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Nos lecteurs ont la parole

La seule et l’ultime solution pour le salut du Liban : un tsunami ?

Paris, 1920. La délégation pour la création du Grand Liban comprend plusieurs personnalités mais un secrétaire, Émile Eddé. Le haut-commissaire donne le crayon à Émile en lui disant : « Monsieur Eddé, je ne comprends rien à la question des frontières. Dessinez ce que vous pensez devait être le Grand Liban... » La carte originale est encore à la maison des descendants d’Émile. Puis se succédèrent d’autres Eddé à la tête du Bloc national après Émile, son fondateur : Raymond puis Carlos. Des styles différents, mais un seul dénominateur commun : patriotisme, intégrité, compétence, indépendance.

Cent ans plus tard, les historiens ont de la difficulté à mentionner à nos jeunes Libanais la vraie histoire du Liban, le nom de son fondateur et, attention, il ne fut pas le seul. Il était secondé par Kheireddine el-Ahdab, un diplômé de la Sorbonne, comme Premier ministre et bien d’autres patriotes.

En tant que médecin radiologue, je me demande c’est quoi le diagnostic de la pathologie libanaise : pourquoi le Libanais ne sait pas voter, pourquoi il ne sait pas choisir. Il va choisir la meilleure université, la meilleure école, le meilleur restaurant, la meilleure voiture... mais lors du scrutin électoral, une paralysie de son cerveau le fait choisir son bourreau, le député qui va le voler, qui va tuer et trahir. Raymond Eddé avait beaucoup de difficultés à faire élire six députés. Ses sympathisants se faisaient arrêter, jeter en prison, battre et même assassiner ! Carlos Pierre Eddé a tout lâché pour revenir à son pays natal, pour se faire cribler de critiques. La plus importante, la plus grave : il ne sait pas parler libanais ! C’est-à-dire, il n’utilise pas le langage du député libanais. Il ne sait pas voler. Il ne sait pas trahir. Il ne pourra jamais, mais jamais, tuer !

Le vrai diagnostic c’est ma mère de 98 ans qui l’a fait : le Libanais ne votera jamais pour quelqu’un d’éduqué, de compétent et d’honnête.

Exagération ? Mauvais diagnostic? Fabulation ?

Pas du tout, c’est le bon diagnostic. Pourquoi ? Parce que cent ans plus tard, le rêve du fondateur de l’État libanais est en danger, en faillite financière et intellectuelle. Je vous épargne le détail, vous le vivez ce cauchemar actuellement, vous et vos enfants. Pourquoi ? Parce que, en cent ans, tous les Parlements, gouvernements et les représentants à la tête du Liban ont erré dans l’ignorance ; une débâcle centenaire, avec le résultat que l’on vit actuellement : une économie en ruine, des divisions confessionnelles profondes, des droits bafoués, et j’en passe.

Une minorité a essayé, au sein des gouvernements successifs, de réformer, mais sans résultat. Une majorité écrasante bloquait les réformes !

Ayant fait le diagnostic, où se situe le remède ?

Mon père, Jacques Eddé, directeur général des douanes libanaises, diplômé en sciences politiques de Paris en 1922, retraité en 1970, criblé de dettes parce qu’il a toujours refusé de voler, m’avait dit une fois : « Il nous faut un tsunami (déjà arrivé dans notre histoire), qui décimerait la classe politique libanaise et on reprend tout à zéro ! »

Aujourd’hui, je pense qu’il avait raison. Le tsunami économique et le contexte politique actuel sont propices au changement : Libanaises et Libanais, oseriez-vous voter pour un bloc de 100 députés libanais qui vivent partout dans le monde, exilés à cause de la classe politique que vous avez choisie délibérément ?

Souvenez-vous que les occupants ont été chassés du Liban et que, actuellement, il n’y a aucune armée étrangère sur notre sol. Je rêve d’un nouveau Parlement, du sang neuf de nos expatriés obligés à s’exiler de force : des députés honnêtes, compétents, patriotes, indépendants et un président de la même école, élu et non imposé.

Vous seuls, Libanaises et Libanais, avez le remède ultime et final à cette maladie qui ronge notre classe politique. Vous seuls détenez le remède pour que notre patrie se relève de ses cendres.

Alors avez-vous le courage et la lucidité pour le faire ?

La solution est entre vos mains. La Suisse, de compositions diverses, allemande, française et italienne, a tenu tête à l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Qu’est-ce qui nous manque ? Un peu de courage ?

À vous de décider, si vous aimez votre patrie, votre famille et vos enfants, agissez lors du prochain scrutin électoral. Faites le bon choix ! Les exilés libanais regorgent de personnes compétentes, patriotiques, honnêtes et indépendantes. Notre ancienne formule a échoué. Notre sort et notre destinée sont entre nos mains. Un changement radical s’impose.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.

Paris, 1920. La délégation pour la création du Grand Liban comprend plusieurs personnalités mais un secrétaire, Émile Eddé. Le haut-commissaire donne le crayon à Émile en lui disant : « Monsieur Eddé, je ne comprends rien à la question des frontières. Dessinez ce que vous pensez devait être le Grand Liban... » La carte originale est encore à la maison des descendants d’Émile. Puis se succédèrent d’autres Eddé à la tête du Bloc national après Émile, son fondateur : Raymond puis Carlos. Des styles différents, mais un seul dénominateur commun : patriotisme, intégrité, compétence, indépendance.Cent ans plus tard, les historiens ont de la difficulté à mentionner à nos jeunes Libanais la vraie histoire du Liban, le nom de son fondateur et, attention, il ne fut pas le seul. Il était...
commentaires (1)

Comment élire un nouveau parlement d expatriés quand 75% de ta population est soudoyable,achetable . Khallas c ‘est peine perdue ,la racaille demeure racaille....on ne crée rien de rien.... “ex nihilo nihil” Disaient Virgile et Kant

Robert Moumdjian

14 h 45, le 21 juillet 2020

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Commentaires (1)

  • Comment élire un nouveau parlement d expatriés quand 75% de ta population est soudoyable,achetable . Khallas c ‘est peine perdue ,la racaille demeure racaille....on ne crée rien de rien.... “ex nihilo nihil” Disaient Virgile et Kant

    Robert Moumdjian

    14 h 45, le 21 juillet 2020

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