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Nos Lecteurs ont la Parole

Incapables, malveillants, entêtés : tous corrompus

Liban endeuillé, Liban meurtri, Liban massacré, Beyrouth détruite… Mais une volonté résiste, volonté de vie, volonté de rebatir.

Femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, avec ardeur et détermination, vont reprendre le rêve du Liban. Notre histoire, cent ans déjà. Que de chemin parcouru, une société construite avec ses lois, ses failles et ses difficultés. Mais toujours un désir sincère de bien faire, d’établir des lois, des normes pouvant régir la société.

Comme tout groupe humain, des dissensions ont existé, mais à chaque fois, des hommes de bonne volonté étaient là pour dire la bonne parole et redresser la barre quand un devoiement existait.

Dans cet univers d’apparence paisible, le Liban subit différentes secousses. Et non des moindres. L’implantation de l’État d’Israël, l’exode des Palestiniens dont un grand nombre vers le Liban. Des attentats dont celui de Riad el-Solh, Rafic Hariri et beaucoup d’autres. Beaucoup d’épreuves vont tomber sur le Liban (luttes pour le pouvoir et luttes d’intérêts et de perversion jusqu’à 1975). Depuis cette date, différents affrontements, tueries, acharnements se poursuivent. La barbarie humaine sous toutes ses formes s’est exprimée. Dernièrement, l’explosion au port de Beyrouth le 4 août et le Covid-19.

Espérant des voies de reconstruction du pays, rien n’est arrivé. À la dégradation du pays, responsables, décideurs, les corps de l’État ont poursuivi les mêmes luttes intestines, les mêmes bassesses, les mêmes arrogances sous différents vocables, dominés par la vénalité. Le peuple, abusé, trompé, exploité, continue de croire et de renouveler le même paysage politique. Les mêmes qui trompent ce peuple. D’ailleurs, ce sont les chefs de milice qui ont changé de veste et de coiffure, mais non de mentalité : domination clanique, intérêts personnels, corruption continuent à gérer le pays sous couvert confessionnel. Tous les rouages de l’État sont cadenassés par les anciens miliciens. Va s’ajouter à ce tableau de commande le groupe du Hezbollah d’abord, résistance milicienne et groupe dominant chiite qui reclame sa part du gâteau et parfois tout le gâteau grâce à sa force armée et à ses alliés, et à un ensemble de profiteurs complices. À noter dans ce tableau la rivalité séculaire sunnite-chiite qui est ravivée actuellement suivant « le piège de Thucydide »* ; le Liban en subit les conséquences et les dégâts.Il faut reconnaître que le Liban a beaucoup d’atouts : paysages, climat, peuple joyeux et accueillant qui est handicapé par sa géographie.

Au Sud, un pays que le Liban ne reconnaît pas. À l’Est et au Nord, un pays ami et frère qui ne reconnaît pas le Liban. D’ailleurs, les Libanais ne sont pas pourris, la caste politique instaure un système clientéliste qui favorise et fait fleurir la corruption à tous les nivaux. Dans ce contexte de délitement, y a-t-il moyen de se relever… de corriger les devoiements ? C’est facile, en théorie, en se référant et en appliquant les lois. Mais en pratique, les cadors du pays ne paraissent pas capables. Toutefois, d’autres femmes et hommes capables, honnêtes, rigoureux, qui ont le sens de l’État, sont là. Ils peuvent travailler avec une « intelligence collective » pour dessiner les grandes lignes de la politique et de la gestion du pays. Le Liban est un bateau qui chavire. Il y a des tempêtes régionales, et les vents de la politique internationale ne sont pas favorables.

Une voie de sauvetage existe, le présidant Macron le confirme. Il faut changer de politique et de politiciens. Le peuple devrait prendre conscience et agir pour changer.

Ce chemin n’est pas facile… Agissons de façon raisonnable non sentimentale. Tous les hommes et femmes de bonne volonté devraient dépasser leur pudeur et leur discrétion, et agir aujourd’hui. C’est l’avenir de tous.

*Piège de Thucydide : concept élaboré par Craham Allison

Psychiatre psychanalyste

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Liban endeuillé, Liban meurtri, Liban massacré, Beyrouth détruite… Mais une volonté résiste, volonté de vie, volonté de rebatir.

Femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, avec ardeur et détermination, vont reprendre le rêve du Liban. Notre histoire, cent ans déjà. Que de chemin parcouru, une société construite avec ses lois, ses failles et ses difficultés. Mais toujours...

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