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Campus - ENTREPRENEURIAT

Innovation et changement : les étudiants s’activent !

Le 31 août, la direction régionale de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) au Moyen-Orient a lancé une plateforme numérique dédiée à l’entrepreneuriat au Liban.

Innovation et changement : les étudiants s’activent !

L’équipe d’Infrastic (BAU), de gauche à droite en commençant par le bas : Jana Shami, Iman Najjar, Haïdar el-Moqdad ; et Louay Ghezzawi. Crédit : UNDP Lebanon

La plateforme numérique DEEL (Développement de l’entrepreneuriat étudiant au Liban) lancée par la Direction régionale de l’AUF au Moyen-Orient (https://deelproject.org), le 31 août, offre aux étudiants la possibilité d’acquérir le statut national d’étudiant-entrepreneur validé par le ministère de l’Éducation. Cela leur permet de faire valoir en crédits universitaires leurs activités de création d’entreprise. La plateforme comprend des capsules de conseil et de formation, ainsi que des informations sur les événements entrepreneuriaux permettant aux étudiants qui le désirent de se lancer dans le monde de l’entreprise, durant leurs études. Inspiré du programme français PEPITE de création de « pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat », le projet DEEL vise à renforcer la culture entrepreneuriale et d’innovation dans les universités libanaises. Dans ce cadre, l’AUF a organisé la 3e édition de la compétition Étudiants-Entrepreneurs 2020 qui a attiré plus de 100 étudiants de différentes disciplines, issus de 14 universités libanaises. Parmi les 35 équipes formées, 11 ont accédé à la finale. Le 24 juillet, les finalistes ont présenté leurs projets devant un jury qui a sélectionné 6 lauréats dont les projets concernent, entre autres, le tourisme, la gestion des déchets ou encore la réduction de la pollution. Les gagnants développeront leurs start-up au sein de l’incubateur Berytech. Zoom sur les projets lauréats.


Francesco Bakhos et Maleika Soufi de l’UL (équipe PlastEco). Crédit Nour el-Houda Youssef


PlastEco : plus de plastique pour moins de pollution

Développée par Francesco Bakhos et Maleika Soufi, deux étudiants de la faculté d’économie et de gestion des affaires, section 3, de l’Université libanaise (UL), PlastEco est une start-up écologique qui vise à éliminer les déchets plastiques en les incorporant dans la production de briques respectueuses de l’environnement. Les jeunes étudiants, respectivement en technologie de l’information et en marketing, ont développé un prototype de parpaing intégrant des copeaux de plastique. « Les briques que nous avons conçues sont plus résistantes, plus légères et moins chères que les parpaings classiques. Par ailleurs, elles isolent le son », explique Francesco Bakhos, cofondateur de PlastEco. Destinés à la construction, ces blocs peuvent également servir à l’embellissement des espaces externes : construction de bancs au sein des places publiques, de bacs à fleurs dans les jardins ou même pour la décoration intérieure des maisons. « Ce matériau permet de réduire les polluants. Il est très prisé par les architectes et les ingénieurs travaillant pour des constructions plus écologiques », indique encore le jeune lauréat.

Infrastic, transformer les déchets en blocs de construction

Dans le même esprit, Louay Ghezzawi, Iman Najjar, Haïdar al-Moqdad, étudiants en architecture, et Jana Shami, étudiante en ingénierie à l’Université arabe de Beyrouth (BAU), ont conçu un bloc de construction innovant en y incorporant différentes sortes de déchets. 50 % plus léger et 60 % moins cher qu’un parpaing traditionnel, respectant les normes de construction et pouvant isoler jusqu’à 70 % des sons, Infrastic est destiné essentiellement aux utilisations intérieures ou à la décoration, mais présente toutefois de potentielles utilisations en construction extérieure. « Grâce à sa légèreté, Infrastic permet de construire une plus grande surface à un coût réduit », avance Jana Shami. Et Louay Ghezzawi d’ajoute r: « Infrastic avantagerait les architectes soucieux de l’environnement auprès des organisations internationales. »


Élie Fares et Yara Chidiac, étudiants en gestion à l’ISSAE-CNAM (équipe Pro Mask). Capture d’écran lors d’une réunion sur Zoom


Pro Mask : efficacité et durabilité

Conscients de la pollution générée par certains masques faciaux, Élie Fares et Yara Chidiac, deux étudiants en gestion à l’Institut supérieur des sciences appliquées et économiques ISSAE-CNAM, ont mis au point un masque efficace et réutilisable : Pro Mask. Facile à utiliser et à entretenir, le masque, en plastique solide, tiendra au moins un an, voire plus s’il est bien entretenu. L’invention comprend une solution antiseptique à changer chaque mois. « Les usagers de Pro Mask feront de grandes économies tout en évitant les difficultés à respirer provoquées par les masques traditionnels », soulignent les jeunes inventeurs. Outre ses avantages écologiques et économiques, Pro Mask permet de piéger 95 % des aérosols dégagés lors de la respiration, assurant ainsi une protection optimale pour un meilleur prix.


Kifah Tarabay, AUL, membre de l’équipe Toothpaste Dispenser. Crédit Special Media


Toothpaste Dispenser : pour en finir avec les tubes jetables

Révoltés par les tonnes de déchets qui polluent la nature, Charbel Matar et Kifah Tarabay, étudiants en ingénierie mécatronique à l’Université des arts, sciences et technologies du Liban (AUL), ont cherché un moyen pour réduire les ordures domestiques. « Nous avons dressé une liste des matériaux les plus polluants et, dans le top 10, figurent les tubes de dentifrice. Le plastique dont ils sont formés, allié à l’aluminium, est non recyclable et prend des milliers d’années à disparaître dans la nature », précise Charbel Matar. Les jeunes étudiants ont commencé par chercher une façon efficace d’en finir avec les tubes de dentifrice, mais ce ne fut pas simple : les bocaux en verre sont trop fragiles, le papier pas assez étanche… « Pourquoi ne pas essayer de rendre les tubes durables au lieu de les remplacer ? » explique le jeune entrepreneur. Après de longues recherches, le Toothpaste Dispenser voit enfin le jour.


Charbel Matar, AUL, membre de l’équipe Toothpaste Dispenser. Crédit Joseph Rahme



Marie-Ange el-Hayek et Mohammad al-Sidani de l’Université La Sagesse (équipe CyanoTree). Crédit Lara el-Arab


CyanoTree, pour purifier l’air

CyanoTree ou le Cyano Arbre est une structure en plastique conçue par Marie-Ange el-Hayek et Mohammad al-Sidani de l’Université La Sagesse, pouvant se présenter sous diverses formes comme un réverbère, un arbre, une station de bus… À la différence qu’elle est remplie de cyanobactéries, des micro-organismes unicellulaires photosynthétiques pouvant absorber de grandes quantités de gaz carbonique. Les deux étudiants en ingénierie biomédicale ont mis au point cette technique afin de transformer le dioxyde de carbone (CO2) en dioxygène (O2). « Comme il est impossible de créer une société zéro carbone, nous avons décidé de transformer le carbone qui reste en dioxygène », explique Mohammad al-Sidani.


De gauche à droite : Wassim Yaacoub et Wadih Mazraani (USEK), créateurs de Zooroo. Photo DR


Zooroo, pour découvrir les trésors cachés du Liban

Wadih Mazraani, étudiant à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), et Wassim Yaacoub, jeune diplômé de l’Université Saint-Joseph (USJ), ont conçu une application qu’ils ont intitulée Zooroo, qui vise à mettre en contact les touristes avec des guides touristiques. « Tous les touristes visitent les sites classiques du Liban : Raouché, le Musée national… Mais le charme du Liban ne réside pas uniquement dans la capitale, les villages libanais recèlent eux aussi des merveilles cachées. Et c’est ce que doivent voir les touristes », avancent les jeunes entrepreneurs. Le logiciel promet aussi d’offrir la première carte privilège personnalisable du pays. L’utilisateur pourra ainsi choisir les endroits où il désire obtenir des réductions. Une manière de soutenir les villages libanais tout en créant divers emplois et en donnant une meilleure image du pays. Avec les crises économique et sanitaire, les créateurs de Zooroo espèrent encourager le tourisme local et inciter les Libanais à découvrir les merveilles de leur pays.




La plateforme numérique DEEL (Développement de l’entrepreneuriat étudiant au Liban) lancée par la Direction régionale de l’AUF au Moyen-Orient (https://deelproject.org), le 31 août, offre aux étudiants la possibilité d’acquérir le statut national d’étudiant-entrepreneur validé par le ministère de l’Éducation. Cela leur permet de faire valoir en crédits universitaires...

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