Le mufti de la République, Abdellatif Deriane, présidant une réunion du Conseil supérieur chérié sunnite, à Dar el-Fatwa, le 7 juillet 2020. Photo ANI
Le Conseil supérieur chérié sunnite a dénoncé mardi, lors d'une réunion présidée par le mufti de la République, Abdellatif Deriane, "l'absence totale de l'Etat et son incapacité injustifiable" à faire face à la crise économique et financière qui secoue le Liban et qui "menace" l'existence du Liban.
Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion, à laquelle a participé l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, le Conseil chérié a évoqué "le danger" de la crise, qui "menace tout le Liban, la vie des Libanais et leur dignité". Il a dénoncé "l'absence totale de l'Etat et de ses institutions et son incapacité injustifiable" à résoudre la crise, critiquant encore le fait que les autorités "sont indifférentes aux souffrances, à la faim, à la maladie, à la peur et aux inquiétudes des citoyens vis-à-vis de leur futur". "Les autorités n'assument pas leurs responsabilités et abandonnent leurs obligations les plus essentielles vis-à-vis du peuple", ont encore accusé les dignitaires sunnites, qui ont déploré le fait que les dirigeants n'ont "aucune politique ni vision économique, politique et financière, ni pour le présent, ni pour le futur" du pays.
Le Conseil supérieur chérié a dans ce contexte appelé tous les Libanais à "se serrer les coudes", estimant que des sacrifices, faits par tous, étaient nécessaires pour sauver le pays.
La débâcle économique sans précédent qui dure depuis près d'un an au Liban s'est accompagnée d'une chute vertigineuse de la monnaie nationale dans un pays où 45% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Cette crise sans précédent dans l'histoire du pays a constitué l'un des facteurs du déclenchement d'un mouvement de contestation de grande ampleur, en octobre dernier, qui appelle à des réformes, au départ de tous les dirigeants et à une refonte totale du système politique.
A l'issue de la réunion, Fouad Siniora a de son côté estimé que résoudre la crise devrait commencer par la mise en place d'une série de réformes, notamment par une application totale de l'accord de Taëf (qui avait mis fin à la guerre civile), l'indépendance de la justice, et l'importance pour l’État d'imposer son autorité sur l'ensemble du territoire libanais. L'ancien président du Conseil a par ailleurs salué la prise de position du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, qui avait appelé dans son homélie de dimanche le président de la République, Michel Aoun, à "briser le siège imposé à la libre décision nationale" et adjuré l’ONU d’œuvrer "à rétablir l’indépendance et l’unité du Liban, à l’application des résolutions internationales et à la proclamation de sa neutralité". "Le patriarche a mis le doigt là où ça fait mal", a estimé M. Siniora.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine