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Nos lecteurs ont la parole

La faiblesse du Liban réside dans sa... force !

Pourquoi le changement est-il difficile au Liban ?

Un début de réponse passe par la mise en lumière des éléments de force et de faiblesse du Liban !

Certains disaient : « La force du Liban est dans sa faiblesse… »

Cette phrase est passée par beaucoup de péripéties et a été reprise par maints politiciens tant son contenu a provoqué des controverses. Cependant, un survol de l’histoire de la société libanaise et de la psychologie du « Libanais » permettrait de l’ajuster par :

« La faiblesse du Liban réside dans sa force ! »

En effet, on peut décrire la scène socio-politique libanaise par les éléments suivants :

1- Le Libanais est connu pour être un excellent « commerçant ». Cela s’est traduit par son sens de l’aventure, son désir de compétition et son opportunisme face à toute ouverture pour la transformer en « profit ». Mais, hélas, le profit doit être « rapide », pour ne pas dire instantané ! C’est souvent l’investissement rapide et rentable qui comptait, même s’il est fragile en contenu et en durabilité, comme lorsqu’il s’agissait d’un mouvement social ou politique… Et toujours la même faiblesse, des résultats attendus en quelques jours ou tout au plus en quelques semaines, et quand la réussite « impossible » n’est pas là, alors il faut trouver un fautif, « qui n’existe pas ». La réponse est alors toujours toute faite, c’est la faute à « l’autre » !

Qui est « l’autre » ? C’est celui qui est différent de nous par sa région, sa religion, son appartenance politique… et quand on en trouve pas au Liban, alors l’autre c’est un pays étranger. Chaque communauté a son « autre » ennemi…

Plus clairement, la faiblesse du Libanais est intimement liée à son impatience, à son souffle court, à l’absence de vision de ses faiblesses et à son manque d’objectivité dans l’identification de ses erreurs. Sa faiblesse provient de son refus d’assumer ses responsabilités, qui inhiberait son potentiel de changer.

2- Le peuple libanais a fait face, par son activité et son dynamisme, aux différentes crises socio-économico-politiques. En innovant dans ses démarches de manifester son désarroi, cela a été une marque distinctive par rapport à tous les peuples environnants.

Mais il y a toujours un « mais » qui stoppe ses actions, son manque de patience et aussi sa soif de « victoire rapide » ont rapidement stoppé ses « révolutions » et l’ont toujours conduit dans l’impasse.

3- D’une façon récurrente, l’absence de volonté de rassemblement, amplifiée par les slogans d’une société confessionnelle, morcelle les Libanais en groupuscules antagonistes. Chacun chante sa chanson et loue son alliance à l’étranger.

4- La cerise sur le gâteau, on la trouve dans la nature libanaise qui, par son côté « solitaire », a pu percer ailleurs, mais ne pouvait que s’effondrer au Liban, car pour réussir un changement, il faut avancer tous ensemble.

L’explication se trouve, comme l’a bien sarcastiquement exprimé Ziad Rahbani, dans le fait que le Libanais est « un solitaire » qui ne « s’additionne » pas à d’autres ! Donc sa force qui permet de réussir et de percer à l’étranger malgré sa démarche solitaire devient un handicap quand il s’agit de concocter avec ses compatriotes un plan national futuriste !

Pour neutraliser cette faiblesse, on doit créer une synergie de masse par la participation et l’association des forces vives du pays, pour construire pierre par pierre l’édifice d’un nouveau Liban. Or cela devient une mission impossible car il nécessite de tuer le « moi haïssable », de fortifier l’altruisme et de bannir le profit instantané, et cela en recréant la citoyenneté. On peut donc énoncer les raisons structurelles de l’absence de la citoyenneté libanaise :

a- L’absence d’une stratégie nationale à moyenne et long terme au service de la jeunesse libanaise porteuse d’espoir. S’armer de patience est la condition sine qua non de tout changement dont les fruits pourraient être récoltés par des générations non encore nées! L’exemple le plus parlant est celui de la Révolution française de 1789; il aura fallu attendre 1886 pour voir fleurir les germes de la laïcisation de l’école publique !

b- L’absence d’un climat de tolérance, d’un esprit de réconciliation et du sens de responsabilité individuelle ne peut que ternir les esprits et les institutions. Sans oublier la déficience de « l’intellectuel » libanais (médias, écrivains, philosophes, enseignants, éducateurs...) qui au lieu d’avoir comme mission de bâtir et d’instruire sème les graines de la discorde...

3- Pis encore, seul au Liban on permet à un ambassadeur ou à un visiteur étranger de rencontrer, en dehors de l’exécutif, des représentants des différentes sectes/confessions et politiciens petits et grands...

On est donc à ce point maudit ? Comment faire ?

- La réponse est élémentaire. C’est l’arbre qui cache la forêt. Tout commence par l’éducation, la culture et un sens d’appartenance nationale, en dehors de sa confession, de sa région. Il s’agit de penser tout simplement Liban !

Cette éducation nécessite d’enseigner le respect du soi national, de renouveler le concept de citoyenneté, de recréer le pacte national et d’enseigner l’esprit de responsabilité dès le plus jeune âge. Le changement commence donc par soi-même. Il faut changer l’individu au lieu de se lamenter, de rejeter, comme toujours, la faute sur « l’autre ».

- Cela nous conduit, forcément, à la responsabilité des médias, notamment la presse écrite et l’audioviduel, qui constituent une force de décision et d’influence pour accompagner le processus de changement. Mais ils peuvent être aussi une source de destruction massive! Au Liban, il faut avant tout et surtout un CSA à la française qui régule avec fermeté tout dérapage, pour rendre à cette puissance ses lettres de noblesse.

- Enfin, le prélude à toutes les solutions est la justice et l’égalité devant la loi. C’est là que le bât blesse! Le Libanais doit cesser d’être demandeur. Il faut accepter de payer les services fournis par l’État. Il faut donc instaurer une assiette fiscale unique et progressive qui couvrirait l’ensemble des revenus d’un même foyer. Les contrôleurs fiscaux et les juges doivent pouvoir, en cas de besoin, passer outre au secret bancaire.

La faiblesse du Liban réside donc dans son incapacité à faire fructifier et développer le potentiel de ses citoyens.

Pour conclure, cette citation d’Amin Maalouf n’est pas dépourvue d’intérêt : « Il y a de plus en plus de gens pour qui la religion remplace la morale… »


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Pourquoi le changement est-il difficile au Liban ? Un début de réponse passe par la mise en lumière des éléments de force et de faiblesse du Liban ! Certains disaient : « La force du Liban est dans sa faiblesse… » Cette phrase est passée par beaucoup de péripéties et a été reprise par maints politiciens tant son contenu a provoqué des controverses. Cependant, un survol de l’histoire de la société libanaise et de la psychologie du « Libanais » permettrait de l’ajuster par : « La faiblesse du Liban réside dans sa force ! » En effet, on peut décrire la scène socio-politique libanaise par les éléments suivants :1- Le Libanais est connu pour être un excellent « commerçant ». Cela s’est traduit par son sens de l’aventure, son désir de compétition et...
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