Le siège de l’Escwa à Beyrouth au Liban. Photo tirée du site web de Solidere
Des parents d’étudiants libanais inscrits dans des universités à l’étranger ont organisé un nouveau sit-in hier devant la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (Escwa) à Beyrouth, réclamant l’adoption au Liban d’un « dollar étudiant », au taux de 1 515 livres libanaises le dollar (donc aligné sur la parité officielle), qui pourrait être utilisé pour les transferts aux étudiants libanais à l’étranger. Les manifestants ont également sollicité une rencontre avec le coordinateur de l’ONU au Liban, Jan Kubis, alors que le Liban, en crise et endeuillé par la tragédie qui a frappé Beyrouth le 4 août, assiste depuis des mois à une dépréciation massive de sa monnaie nationale (plus de 7 000 livres pour un dollar sur le marché noir, hier). À cela s’ajoutent d’importantes restrictions sur les transactions bancaires effectuées à partir de comptes en devises, dont les transferts à l’étranger. Jan Kubis a, hier soir, affirmé sur son compte Twitter qu’il fera pression auprès des responsables libanais pour trouver « des solutions justes et équitables pour qu’il vous soit possible d’étudier au Liban et à l’étranger ».Le syndicat des agents de change avait publié dimanche soir un communiqué en réponse à l’Association libanaise des parents d’étudiants des universités étrangères, dans lequel il affirmait que « les 21 bureaux de change agréés ont fait bénéficier les étudiants à l’étranger de 2 500 dollars d’allocation universitaire et de 1 000 dollars d’allocation mensuelle pour le logement ». Le premier montant a été décidé par le syndicat en juin dans leur circulaire n°4 et le dernier a été rajouté début juillet.Le syndicat a souligné qu’ils fournissent également des dollars aux employés de maison, et que la Banque du Liban (BDL) a diminué le volume de devises fournies à chacun d’entre eux, ce qui a poussé les agents de change, toujours selon leur syndicat, à diminuer l’octroi de devises par personne, pour « pouvoir les distribuer à plus de demandeurs possibles ». Cette stratégie a également eu comme effet « de priver les importateurs et les hôpitaux » des devises. Or, « l’offre de devises destinées aux étudiants et aux employés de maison est inférieure à la demande », selon le syndicat, qui se dédouane de cette responsabilité et se déclare prêt à en fournir plus « dépendamment de la capacité de la BDL à augmenter le volume de devises octroyées aux agents de change ». Le syndicat a également annoncé qu’il allait publier « dans un endroit visible » les noms des changeurs agréés qui travaillent avec la Banque centrale.
Cette dernière avait aussi permis, via la circulaire n°153 datée du 19 août, de transférer à tout étudiant à l’étranger inscrit « avant la fin de l’année 2019 » un montant annuel de 10 000 dollars maximum ou son équivalent en une autre monnaie, depuis un compte en devises dont l’accès est restreint par les banques – les comptes en « dollars libanais », notamment. Mais cette disposition ne résout toutefois pas le problème des familles qui ne possèdent pas de comptes en dollars. Les commissions parlementaires doivent étudier, lors de leur prochaine réunion, un texte de loi déposé par plusieurs députés du Hezbollah, qui prévoit d’inclure les étudiants inscrits à l’étranger pour l’année 2020-2021.


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