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Éclairage

À Monza, la F1 surprend enfin

Pour la première fois depuis des années, le podium d’un Grand Prix est totalement inédit.

À Monza, la F1 surprend enfin

Dimanche dernier à Monza, lors du Grand Prix d’Italie de F1, aucun pilote Mercedes, Red Bull ou Ferrari n’est monté sur le podium… À leur place, Pierre Gasly (Alpha Tauri – 1er), Carlos Sainz Jr. (McLaren – 2e) et Lance Stroll (Racing Point – 3e). Jennifer Lorenzini/Pool/AFP

La victoire surprise de Pierre Gasly, dimanche dernier lors du Grand Prix d’Italie de F1, a offert à la discipline reine du sport automobile un joli conte de fées, après avoir été accusée d’être ennuyeuse et déchirée par les luttes intestines. « D’abord, c’est vraiment un chic type » : le compliment est venu du « Maître Jedi » lui-même, Lewis Hamilton. Le sextuple champion du monde, tenant du titre et très bientôt recordman des victoires en Grand Prix, a résumé en quelques mots ce que le paddock de la F1 pense du jeune pilote français âgé de 24 ans.

Côté spectacle, il n’y avait à Monza, pour la première fois depuis bien longtemps sur le podium, aucun pilote Mercedes, Red Bull ou Ferrari, le triumvirat qui met d’habitude la F1 sous sa coupe réglée, au point de rendre la compétition des plus « plan-plan ». À leur place, outre Gasly qui court pour Alpha Tauri, se trouvaient l’Espagnol Carlos Sainz Jr (McLaren) et le Canadien Lance Stroll (Racing Point), à peine 24 ans de moyenne d’âge à eux trois.

Même s’il en a onze de plus, Hamilton est le partenaire de Gasly pour des parties de jeux vidéo acharnées. Son adoubement vaut de l’or pour le pilote normand qui n’a pas toujours reçu dans sa carrière les soutiens dont il aurait eu besoin. Proprement viré de chez Red Bull l’an dernier faute de résultats jugés suffisants, il avait été renvoyé chez Alpha Tauri, appelée alors Toro Rosso. Toute écurie « sœur » de Red Bull qu’elle soit, la petite structure italienne n’était arrivée à gagner un Grand Prix qu’une fois dans son existence, en 2008 avec Sebastian Vettel, également à Monza et sous la pluie, la grande niveleuse.

S’ils avaient été présents dimanche dans le « temple de la vitesse », les célèbres tifosis auraient pu se consoler de la déroute totale de Ferrari avec la victoire de la petite structure de Faenza, près de Bologne. Mais ils sont restés chez eux pour cause de coronavirus. « C’était peut-être mieux comme ça », a ironisé Vettel, qui termine cette année dans l’acrimonie six années passées avec l’écurie au cheval cabré. Le pilote allemand – devenu depuis son passage chez Toro Rosso quadruple champion du monde – a assuré le spectacle contre son gré dimanche en jouant à Mario Kart. Il a pulvérisé des blocs de polystyrène placés dans une chicane après que ses freins eurent lâché. Son coéquipier monégasque, Charles Leclerc, a lui aussi démoli son bolide dans les protections. Beau joueur, il a déclaré ensuite que sa journée n’avait pas été complètement à jeter, puisque Gasly, son ami, avait gagné. Souvent accusée de considérer la F1 comme sa chasse gardée, la Scuderia a plus que des soucis à se faire à quelques jours de son 1 000e Grand Prix sur le circuit du Mugello, situé non loin de son fief de Maranello.

Du côté de chez Mercedes, le rouleau compresseur a connu quelques ratés dimanche après avoir fait étalage de sa puissance la veille. Après une première sortie de la voiture de sécurité, Lewis Hamilton s’est arrêté aux stands pour changer de pneus, pensant ainsi appliquer une stratégie digne du plan Schlieffen. Las, son écurie avait oublié de le prévenir que ceux-ci étaient interdits d’accès et qu’il devait rester en piste. La sanction est tombée : dix secondes de pénalité à observer au second départ, que Gasly a pris en 3e position. Hamilton s’est arrêté, Gasly s’est envolé. L’autre pilote Mercedes, le Finlandais Valtteri Bottas, qui joue d’habitude les filets de sécurité, a terminé 5e après un départ complètement loupé.

Du côté de Red Bull, le bilan n’est pas plus brillant : Max Verstappen, l’enfant prodige, considéré comme le successeur potentiel de Hamilton au firmament de la F1, a abandonné après une course falote. Son coéquipier Alexander Albon, appelé l’an dernier pour remplacer Gasly, n’a pu faire mieux que 15e. Hamilton en a profité pour balancer une boule puante en direction de ses rivaux de Red Bull, leur conseillant de faire revenir Gasly à la place d’Albon.

Cerise sur le gâteau après ce Grand Prix à suspense qui a réconcilié les fans avec la F1 : les écuries ont enterré dimanche la hache de guerre dans l’affaire dite des « écopes de freins ». Après des mois de plaintes et d’appels, durant lesquels certaines en accusaient une autre, Racing Point, d’avoir copié – voire reçu sous le manteau – des pièces Mercedes, la bataille de chiffonniers s’est conclue avec le retrait de l’appel de Ferrari, le dernier qui empêchait un règlement « à l’amiable ».

Spectacle haletant, harmonie entre les écuries... La F1 sort de Monza grandie, mais pour combien de temps ?

Jean-Louis DOUBLET/AFP


La victoire surprise de Pierre Gasly, dimanche dernier lors du Grand Prix d’Italie de F1, a offert à la discipline reine du sport automobile un joli conte de fées, après avoir été accusée d’être ennuyeuse et déchirée par les luttes intestines. « D’abord, c’est vraiment un chic type » : le compliment est venu du « Maître Jedi » lui-même, Lewis...

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