Rechercher
Rechercher

Société

À Jaj, une cérémonie tout en simplicité

À Jaj, une cérémonie tout en simplicité

Dans la réserve de cèdres de Jaj, Emmanuel Macron prenait hier dans ses bras Tamara Tayah, dont la mère est décédée lors de l’explosion du port. Gonzalo Fuentes/AFP/Pool

En regardant les cèdres millénaires de Jaj, on en oublierait presque que le Liban traverse une crise existentielle. C’est comme si l’arbre rebelle qui fait la fierté de la nation racontait, en toutes circonstances, quelque chose de rassurant et d’immuable. Jaj a beau être une petite bourgade, restée à l’écart de la grande histoire libanaise, c’est dans la réserve qui surplombe le village qu’Emmanuel Macron a célébré hier le centenaire du Grand Liban, proclamé par le général Henri Gouraud à la Résidence des Pins en 1920. « Un événement historique », pour le président du conseil municipal Gabriel Abboud qui, lui, évoque la fascination qu’éprouvait Alphonse de Lamartine pour les cèdres il y a de cela 200 ans.

Lire aussi

Vers un gouvernement sous haute surveillance française

Pourquoi Jaj ? « Parce que nous sommes tous tombés sous le charme du site », assure un fonctionnaire de l’ambassade de France qui avait préparé la visite du président. Le village a surtout l’avantage de n’être associé à aucune des grandes formations politiques, à un moment où celles-ci sont conspuées par la rue. « La région n’est la propriété d’aucun zaïm », résume Fadia Kiwan, présidente du comité de la réserve. Compte tenu du contexte ambiant, la présidence souhaitait une cérémonie sobre, tout en simplicité. Hormis une petite parenthèse à la descente de l’hélicoptère, où Emmanuel Macron a été alpagué par des partisans aounistes, les méandres de la politique n’étaient pas les bienvenues.

Le président français plantant un cèdre, hier, aux côtés de militantes de l’ONG Jouzour Loubnan. Gonzalo Fuentes/AFP/Pool

L’atmosphère était chargée d’émotion, contenue mais sincère. Emmanuel Macron a pris le temps d’échanger avec les jeunes de la chorale du Carmel Saint-Joseph de Mechref. « On va rester au Liban, on va reconstruire le pays », lui lance une jeune fille déterminée. « C’est votre courage qui nous engage. Ceux qui veulent détruire le Liban sont déterminés, mais je crois que vous êtes plus forts qu’eux », répond, visiblement touché, le président français. Et d’ajouter : « Le combat que vous portez est plus grand que vous. Mais il vous faut être patients. Regardez le cèdre, il faut parfois du temps pour prendre racine. »

La séquence se poursuit sans encombres et sur la même tonalité. Le président français plante un cèdre aux côtés de militantes de l’ONG Jouzour Loubnan. La chorale chante les hymnes nationaux français et libanais. Les Alpha Jets de la Patrouille de France survolent le ciel aux couleurs du drapeau libanais. Puis Emmanuel Macron enlace la jeune Tamara Tayah, en classe de 6e, qui lui accroche sur la veste un pin’s confectionné par sa mère, la bijoutière Hala Tayah, décédée dans l’explosion du port. « J’ai senti le président Macron très réceptif et très touché », confie Fadia Kiwan. « On veut que nos enfants et nos petits-enfants se prennent en photo dans plusieurs décennies avec le cèdre qu’il a planté », conclut Roula Abboud, originaire de Jaj.


En regardant les cèdres millénaires de Jaj, on en oublierait presque que le Liban traverse une crise existentielle. C’est comme si l’arbre rebelle qui fait la fierté de la nation racontait, en toutes circonstances, quelque chose de rassurant et d’immuable. Jaj a beau être une petite bourgade, restée à l’écart de la grande histoire libanaise, c’est dans la réserve qui surplombe...

commentaires (1)

À Jaj, une cérémonie tout en simplicité???????? en hypocrisie et propagande surtout

Nadine Naccache

11 h 44, le 02 septembre 2020

Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • À Jaj, une cérémonie tout en simplicité???????? en hypocrisie et propagande surtout

    Nadine Naccache

    11 h 44, le 02 septembre 2020

Retour en haut