Un portrait de Moustapha Badreddine, responsable militaire du Hezbollah tué en 2016 en Syrie et l'un des accusés dans le procès sur l'assassinat de Rafic Hariri. Photo d'archives AFP
Le président du Tribunal spécial pour le Liban, le juge David Re, a affirmé mardi que la Chambre de première instance du TSL ne pouvait soutenir au-delà de tout doute que Moustapha Badreddine, ancien responsable militaire du Hezbollah tué en 2016 en Syrie, était le cerveau de l'attentat qui a coûté la vie à l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri le 14 février 2005. "La Chambre de première instance ne saurait soutenir au-delà de tout doute raisonnable que M. Badreddine était le cerveau de l’attentat, comme le soutient l’accusation", a dit le juge Re, lors de la deuxième partie de la séance du prononcé du verdict dans cette affaire. Le juge passait en revue les différents réseaux téléphoniques mobiles utilisés par les différents suspects pour surveiller Rafic Hariri dans les semaines précédant son assassinat.
Les juges du TSL prononceront plus tard dans la journée leur décision en l'absence des quatre suspects, tous membres présumés du Hezbollah, plus de 15 ans après l'attentat dans le centre de Beyrouth qui avait causé la mort de Rafic Hariri et de 21 autres personnes. Aucun des accusés n'ayant été remis au tribunal, ils sont jugés par contumace.
Rafic Hariri, Premier ministre jusqu'à sa démission en octobre 2004, a été tué en février 2005 lorsqu'un kamikaze a fait sauter une camionnette remplie d'explosifs au passage de son convoi blindé sur le front de mer de Beyrouth, faisant 226 blessés. Sa mort, dans laquelle quatre généraux libanais prosyriens ont été dans un premier temps accusés d'être impliqués, avait déclenché à l'époque une vague de manifestations, entraînant le retrait des troupes syriennes après près de 30 ans de présence au Liban.
Le principal suspect dans l'affaire, Salim Ayache, 56 ans, est accusé d'"homicide intentionnel" et d'avoir été à la tête de l'équipe qui a mené l'attaque. Deux autres hommes, Hussein Oneissi, 46 ans, et Assad Sabra, 43 ans, sont notamment poursuivis pour avoir enregistré une fausse cassette vidéo qui revendiquait le crime au nom d'un groupe fictif. Le dernier suspect, Hassan Habib Merhi, 54 ans, fait également face à plusieurs chefs d'accusation, tels que complicité de perpétration d'un acte de terrorisme et complot en vue de commettre cet acte. Moustafa Badreddine, le principal suspect décrit comme le "cerveau" de l'attentat par les enquêteurs, est mort depuis en Syrie et n'a donc pas été jugé.


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