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Nos Lecteurs ont la Parole

Un appel sans ambiguïté

Dans l’esprit de ses illustres prédécesseurs, le chef de l’Église maronite lance un appel à la résistance. La vraie résistance. Celle qui est au service de la nation, de ses valeurs fondatrices.

Il appelle les Libanais d’abord, tous les Libanais, à défendre les valeurs sur lesquelles la nation a été fondée. Il appelle ceux qui se risquent à remettre en question les fondements de la nation, pour service des intérêts étrangers et contraires aux intérêts de la communauté nationale, à ne pas détruire le Liban message. Il en appelle aux amis du Liban et à la communauté internationale : le centenaire de l’État du Grand Liban ne peut être la fin du Liban millénaire.

Cet appel est sincère. Il est authentique. Il est limpide. Sans ambiguïté. Nous ne céderons jamais. Nous ne renoncerons jamais à notre histoire, à nos valeurs, à notre liberté, à notre identité profonde et à notre attachement à nos racines et à notre terre. N’y comptez pas. Revenez au sein de la communauté nationale, et vous y serez accueillis comme l’enfant prodigue. Nous serons toujours là. Nous sommes indéracinables. Vous pouvez compter sur nous, sur notre présence, sur notre engagement. Agissez en conséquence.

Notre résistance est avant tout culturelle. Nos écoles, nos missions, nos universités, notre diversité, notre ouverture sur le monde… sont à l’origine du Liban. Nos souffrances et nos sacrifices l’ont façonné tel qu’il est : tolérant, accueillant, ouvert. Nous ne l’abandonnerons jamais. Nous nous opposerons à sa destruction, avec toutes nos forces et toute notre détermination.

La neutralité prônée par le patriarche Béchara Raï est synonyme du Liban, depuis sa fondation. C’est à l’ombre de cette neutralité qu’a prospéré le nouvel État du Liban. C’est grâce à elle qu’il a servi de refuge aux minorités persécutées ou menacées. C’est en la perdant que l’État s’est perdu. C’est en perdant cette neutralité que le Liban et les Libanais ont été happés par une violence qui se perpétue. La neutralité rendra au Liban sa prospérité. L’adhésion aux axes et à leurs violentes ambitions finirait par le détruire. Cela ne se fera pas.

Saint Jean-Paul II, qui a arraché son pays natal, la Pologne, au communisme, voyait le Liban comme un message de liberté et un exemple de pluralisme pour l’Orient comme pour l’Occident. Avec sa bénédiction, le chef de l’Église maronite Mgr Nasrallah Sfeir a donné un cadre à la résistance contre l’occupation syrienne. L’appel des évêques maronites en 2000 établissait la feuille de route qui nous a conduits vers notre nouvelle indépendance. Il est complété aujourd’hui par l’appel de juillet 2020 lancé par Mgr Raï. Une feuille de route vers la résurrection du Liban.

Trois papes sont venus au Liban : Paul VI, qui a fait escale à l’aéroport de Beyrouth le 2 décembre 1964, lorsque le Liban vivait son âge d’or; Jean-Paul II qui s’est rendu les 10 et 11 mai 1997 dans un Liban sous occupation militaire syrienne ; et Benoît XVI qui s’y est rendu du 14 au 16 septembre 2012, alors que la déstabilisation de la Syrie menaçait de contagion le Liban voisin. Le pape François y est attendu. Ce n’est pas qu’il a programmé une visite, mais sa visite serait salutaire dans le contexte actuel. Elle rappellerait les engagements de la communauté internationale envers le Liban, replacerait le pays sous le feu des projecteurs, rassurerait les uns et adresserait un message de fermeté aux autres.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Dans l’esprit de ses illustres prédécesseurs, le chef de l’Église maronite lance un appel à la résistance. La vraie résistance. Celle qui est au service de la nation, de ses valeurs fondatrices.

Il appelle les Libanais d’abord, tous les Libanais, à défendre les valeurs sur lesquelles la nation a été fondée. Il appelle ceux qui se risquent à remettre en question les...

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