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Rolls-Royce Ghost : minimalisme et extravagance

Rolls-Royce Ghost : minimalisme et extravagance

La nouvelle Rolls-Royce Ghost, lancée la semaine dernière, est équipée d’un moteur biturbo V12 de 6,75 litres. Multimillionnaires ou milliardaires devront débourser au minimum 250 000 euros hors taxes pour une Ghost dans sa version la plus épurée, mais l’addition pourrait atteindre plusieurs millions d’euros pour les options les plus extravagantes. Peter Nicholls/Reuters

Rolls-Royce, l’une des marques les plus emblématiques du monde automobile, compte sur son nouveau modèle Ghost, lancé la semaine dernière, pour l’aider à surmonter le marasme provoqué par la pandémie de Covid-19. Mais son patron s’attend à une crise durable avec un retour à la normale « d’ici à trois ans ».

Pour sa nouvelle berline, équipée d’un moteur biturbo V12 de 6,75 litres et au design qui se veut minimaliste, le constructeur vise une clientèle d’affaires à travers le monde. « Nous avons rajeuni massivement la marque ces dix dernières années, et l’âge moyen de notre clientèle est de 43 ans », assure le directeur général de Rolls-Royce, Torsten Müller-Ötvös. Ces multimillionnaires ou milliardaires devront débourser au minimum 250 000 euros hors taxes pour une Ghost dans sa version la plus épurée, mais l’addition peut atteindre plusieurs millions pour les options les plus extravagantes : des téléviseurs ou un système audio « exceptionnel », de la marqueterie ou des cuirs précieux, ou encore un plafonnier lumineux reproduisant la voûte céleste du moment de votre naissance. Détail très « British » : chaque voiture est vendue avec un parapluie aux couleurs de la marque, rangé dans un étui intégré avec système de drainage pour ne pas mouiller l’intérieur.

Pour Rolls-Royce, l’une des plus prestigieuses marques de voiture au monde, le Covid-19 a provoqué une tempête dans un ciel déjà obscurci par le Brexit. « Bien sûr nous avons été touchés. D’une part, beaucoup de nos partenaires dans le monde, nos concessionnaires, ont été forcés de fermer » pendant de longues semaines ou mois de confinement, souligne M. Müller-Ötvös. D’autre part, « nous avons vu un grand nombre de clients potentiels reconsidérer leur décision d’achat », particulièrement en avril et mai, poursuit-il. Résultat : les ventes du premier semestre étaient inférieures de « probablement 30 % à celles de l’an dernier à la même époque », constate le dirigeant. Il précise toutefois que cette baisse a été accentuée par un effet comparatif défavorable avec une année « record » l’an dernier, quand le constructeur avait écoulé « plus de 5 000 voitures ».

Mais la sortie de la Ghost devrait redonner un coup de fouet aux ventes, d’autant que « nous voyons l’activité reprendre » dans le monde, note M. Müller-Ötvös. Le carnet de commandes regagne suffisamment de couleurs pour que la seconde ligne de production de l’usine de Goodwood, au sud du Royaume-Uni, reprenne du service à compter de cette semaine, fait-il valoir, relevant que le constructeur n’a licencié personne depuis le début de la crise sanitaire. Le dirigeant se dit « prudemment optimiste pour l’an prochain » au vu des nombreuses incertitudes. « Nous nous attendons à ce que le Covid-19 reste (une difficulté) pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’un vaccin soit disponible », dit-il. « À moyen terme, je dirais d’ici à trois ans, nous devrions être de retour à la normale, et même mieux que la normale », non seulement pour Rolls-Royce, mais aussi pour le marché des voitures de luxe, prédit encore M. Müller-Ötvös.

Fondée au début du XXe siècle, la marque, rachetée en 1998 par le géant sectoriel allemand BMW, fait également face à un autre défi : le Brexit. Le patron de Rolls-Royce a affirmé déjà maintes fois ses inquiétudes face à la perspective d’une sortie britannique de l’UE sans accord. Il affirme néanmoins que l’entreprise est « pleinement préparée », ayant travaillé en amont avec les fournisseurs pour anticiper d’éventuels durcissements de la législation des importations au Royaume-Uni, et a également augmenté ses stocks de pièces détachées, entre autres. Le constructeur britannique faisait autrefois partie du même groupe que le conglomérat industriel du même nom, spécialiste des moteurs d’avion, mais les deux entités ont été séparées au début des années 1970 et constituent désormais des entreprises complètement indépendantes.

Véronique DUPONT/AFP


Rolls-Royce, l’une des marques les plus emblématiques du monde automobile, compte sur son nouveau modèle Ghost, lancé la semaine dernière, pour l’aider à surmonter le marasme provoqué par la pandémie de Covid-19. Mais son patron s’attend à une crise durable avec un retour à la normale « d’ici à trois ans ».

Pour sa nouvelle berline, équipée d’un moteur...

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