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Europe

Le Bélarus dit avoir arrêté des mercenaires russes cherchant à le "déstabiliser"

Le Bélarus dit avoir arrêté des mercenaires russes cherchant à le

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko le 3 juillet 2020. REUTERS/Vasily Fedosenko/File Photo

Le Bélarus a annoncé mercredi l'arrestation de 32 "combattants" russes du groupe militaire privé Wagner, considéré comme proche du Kremlin, les accusant d'avoir cherché à "déstabiliser" la situation à l'approche de la présidentielle.

Historiquement alliés, la Russie et le Bélarus entretiennent des relations toujours plus tendues depuis fin 2019, le président Alexandre Loukachenko accusant en particulier Moscou de vouloir réduire son pays à l'état de vassal et de s'ingérer dans le scrutin du 9 août. La première chaîne de télévision bélarusse et l'agence officielle de presse Belta ont annoncé ces arrestations ordonnées après que les autorités ont appris "l'arrivée sur le territoire (bélarusse) de 200 combattants devant déstabiliser la situation en période de campagne électorale". L'opération, réalisée par les services de sécurité (le KGB), intervient dans la dernière ligne droite d'une campagne électorale marquée par une mobilisation inhabituelle en faveur de l'opposition et une répression visant à la fois des manifestants et des concurrents d'Alexandre Loukachenko.

Ce dernier, qui dirige d'une main de fer le Bélarus depuis 1994 et qui est candidat à un sixième mandat, accuse le Kremlin de soutenir ses opposants. Selon Belta, les 32 hommes arrêtés dans la nuit de mardi à mercredi dans un hôtel près de la capitale Minsk sont des "combattants du groupe militaire privé Wagner". Un 33e homme a été appréhendé dans le sud, précise Belta qui ne dit pas où se trouveraient les autres "combattants" supposés.

Le groupe Wagner, fondé par un proche de Vladimir Poutine, a la réputation d'être utilisé par la Russie pour des interventions à l'étranger auxquelles elle ne veut pas être officiellement associée. Apparus dans l'est de l'Ukraine, où une guerre se poursuit depuis 2014, ces mercenaires auraient aussi été déployés en Libye et en Syrie. Moscou dément avoir un quelconque lien avec eux.

La Russie "pas informée"
La télévision publique bélarusse a diffusé des images prises par des caméras de vidéo-surveillance de l'arrivée groupée des suspects à l'hôtel, puis de leur arrestation. Y sont montrés des liasses de dollars, des passeports russes ainsi que des manuels d'instruction pour du matériel militaire.

Le reportage ajoute que "les nouveaux arrivants ont attiré l'attention par leur comportement inhabituel pour des touristes russes et leurs vêtements uniformes de style militaire". Ces hommes ne "consommaient pas d'alcool et ne fréquentaient pas les lieux de divertissement" de l'hôtel, a souligné la présentatrice, affirmant qu'ils avaient "soigneusement étudié le terrain et les environs".

Belta a rendu publics la liste et l'état-civil des personnes arrêtées, tous des hommes âgés de 24 à 55 ans. L'écrivain nationaliste Zakhar Prilépine, qui a combattu aux côtés des séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine, a confirmé sur Facebook que certains d'entre eux avaient été des membres de son bataillon. L'ambassade de Russie à Minsk a annoncé avoir demandé aux autorités bélarusses des précisions sur ces interpellations, disant n'avoir "reçu aucune information officielle sur la détention de citoyens russes".

Les relations entre la Russie et le Bélarus sont traditionnellement cordiales, mais marquées par des épisodes réguliers de tensions notamment liées à des contentieux dans le domaine énergétique. Ces derniers mois, Alexandre Loukachenko a multiplié les déclarations pour dénoncer les pressions russes, reprochant en particulier à Moscou de vouloir réunir les deux pays en une seule entité sous son contrôle et de chercher à manipuler la présidentielle. Lui et Vladimir Poutine se sont rencontrés à plusieurs reprises ces derniers mois afin d'essayer d'aplanir leurs différends. Ils se sont ainsi vus deux fois fin juin.

Le président bélarusse, qui n'a jamais été aperçu portant un masque de protection, a annoncé mercredi qu'il avait été contaminé par le coronavirus, sans en avoir eu les symptômes. Il n'en avait pas informé le Kremlin. En lice pour un sixième mandat, Alexandre Loukachenko a à de nombreuses reprises accusé certains Etats de vouloir "déstabiliser" la situation à l'approche d'élections, des accusations réservées jusqu'ici aux Occidentaux. Depuis son arrivée au pouvoir, aucune opposition n'a pu émerger et nombre de ses chefs de file ont été emprisonnés.

La campagne électorale actuelle a été galvanisée par l'arrivée de nouveaux visages. Alexandre Loukachenko fait face en particulier à Svetlana Tikhanovskaïa qui a remplacé au pied levé son mari, un vidéo-blogueur emprisonné en mai au moment où il gagnait en popularité.


Le Bélarus a annoncé mercredi l'arrestation de 32 "combattants" russes du groupe militaire privé Wagner, considéré comme proche du Kremlin, les accusant d'avoir cherché à "déstabiliser" la situation à l'approche de la présidentielle.

Historiquement alliés, la Russie et le Bélarus entretiennent des relations toujours plus tendues depuis fin 2019, le président Alexandre...