Des combattants talibans. Photo d'archives AFP
Les discussions, prévues en mars mais retardées pendant six mois du fait de désaccords persistants autour d'un échange de prisonniers, doivent démarrer samedi.
"Après des efforts ininterrompus du gouvernement de la République islamique d'Afghanistan pour démarrer des négociations directes avec les talibans, (son) équipe de négociateurs a quitté Kaboul pour Doha", a écrit sur Twitter Nader Naderi, l'un des 21 négociateurs défendant les positions de Kaboul.
Le président américain Donald Trump a fait de la fin de la guerre en Afghanistan et du rapatriement des troupes américaines sa priorité en matière de politique étrangère, alors que sa réélection le 3 novembre est incertaine.
Le dialogue interafghan est inclus dans un accord américano-taliban signé fin février, qui avalise le départ des forces étrangères du pays d'ici mai 2021 en échange de quelques garanties des insurgés, dont ces pourparlers.
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo assistera à la séance inaugurale, prévue samedi, de ce qu'il a qualifié d'occasion "historique" de mettre fin à la plus longue guerre des États-Unis.
"Je sais combien les discussions seront difficiles entre Afghans. Mais c'est (à eux) de déterminer comment aller de l'avant et rendre la vie meilleure pour (leur) peuple", a-t-il déclaré dans l'avion le menant vendredi matin à Doha. "Nous allons à Doha pour dire aux talibans : +Vous ne pouvez pas réussir par la force+", a déclaré Abdul Hafiz Mansour, un autre membre de la délégation de Kaboul, aux journalistes à l'aéroport de Kaboul. "Le temps est venu de se réconcilier, nous pouvons résoudre nos problèmes en nous parlant", a-t-il poursuivi.
Ces négociations ont fait naître l'espoir chez les Afghans que la guerre qui ravage leur pays depuis l'invasion soviétique de 1979 - le conflit actuel ayant lui débuté avec l'invasion occidentale qui a renversé le régime taliban fin 2001 - pourrait enfin s'arrêter.
"Nous avons désespérément besoin de la paix. Les morts d'Afghans doivent cesser", a commenté Abdullah, un commerçant de Kaboul, qui a perdu un parent dans l'attentat à la bombe ayant visé le premier vice-président Amrullah Saleh cette semaine. "Je ne suis pas très optimiste quant à l'avenir, mais les pourparlers de paix sont un bon premier pas pour au moins réduire la violence", a-t-il ajouté.
Aminullah, un instituteur afghan de la province de Kunduz (nord), qui connaît une grande instabilité, a insisté sur le fait qu'il ne fallait pas non plus perdre les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies au nom de la paix. "Autant nous voulons la paix, autant nous voulons aussi que les acquis des années passées soient préservés", a-t-il déclaré. "Je ne veux pas que mon école soit fermée, mais la paix est la priorité maintenant".


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine