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Etats-Unis

Émoi autour de Daniel Prude, homme noir étouffé par des policiers dans l’État de New York

Émoi autour de Daniel Prude, homme noir étouffé par des policiers dans l’État de New York

Capture d'écran de l'arrestation de Daniel Prude. AFP PHOTO / Rochester Police Department

Les réactions affluaient jeudi après la publication mercredi d'une vidéo montrant comment Daniel Prude, un homme afro-américain, est mort asphyxié par des policiers lors de son interpellation à Rochester dans l'Etat de New York, un nouvel exemple des abus policiers au coeur d'un mouvement de protestation depuis mai.

L'affaire remonte au 23 mars mais a refait surface après que la famille a obtenu une copie de la vidéo tournée par les mini-caméras que portaient les policiers ce jour-là.

La police était intervenue après un appel d'urgence du frère de la victime, inquiet car Daniel Prude était pris de troubles psychologiques.

Une fois sur place, un policier trouve Daniel Prude allongé par terre en pleine rue, nu, et le menotte, selon les images publiées mercredi.

Alors que l'homme de 41 ans tient des propos incohérents, un policier lui place un sac de toile sur la tête, ce qui l'énerve encore davantage.

Cette capuche de toile est appelée un "spit hood" (capuche à crachat) et vise à éviter qu'un des agents ne reçoive de la salive, car l'homme crache et affirme avoir le coronavirus, selon l'un des policiers.

Un agent place alors ses deux mains sur la capuche. Daniel Prude a visiblement du mal à respirer et supplie qu'on ôte ce sac en toile, avant de perdre connaissance. Des officiers rient et plaisantent à plusieurs reprises lors de l'interpellation.

Tombé dans le coma, l'homme est mort une semaine plus tard, après avoir été hospitalisé. Père de cinq enfants et habitant Chicago, Daniel Prude était à Rochester pour rendre visite à son frère Joe.

L'institut médico-légal a conclu, après autopsie, que le décès relevait d'un homicide, lié à une "asphyxie consécutive à une contrainte physique".

"Combien devront encore mourir?"
"Quand j'ai vu la vidéo, j'ai été très choquée", a commenté la maire de Rochester, Lovely Warren, qui est afro-américaine, lors d'une conférence de presse mercredi.

L'élue a indiqué que le dossier avait été confié aux services de la procureure de l'Etat de New York dès les heures qui ont suivi l'interpellation, comme le prévoit la loi locale, pour éviter tout conflit d'intérêts.

"Depuis, nous attendons qu'(ils) décident de la marche à suivre", a-t-elle expliqué. "Malheureusement, cela a pris du temps."

La procureure de l'Etat de New York, Letitia James, a confirmé l'existence d'une enquête, sans préciser où en étaient ses investigations.

"Il y a quatre mois que le bureau de la procureure a ouvert son enquête, mais il n'en faut pas tant pour constater que les officiers impliqués ont abusé de leur autorité et mis fin à l'existence de M. Prude", a réagi la directrice de l'antenne locale de l'organisation de défense des droits de l'Homme New York Civil Liberties Union, Iman Abid.

"J'ai passé un appel pour que mon frère reçoive de l'aide, pas pour qu'il soit lynché", a déclaré Joe Prude, le frère de Daniel, lors d'une conférence de presse mercredi. Pour lui, il s'agit d'un "meurtre de sang-froid".

"Combien de frères (noirs) devront encore mourir pour que la société comprenne qu'il faut que ça s'arrête?", a-t-il interrogé.

Des dizaines de personnes se sont rassemblées mercredi pour manifester devant le siège de la sécurité publique, à Rochester.

Depuis 1964 et des émeutes raciales qui ont entraîné le départ d'une frange significative de la population blanche, les relations sont difficiles entre la police de Rochester et la communauté noire.

Selon les statistiques de l'Etat de New York, 49% des personnes arrêtées en 2018 dans le comté de Monroe, où se situe Rochester, étaient noires, alors que les Afro-Américains ne représentent que 15% de la population.

Le chef de la police de la ville, La'Ron Singletary, qui est noir, a assuré qu'il n'avait jamais été question de "couvrir" l'incident.

Il a cependant indiqué que les officiers présents lors de l'interpellation n'avaient pas été suspendus.

Cette nouvelle affaire intervient après une série d'interpellations brutales de femmes et d'hommes noirs aux Etats-Unis, dont George Floyd.

La mort de ce dernier le 25 mai a provoqué des manifestations dans tout le pays pour protester contre les brutalités policières et dénoncer le racisme dont sont victimes les Afro-Américains aux Etats-Unis.

Le 23 août, un autre homme noir, Jacob Blake, a été grièvement blessé par balles à Kenosha dans le Wisconsin lors de son interpellation, alors que des images montrent qu'il ne menaçait pas les policiers.

La nouvelle a déclenché une nouvelle vague de manifestations, notamment à Kenosha, où un jeune homme de 17 ans a abattu deux manifestants.


Les réactions affluaient jeudi après la publication mercredi d'une vidéo montrant comment Daniel Prude, un homme afro-américain, est mort asphyxié par des policiers lors de son interpellation à Rochester dans l'Etat de New York, un nouvel exemple des abus policiers au coeur d'un mouvement de protestation depuis mai.

L'affaire remonte au 23 mars mais a refait surface après ...