« Je trouve que la réponse de la classe politique, de manière globale, n’est pas à la hauteur de nos attentes », a affirmé Ahmad Aboul Gheith. Photo ANI
Les propos du secrétaire général de la Ligue arabe Ahmad Aboul Gheit hier au sujet de la classe politique et ses commentaires concernant la grave crise économique et financière que le pays traverse devraient doucher les espoirs des officiels libanais quant à une éventuelle aide arabe substantielle au Liban où, si l’on veut simplifier, le tableau se présente désormais comme suit : il y a d’un côté le Hezbollah et ses alliés locaux et régionaux, et de l’autre le reste des Libanais qui se rallient autour du discours du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, sur la neutralité du Liban, avec la communauté internationale.
Le Hezbollah a tant et si bien entraîné le Liban dans sa politique des axes qu’il a réussi à isoler complètement le pays, incapable aujourd’hui de compter sur l’aide de ses amis traditionnels arabes et occidentaux pour essayer de remonter la pente. Le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, qui a effectué récemment une tournée au Qatar et au Koweït, dépêché par le président Michel Aoun pour sonder les perspectives d’un soutien arabe en vue d’une sortie de crise, est revenu avec des promesses d’aide certes, mais sans engagement concret.
À l’instar de la communauté internationale, notamment les membres du Groupe international de soutien au Liban (GIS), les pays arabes, au nom desquels Ahmad Aboul Gheit s’est exprimé hier, accusant sans les nommer les responsables de faire passer leurs intérêts avant ceux du pays, restent dans l’expectative : les réformes structurelles et la distanciation d’abord, les aides ensuite. Des conditions que le Hezbollah rejette et que le gouvernement ignore pour des considérations liées principalement aux intérêts de ses composantes, dont notamment le parti chiite, que le patriarche maronite a sans ambages accusé hier d’« exercer une mainmise sur le gouvernement et sur la politique libanaise », lui reprochant son implication dans « des guerres régionales et des événements internationaux ».
Des propos qui se recoupent avec le discours arabe que le général Ibrahim aurait pu entendre aussi bien à Doha qu’au Koweït. « Il n’y a de solution (à la crise) que si le Liban sort des axes politiques et militaires », a asséné le chef de l’Église maronite, dans un entretien publié sur le site Vatican News. Par ses propos, Mgr Raï confère une dimension nationale, voire morale, à une revendication qui est en premier celle des composantes du 14 Mars au niveau local et que la communauté internationale n’arrête pas de répéter avec insistance depuis l’effondrement économique et financier du pays.
La réponse du principal concerné n’a pas tardé. Lors de la réunion hebdomadaire de son groupe parlementaire, le Hezbollah a de nouveau brandi la formule peuple-armée-résistance, qu’il a présentée comme étant « l’instrument national le plus utile pour défendre le Liban et protéger sa souveraineté ainsi que la dignité de son peuple ». « Toutes les autres formules fragilisent le pays et le prédisposent à se soumettre aux conditions des Israéliens et des parrains du terrorisme sioniste », en allusion aux États-Unis, selon le groupe qui s’est insurgé contre une « tentative d’hypothéquer le pays au service d’intérêts étrangers au détriment de la volonté, de la souveraineté et des intérêts nationaux des Libanais ».
Le discours du Hezbollah résonne aussi comme une réponse à ce que l’émissaire présidentiel, qui a fait part hier au chef de la diplomatie Nassif Hitti des résultats de sa double visite à Doha et au Koweït, aurait entendu de ses interlocuteurs arabes. Ces derniers auraient diplomatiquement expliqué au directeur de la Sûreté générale que la clé d’un déblocage des aides arabes au Liban passe impérativement par l’Arabie saoudite. C’est ce qui explique qu’après avoir rendu compte mercredi au chef de l’État Michel Aoun des résultats de ses entretiens au Qatar et au Koweït, le général Abbas s’est rendu auprès de l’ambassadeur d’Arabie saoudite, Walid Boukhari. D’aucuns estiment que le patron de la Sûreté générale pourrait se rendre en Arabie saoudite afin de poursuivre sa mission qu’il a située dans le cadre d’une dynamisation des relations économiques du Liban avec les pays arabes. Mais de l’avis de certains observateurs, une visite à Riyad est à exclure tant que Beyrouth n’a pas donné des signes d’une volonté de changement de politique. De sources arabes, on affirme ainsi que le Liban aurait dû, avant d’envoyer un émissaire dans les pays du Golfe, « prendre soin de fermer des stations de télévision situées dans la banlieue sud de Beyrouth et qui s’attaquent régulièrement aux Arabes ». D’ailleurs, au lendemain de la visite du général Ibrahim au Koweït, les médias de l’émirat ont repris dans une série d’articles les accusations relatives à un rôle présumé de la formation chiite dans des affaires de terrorisme et de blanchiment d’argent sur leur territoire.
Selon les mêmes sources, une aide arabe substantielle au Liban reste tributaire de l’Arabie saoudite et de la capacité des Libanais à mettre en pratique la politique de distanciation à laquelle ils s’étaient solennellement engagés. Entre-temps, Beyrouth pourra bénéficier d’aides ponctuelles, sociales et humanitaires de la part des pays arabes, ce qui, en soi, doit être interprété comme une volonté des pays du Golfe de ne pas lâcher le Liban. Mais leur assistance s’arrêtera à ce niveau.
Pour la Ligue arabe, la réponse des dirigeants libanais à la crise « n’est pas à la hauteur des attentes »
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmad Aboul Gheit, s’est alarmé de la crise économique et sociale qui frappe le Liban, affirmant que la situation au pays du Cèdre est « extrêmement dangereuse » et critiquant la prestation des dirigeants. « La situation au Liban est extrêmement dangereuse et dépasse la simple crise économique ou l’inflation », a estimé le chef de la Ligue arabe dans des déclarations à l’Agence d’information du Moyen-Orient, basée en Égypte. « Il s’agit d’une crise globale qui a des conséquences sociales et politiques dangereuses, et ceci peut malheureusement déraper vers quelque chose de plus dangereux », a mis en garde le diplomate égyptien. M. Aboul Gheit a également fait part de « sa crainte que la paix civile du pays soit menacée en raison des pressions économiques et sociales immenses auxquelles font face les Libanais ».
« En vérité, et loin de toutes considérations politiques, je ressens la souffrance du citoyen libanais qui s’est soudainement retrouvé sous le seuil de pauvreté et avec un salaire gravement amputé, en raison des circonstances dont il n’est pas responsable », a regretté M. Aboul Gheit. « (...) La situation est extrêmement inquiétante dans ce pays à la composition particulière que nous connaissons tous. C’est pour cela que je compatis avec la souffrance des Libanais et que je suis peiné en voyant les drames sociaux comme les suicides en raison de la pauvreté et l’incapacité à assurer les besoins basiques aux enfants », a ajouté le diplomate égyptien.
« J’espère sincèrement que la classe politique prendra en considération cette souffrance inédite, car jusqu’à présent, je trouve que la réponse de la classe politique, de manière globale, n’est pas à la hauteur de nos attentes (...) », a fait savoir le chef de la Ligue arabe. « Malheureusement, les intérêts particuliers priment encore sur l’intérêt de la nation, et c’est ce qui aggrave la crise », a-t-il ajouté.
Ahmad Aboul Gheit a enfin lancé un appel « à toutes les instances et tous les pays donateurs afin qu’ils ne laissent pas les Libanais seuls dans ces circonstances difficiles ». « Il doit y avoir une solution à la situation économique, car les conséquences de ce qui se passe vont toucher tout le monde, au Liban comme à l’extérieur du pays », a-t-il prévenu.


VOTRE EMPATHIE NOUS TOUCHE ET NOUS FAIT UNE BELLE JAMBE EN MÊME TEMPS. A entendre toutes ces belles paroles de compassion de tout bord accompagnées de messages désastreux quant à l’avenir de notre pays, on se demande ce qu’ils attendent tous pour le sauver avant que le désastre n’ait lieu? Il suffit de demander aux Libanais de l’opposition qui sont nombreux et représentatifs du pays à faire une demande auprès des instances internationales pour que tous les partis soient désarmés sans délai. Ensuite seulement on pourra dissoudre ce gouvernement et toutes l’appareil judiciaire qui leur sert de couverture pour le remplacer par d’autres honnêtes, pour condamner toutes les exactions commises depuis des décennies et procéder à des élections anticipées après avoir traduit en justice tous les voleurs et assassins de nos politiques et notre économie. Tant qu’il y a des armes aucune révolution ou révolte n’aboutira car ils n’attendent que ça pour prendre le contrôle total du pays en utilisant leurs armes pour que le sang coule et qu’on ait recours à d’autres armes en face pour noyer le pays dans le sang et rester maître de la situation. Ne pas négliger le fait que les forces de l’ordre et une partie de nos soit disant protecteurs sont sous les ordres des vendus c’est ça qui fera la différence. On réprimera sous couvert de l’état et de maintien de l’ordre.
11 h 32, le 17 juillet 2020