette décision ils vouent tout le respect dû aux centaines de morts, aux milliers de blessés et aux centaines de milliers de sans-abri, suite à la criminelle explosion au port de Beyrouth.
Je m’arrête un instant pour emprunter ces mots à Aznavour et je dis : Beyrouth en ce temps-là accrochait ses jasmins jusque sous nos fenêtres…
Les Gemayel ont toujours été respectueux de la loi. Leur décision englobe aussi le respect de la distanciation imposée par les autorités pour essayer d’endiguer le plus possible le virus du Covid-19.
Les Gemayel. J’en parle car j’estime que je les connais bien et cela ne date pas d’hier. La famille de mon grand-père Négib passait la saison estivale en villégiature à Bickfaya, porte à porte avec Pierre et Geneviève. Nos bureaux rue de l’Université Saint-Joseph étaient juxtaposés à leur résidence d’hiver.
La Première dame Joyce est une petite cousine à moi. Son époux, le président Amine, était mon condisciple sur les bancs de la même classe au Collège Notre-Dame de Jamhour.
Mon Dieu, quelle famille ! Une famille qui a payé un lourd tribut aux valeurs qu’ils prônent. Amine et Joyce, les stoïques qui ont perdu Pierre. Solange l’héroïque qui a perdu Maya et puis Bachir. Les Assouad qui ont perdu Amine. Je ne peux citer tous ces Libanais et Libanaises qui sont tombés en martyrs aux côtés de ceux de la famille Gemayel.
Quid de Bachir ? L’homme des Gemayel dont j’ai été le plus proche et fier d’avoir gagné sa confiance et son estime. Bachir, un être tellement exceptionnel que les Libanaises et les Libanais le gardent encore dans leur cœur et leur esprit. On réécoute souvent ses discours et à chaque fois on se retrouve à dire : C’était exactement comme cela, ce l’était hier, ce l’est aujourd’hui et ce le sera toujours. J’ai été très proche de Bachir durant quelques années. Une coopération militaire et politique. Cela m’a permis d’être le témoin de sa lutte pour les libertés et le respect du citoyen libanais. Il avait une perspective de l’avenir bien avant son élection à la présidence. J’ai eu la chance de suivre de très près son cursus et vous pouvez me croire, il a été fulgurant. D’un simple membre du parti Kataëb, il a gravi les échelons de la hiérarchie pour en atteindre le sommet et celui de la présidence du pays, tout le pays, les 10 452 km2. N’a-t-il pas créé l’unité des forces chrétiennes au sein des Forces libanaises ?
Bachir est toujours vivant pour Youmna et Nadim. Ils sont le porte-drapeau. C’est à travers eux que nous espérons voir le bout du tunnel. Leur lutte continue. Youmna dans le social et Nadim dans la politique nous donnent l’espoir du renouveau, la renaissance d’un Liban dont Bachir a mis la base en quelques jours en 1982.
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Feu le président Bachir Gemayel aurait retardé le départ des chretiens de 45 ans . Seul lui aurait pu sauver le Liban. Hélas les libanais éduqués et cultivés n ´ont plus que le choix d immigrer , pour ne pas vivre avec la racaille, car détrompez vous , la racaille est la pour rester et se multiplier .
05 h 41, le 12 septembre 2020