Devant le restaurant Jo Rosenberg, rue des Rosiers à Paris, cible d’un attentat le 9 août 1982. Photo d'archives AFP
La France demande depuis plusieurs années l'extradition de Walid Abdulrahman Abou Zayed, établi en Norvège depuis 1991, qui a dans le passé nié toute implication dans l'attaque attribuée au groupe palestinien Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'"Abou Nidal".
Sans fournir l'identité du suspect, la police antiterroriste norvégienne (PST) a indiqué avoir procédé mercredi à une arrestation en lien avec cette affaire.
"Nous pouvons confirmer que la PST a arrêté un homme à Skien (sud de la Norvège, ndlr) aujourd'hui (...) sur un mandat d'arrêt européen émis par les autorités françaises", a déclaré à l'AFP une porte-parole de cette police, Annett Aamodt. "Une demande d'extradition a été émise par les autorités françaises, elle va être examinée soigneusement pour voir si les conditions sont réunies", a-t-elle ajouté.
L'homme d'une soixantaine d'années, aujourd'hui naturalisé norvégien, nie son implication, affirmant qu'"il y a erreur sur la personne". "Mon mari n'a jamais tué personne. Il n'a jamais été en France", avait déclaré son épouse à l'AFP en 2015 en réaction à un mandat d'arrêt international délivré par la France auquel la Norvège n'avait alors pas donné suite. L'avocat de Walid Abdulrahman Abou Zayed n'a pu être joint pour un commentaire.
Recherché en France pour meurtre et tentative de meurtre, le suspect doit être présenté jeudi à la justice norvégienne en vue de son placement en détention provisoire. En France, un avocat des proches des victimes, Romain Boulet, a évoqué "un vrai soulagement" pour ses clientes. "Il ne s'agit toutefois que d'une première étape. Nous espérons que la Norvège procédera à une extradition rapide et qu'elle n'aura pas à cœur de protéger un terroriste", a-t-il dit à l'AFP. "Trois autres restent à interpeller, c'est un procès que nous voulons, pas de simples auditions", a-t-il ajouté. Au total, les juges d'instruction français en charge du dossier ont émis quatre mandats d'arrêt, un visant Walid Abdulrahman Abou Zayed, deux visant des personnes en Jordanie, et un quatrième visant un suspect réputé être en Cisjordanie.
Le 9 août 1982, un commando avait lancé une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis ouvert le feu dans l'établissement et contre des passants, lors d'une opération attribuée au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'"Abou Nidal", un groupe palestinien dissident de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
Selon des avocats de victimes, des documents provenant d'archives de Matignon accréditent l'idée d'un accord secret entre les renseignements français et le groupe palestinien, lui garantissant l'absence de poursuites en France en échange de son engagement à ne plus y commettre d'attentats.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine