Isolé dans ma chambre loin de mes enfants et de mon épouse, mon iPad en main, j’essaie d’écrire cette lettre.
J’essaie d’écrire cette lettre sans savoir comment l’intituler, serait-ce une lettre de lamentation ou une lettre de protestation ?
Hier (mardi) ma patrie a été grièvement blessée, mes frères et mes sœurs endeuillés, des familles décimées... Pourtant, depuis longtemps, nous avons tourné la page d’une guerre civile imposée... Nous avons « joué » tous les épisodes d’une sale guerre et à la fin nous avons tous ensemble pleuré le martyr, et ensemble nous avons pris le chemin de l’exil... Pas de vainqueur, que des vaincus.
Le temps nous a appris que rien n’est au-dessus de notre patrie.
Qui aurait pensé qu’un jour sinistre viendrait où nous allions porter ensemble encore une fois le noir du deuil. La mort n’était pas programmée mais elle nous a surpris.
Pourquoi sont-ils morts, pour qui sont-ils tombés, ils n’ont même pas dit adieu, pourtant ils ont laissé leurs familles derrière... S’ils savaient seulement que nous les aimons très fort ; oui nous les aimons très fort car ils étaient innocents.
Aznavour avait dit dans une de ses chansons « ils sont tombés sans trop savoir pourquoi, hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre »...
Aujourd’hui c’était vous, peut-être un jour serait-ce nous ?
Isolé dans ma chambre, loin de mes enfants et de mon épouse, mon iPad en main, car mes larmes me trahissent. Les mots me manquent pour vous dire combien je vous aime, la vie ne va plus être belle sans vous et le temps ne va pas pouvoir guérir ces blessures... adieu.
Dr Vartkès ARZOUMANIAN
Abou Dhabi
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