Donald Trump lors d'une conférence de presse à Washington, le 19 août 2020. REUTERS/Tom Brenner
Donald Trump a annoncé mercredi que les Etats-Unis allaient activer une procédure controversée aux Nations unies pour rétablir toutes les sanctions internationales contre l'Iran.
"Aujourd'hui, j'ai demandé au secrétaire d'Etat Mike Pompeo de notifier au Conseil de sécurité de l'ONU que les Etats-Unis entendaient rétablir pratiquement toutes les sanctions des Nations unies contre l'Iran jusque-là suspendues", a dit le président américain en évoquant ce mécanisme surnommé "snapback", prévu par l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien en cas de non respect de ses engagements par un pays signataire. Le département d'Etat a ensuite précisé que Mike Pompeo se rendrait jeudi et vendredi à New York pour cette notification. La plupart des autres membres du Conseil contestent toutefois que Washington soit habilité à activer ce processus, puisque Donald Trump a quitté en 2018 cet accord.
Le milliardaire républicain a de nouveau qualifié de "désastreux" le texte censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, estimant qu'il s'agissait du "produit de l'échec de la politique étrangère" de son prédécesseur démocrate Barack Obama et de son vice-président Joe Biden, qui l'affrontera en novembre dans la course à la Maison Blanche.
Selon l'administration Trump, la levée des sanctions décidée en 2015 en échange des engagements iraniens en matière nucléaire a permis à la République islamique d'engranger des dizaines de milliards de dollars utilisés pour répandre "le chaos, le sang et la terreur" au Moyen-Orient et partout dans le monde. "Dans le premier mois qui suivra ma victoire à l'élection, l'Iran viendra nous demander un accord très rapidement car ils ne s'en sortent pas très bien", a assuré Donald Trump lors d'une conférence de presse.
Les Etats-Unis ont déjà rétabli, et même durci, leurs propres sanctions bilatérales contre Téhéran. En riposte, l'Iran a commencé à se désengager de l'accord en accroissant notamment son stock d'uranium enrichi. Washington veut maintenant que le reste du monde, y compris les autres signataires de l'accord (Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) qui tentent par tous les moyens de le sauver, rétablissent toutes les sanctions internationales. Isolée comme jamais sur ce dossier, la diplomatie américaine a toutefois échoué la semaine dernière à obtenir une prolongation de l'embargo sur les armes visant l'Iran devant le Conseil de sécurité.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine