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Barrage controversé de Bisri

La Banque mondiale annule une partie du prêt

« Viendra un jour où l’État, et avec lui tous les habitants de Beyrouth, Jezzine, Saïda, le Chouf, Baabda et Aley réclameront le financement de la construction de l’ouvrage », réagit Gebran Bassil.

La Banque mondiale annule une partie du prêt

Depuis le soulèvement du 17 octobre, des protestataires campent en permanence dans les forêts. Photo tirée de la page Facebook de Save the Bisri valley.

Les différents groupes de la révolution du 17 octobre et les partis politiques opposés au projet ont crié victoire samedi après l’annonce faite par la Banque mondiale d’annuler une partie d’un prêt pour financer le barrage controversé de Bisri, dans le caza de Jezzine.

Il s’agit de fonds non débloqués qui devaient être fournis au Liban « une fois les conditions requises par la Banque mondiale pour le lancement de la construction du barrage remplies ». Or celles-ci ne l’ont pas été, relève la BM dans le communiqué qu’elle a fait paraître pour annoncer sa décision de suspendre le financement du projet. Une des principales conditions exigées pour le déblocage des fonds était que l’État instaure un dialogue, au sujet du barrage, avec les groupes opposés à la construction de l’ouvrage dans une des plus belles vallées du Liban.

« La portion annulée du prêt est de 244 millions de dollars et l’annulation est effective immédiatement », a fait savoir la Banque, en précisant toutefois que « certaines catégories de dépenses liées aux exigences de garanties fiduciaires, écologiques et sociales ne seront pas annulées pour le moment ». Le projet, quant à lui, n’a pas été annulé, mais il ne pourra pas être réalisé faute de fonds. De quoi donner de l’espoir aux parrains et aux partisans du projet qui restent attachés à sa réalisation, laquelle a pu être suspendue grâce au soulèvement du 17 octobre et à la mobilisation populaire. Outre les groupes de la société civile, des partis politiques comme le Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt et les Forces libanaises de Samir Geagea, ou encore le Bloc national étaient hostiles à la construction de cet ouvrage autour duquel les avis techniques étaient partagés. Il y avait d’un côté la Banque mondiale et le ministère de l’Énergie et de l’Eau qui assuraient que le barrage de Bisri allait assurer 125 millions de mètres cubes à 1,6 million de personnes dans le Grand-Beyrouth, et de l’autre des experts hydrologiques qui contestaient ces chiffres. Ces derniers avancent divers arguments pour expliquer leur opposition au projet, les deux principaux étant la nature karstique du sol libanais qui empêche la rétention d’eau en surface et l’importance des ressources hydrauliques souterraines, dont une exploitation rationnalisée pourrait couvrir les besoins de Beyrouth en eau potable. Ils fondent également leur opposition au projet sur l’échec des projets de construction d’autres ouvrages à Brissa (Denniyé) Balaa, Msaylha (Batroun), Janné (Jbeil), Bekaata (Chouf).

Le dossier a cependant été vite politisé, comme le montre d’ailleurs la réaction de l’ancien ministre de l’Énergie et de l’Eau, Gebran Bassil. « Viendra un jour où l’État, et avec lui tous les habitants de Beyrouth, Jezzine, Saïda, le Chouf, Baabda et Aley réclameront le financement du barrage de Bisri. L’attitude politique négative tombera et le besoin en eau se fera ressentir. À ce moment-là, il ne servira à rien de pleurer. La seule chose utile sera de renégocier un nouveau crédit pour le même barrage avec les mêmes conditions, mais cela se fera à un coût beaucoup plus élevé. C’est de la sorte qu’ils ont mené le Liban à la banqueroute », a écrit Gebran Bassil sur son compte Twitter.



Les différents groupes de la révolution du 17 octobre et les partis politiques opposés au projet ont crié victoire samedi après l’annonce faite par la Banque mondiale d’annuler une partie d’un prêt pour financer le barrage controversé de Bisri, dans le caza de Jezzine.

Il s’agit de fonds non débloqués qui devaient être fournis au Liban « une fois les conditions...

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