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Explosions de Beyrouth

Aoun promet des compensations rapides, transparentes et équitables pour les sinistrés

La défense civile poursuivra ses opérations "jusqu'à ce que tous les disparus soient retrouvés". 

Aoun promet des compensations rapides, transparentes et équitables pour les sinistrés

Vue aérienne d'une partie du port de Beyrouth rasée par les explosions, le 21 août 2020. Photo AFP / -

Le président libanais, Michel Aoun, a affirmé samedi que des compensations seraient versées rapidement et équitablement aux sinistrés dans les différents quartiers de Beyrouth soufflés par la double explosion du 4 août, appelant les habitants de ces quartiers à "défendre leurs terrains et leurs maisons afin de protéger l'identité" de la capitale. 

Lors d'une réunion avec des députés du bloc du Liban fort (majoritairement composé de membres du Courant patriotique libre, que le président Aoun a fondé), le chef de l'Etat a affirmé suivre "sans relâche" les opérations de déblaiement suite aux explosions dans le port, "afin de garantir qu'elles se déroulent en toute transparence et incluent toutes les régions sinistrées". Selon des propos rapportés par la présidence, il a souligné que cela permettra "de définir précisément l'étendue des dégâts afin de compenser les sinistrés et de lancer le chantier de restauration". Le chef de l'Etat a dans ce cadre appelé les personnes dont les habitations ont été touchées par la déflagration à "défendre leurs terrains et leurs maisons afin de conserver l'identité de la ville de Beyrouth". "Les compensations seront versées de manière rapide, efficaces et équitables", a-t-il ajouté.

De son côté, le député Nicolas Sehnoui a réclamé, à l'issue de la réunion à Baabda, "une enquête transparente et courageuse". "Nous demandons les sanctions les plus sévères contre les coupables, qui qu'ils soient, la reconstruction rapide de Beyrouth et des compensations pour les sinistrés", a-t-il ajouté.

Risques d'effondrement
Plus tôt dans la journée, le mohafez de Beyrouth, Marwan Abboud, avait établi une liste de cinq bâtiments, un dans le quartier de Medawar, quatre dans celui de Saïfi, qui posaient des risques d'effondrement, notamment au niveau de la toiture, appelant la police municipale de Beyrouth à les faire évacuer temporairement.

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Des campagnes avaient été lancées après les explosions pour appeler les Beyrouthins à ne pas vendre leurs habitations dans les quartiers dévastés à des promoteurs immobiliers et investisseurs. Dans ce contexte, le coordinateur spécial de l'ONU au Liban, Jan Kubis, avait vendredi exhorté la communauté internationale à fournir rapidement des aides pour la réhabilitation des quartiers endommagés par les explosions et des infrastructures électriques afin que "l'histoire, le patrimoine et le caractère du vieux Beyrouth ne soient pas perdus pour toujours". "Le choix est simple. Soit une telle aide internationale immédiate arrive, soit les vautours de l'immobilier tueront une portion majeure du cœur de Beyrouth et du Liban", a-t-il twitté.

"Nuit et jour"
Des centaines de bâtiments, dont certains remarquables pour le patrimoine architectural beyrouthin, ont été détruits lors de la déflagration, qui a également fait plus de 180 victimes et des milliers de blessés. La double explosion a été causée, selon les explications des autorités libanaises, suite à un incendie qui s'est déclaré dans un hangar du port où étaient stockées, sans précaution et depuis 2014, 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium. De nombreux responsables ont reconnu avoir été au courant de la présence de ces produits chimiques, et de ce fait la rue demande la démission de toute la classe politique, Parlement et président de la République inclus. 

Par ailleurs, la Défense civile a affirmé dans la matinée que ses secouristes poursuivront leurs opérations de recherche sur le site des explosions "jusqu'à ce que tous les disparus aient été retrouvés". Plus de deux semaines après la catastrophe, une vingtaine de personnes sont toujours portées disparues, selon les autorités libanaises. "Au dix-neuvième jour après l'explosion, les secouristes de la Défense civile poursuivent leurs opération de recherche, de sauvetage et de déblaiement sur le terrain, nuit et jour", a écrit ce service public sur sa page Facebook. La défense civile a précisé que sa mission se poursuivra "jusqu'à ce que l'on puisse retrouver tous les disparus". La veille, c'est l'armée libanaise qui avait annoncé que les recherches se poursuivaient dans la zone portuaire.

Sur le plan diplomatique, l'ambassadeur du Koweït à Beyrouth, Abdel Aal Kinaï, a affirmé que son pays allait "reconstruire les silos de blés au port", détruits par les déflagrations.

"Ogre de la mort"

Sur le plan politique, Le député de Baabda et ancien ministre Pierre Bou Assi, membre des Forces libanaises de Samir Geagea, a mené une virulente charge contre le président de la République, Michel Aoun, le traitant d'"ogre de la mort" et l'appelant à démissionner après la double explosion. 

"Lorsque j'ai parlé d'un ogre de la mort, je me référai au président de la République, Michel Aoun", a affirmé sans ambages M. Bou Assi, lors d'une émission politique sur la chaîne MTV. "Depuis son entrée dans l'arène politique, nous n'avons vu que la mort, même si, de sa part, nous avons entendu les plus beaux slogans", a affirmé Pierre Bou Assi.

"Tu veux la stabilité ? Il n'y a jamais eu autant de tensions. Tu veux l'ouverture (vers les puissances étrangères, ndlr) ? Il n'y a plus un seul Etat dans le monde qui daigne s'adresser au pouvoir. Tu veux la souveraineté ? Aujourd'hui les trois quarts du pays sont contrôlés par le Hezbollah. Tu veux du développement ? Le dollars s'échange contre 10.000 livres libanaises. Que veux-tu ? Nomme-moi une seule chose que tu as promis et qui a été faite", a lancé l'ancien ministre en s'adressant au chef de l'Etat.

"Je ne pense pas que le comportement du président Aoun vis-à-vis de ce qui s'est passé soit à la hauteur du poste maronite (la présidence de la République, ndlr). C'est pourquoi, et loin d'être une attaque contre sa personne, mais par souci pour le poste en question, je l'appelle à démissionner. J'appelle le président à démissionner après la destruction de Beyrouth et ce qui s'est passé au port, et il doit être jugé", a ajouté le député.


Le président libanais, Michel Aoun, a affirmé samedi que des compensations seraient versées rapidement et équitablement aux sinistrés dans les différents quartiers de Beyrouth soufflés par la double explosion du 4 août, appelant les habitants de ces quartiers à "défendre leurs terrains et leurs maisons afin de protéger l'identité" de la capitale. 

Lors d'une réunion...

commentaires (12)

Il prend vraiment les libanais pour des imbéciles. Mais qui va croire un seul instant ces paroles en l’air ?

Liberté de Penser

20 h 44, le 23 août 2020

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Commentaires (12)

  • Il prend vraiment les libanais pour des imbéciles. Mais qui va croire un seul instant ces paroles en l’air ?

    Liberté de Penser

    20 h 44, le 23 août 2020

  • L'état a t il les moyens de "compenser" 15 milliard de dollars de pertes liées aux destructions? Peut-il ressuciter nos compatriotes disparus? Ce président est une honte pour notre pays, la seule promesse qui vaille la peine d'être prononcée est celle de sa démission. Qu'il dégage une fois pour toute !

    Sabeh Aion M

    18 h 35, le 23 août 2020

  • Qu'il commence par debloquer notre argent et ensuite il pourra parler de la compensation !!!

    Patrick Accaoui

    15 h 23, le 23 août 2020

  • Faut pas déconner Mr. le President... A vous entendre, on dirait que les coffres de l'état sont pleins à craquer...

    Fadi Chami

    08 h 03, le 23 août 2020

  • Le silence est d'or.

    Esber

    20 h 36, le 22 août 2020

  • Aoun promet des compensations rapides, transparentes et équitables pour les sinistrés mais ou il va trouver l argent ?, c est avec les dons de la communauté internationale dont il verra pas un sou j espère

    youssef barada

    18 h 18, le 22 août 2020

  • Populisme,quand tu nous tiens...

    DJACK

    16 h 18, le 22 août 2020

  • Le voilà qui distribue des plateaux de douceurs verbales, pensant ainsi faire oublier la cause principale de la catastrophe du 4 août 2020 ! Décidément, c'est sans espoir de la part de ce personnage...bon, vu son âge...faut se faire une raison...!!!...cela s'appelle aussi: " retomber en enfance"...!!! - Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 44, le 22 août 2020

  • Encore et toujours des paroles dans l’air ... Et les résultats de l’enquête c’était dans 5 jours ?

    Viken Hannessian

    15 h 03, le 22 août 2020

  • Avec quel argent Aoun compte t-il indemniser les citoyens. Il peine à leur donner de la nourriture. Heureusement que les pays du monde entier se sont mobilisés pour envoyer des aides. Le Sri Lanta, le Bangladesh, la Roumanie et tant d’autres pays dans une situation peu confortable ont mis la main à la poche alors qu’aucun des voleurs de notre état n’a eu un geste de solidarité à part envoyer ses agents pour prospecter dans le but de acheter les biens immobiliers détruits à bon prix. C’était le moment de rapatrier les sommes volées pour les injecter dans la reconstruction pour se racheter. Mais cela relève d’une moralité que toute humain aurait eu. Or, ils ne sont pas humain et ils n’ont aucune moralité ni aucune valeur. L’armée a été envoyée faire des constations et demander aux sinistrés de payer les réparations et d’envoyer les factures aux services concernés. Le subterfuge qui tue. Avec quel argent doit on payer puisque les comptes sont bloqués depuis 6 mois et que le matériel doit être payé en dollars rubis au ongle? Ils se foutent royalement de la gueule du monde et jouent aux sauveurs alors que se sont eux qui ont détruit ce pays et tente de donner le coup de grâce à son peuple. NOUS VOUS TIENDRONT TÊTE JUSQU'AU BOUT BANDE DE VOYOUS.

    Sissi zayyat

    14 h 56, le 22 août 2020

  • L’Iran va payer ! hahahahaha

    LeRougeEtLeNoir

    14 h 32, le 22 août 2020

  • DE QUEL BUDGET ? DES PAROLES EN L,AIR ON EN ENTEND A LA PELLE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 27, le 22 août 2020