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Double explosion à Beyrouth

Le projet d'illuminer la mairie de Tel Aviv aux couleurs du drapeau libanais suscite la controverse

Le ministre des Affaires de Jérusalem estime que "brandir le drapeau d'un pays ennemi au cœur-même de Tel Aviv est moralement douteux".
Le projet d'illuminer la mairie de Tel Aviv aux couleurs du drapeau libanais suscite la controverse

La façade d'un bâtiment du centre-ville de Beyrouth, sur laquelle était affichée un grand drapeau libanais, détruite par la double explosion dans le port, le 5 août 2020. Photo AFP / JOSEPH EID

Le maire de Tel Aviv a provoqué une controverse mercredi après avoir annoncé vouloir projeter une image du drapeau libanais sur les murs de la mairie, en solidarité avec Beyrouth où plus de 100 personnes ont été tuées lors de deux énormes explosions dans le port de la capitale. D'après les autorités libanaises, quelque 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, stockées "sans mesures de précaution" dans le port, sont à l'origine des déflagrations.

"L'humanité passe au-dessus de tous les conflits et nos cœurs sont avec le peuple libanais, après le terrible désastre qu'il a vécu", a écrit le responsable municipal Ron Huldai, sur Twitter.

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Avec cette idée, le responsable municipal veut s'inscrire dans la continuité d'initiatives similaires aux Emirats arabes unis, où la célèbre tour Burj Khalifa de Dubaï, la plus haute du monde, s'est illuminée aux couleurs du drapeau libanais, ainsi qu'en Egypte, où le drapeau a été projeté sur les célèbres pyramides de Guizeh.

"Le monde à l'envers"
Comme le rapporte le quotidien israélien Haaretz, les réactions à cette annonce ne se sont pas fait attendre et le maire de Tel Aviv a notamment été accusé de vouloir pactiser avec l'ennemi. Le ministre des Affaires de Jérusalem, Rafi Peretz, a souligné que, s'il ne s'opposait pas à l'envoi d'aides humanitaires, "brandir le drapeau d'un pays ennemi au cœur-même de Tel Aviv est moralement douteux".  Yair Netanyahu, le fils du Premier ministre actuel, Benjamin Netanyahu, a de son côté qualifié cette initiative de "délit". 

Accueillir des blessés en Galilée ? 
Cette polémique intervient alors qu'à l'instar de nombreux pays, Tel Aviv, par la bouche des ministres de la Défense, Benny Gantz, et des Affaires étrangères, Gaby Askenazi, avait proposé mardi de fournir au Liban des aides humanitaires et médicales, via des pays tiers.

Réagissant à cette offre, qui n'a pas été commentée par les autorités libanaises, Masad Barhoum, le directeur d'un hôpital de Nahariya, dans le nord d'Israël, a annoncé être "prêt à accueillir les blessés". M. Barhoum aurait, selon ses propres dires rapportés par le Haaretz, contacté le président et le Premier ministre libanais, Michel Aoun et Hassane Diab, pour leur proposer son aide, indiquant avoir, ces dernières années, traité 3.000 blessés de la guerre en Syrie. Le responsable hospitalier a encore indiqué avoir été "informé par l'armée israélienne de la possibilité que des blessés arrivent du Liban".  

Les équipes de sauvetage libanaises continuaient mercredi, de rechercher d'éventuels survivants, alors que les derniers bilans, toujours provisoires, faisaient état de plus de 113 morts, près de 4.000 blessés et des dizaines de disparus. 

La tension entre Israël et le Liban était montée d'un cran ces derniers jours, l'armée israélienne étant en état d'alerte à la frontière libanaise. La semaine dernière, après des mois de calme relatif, Israël a dit avoir déjoué une attaque "terroriste" et ouvert le feu sur des hommes armés ayant franchi la "Ligne bleue" séparant le Liban et Israël, avant qu'ils ne repartent côté libanais. Le Premier ministre israélien a attribué l'infiltration au Hezbollah, un mouvement armé pro-iranien très influent au Liban et que l'Etat hébreu considère comme son ennemi. Accusé de "jouer avec le feu", le Hezbollah a démenti toute implication.


Le maire de Tel Aviv a provoqué une controverse mercredi après avoir annoncé vouloir projeter une image du drapeau libanais sur les murs de la mairie, en solidarité avec Beyrouth où plus de 100 personnes ont été tuées lors de deux énormes explosions dans le port de la capitale. D'après les autorités libanaises, quelque 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, stockées "sans mesures de...