Des voyageurs portant des masques de protection contre le coronavirus dans un aéroport britannique. Photo d'illustration AFP
Les voyageurs arrivant en Angleterre en provenance d'une cinquantaine de pays – dont la France, l'Espagne et l'Italie – seront exemptés de quarantaine dès le 10 juillet, a annoncé vendredi le gouvernement britannique, un assouplissement accueilli avec soulagement par le secteur du tourisme après plusieurs jours de confusion.
Depuis le 8 juin, toute personne, y compris les résidents britanniques, arrivant au Royaume-Uni doit observer une quarantaine d'une durée de 14 jours pour éviter une résurgence de l'épidémie de nouveau coronavirus au moment où le Royaume-Uni déconfine. Le ministère des Transports doit dévoiler vendredi dans la journée la liste complète des pays concernés par les exemptions, mais en a dévoilé dans la nuit les grandes lignes.Ces exemptions ne s'appliquent pour l'instant qu'aux arrivées en Angleterre. L'Ecosse, le Pays de Galles ou l'Irlande du Nord conservent la quarantaine.
"J'espère vraiment que les quatre nations pourront avancer au même rythme, cela simplifierait beaucoup les choses pour les gens, mais il leur revient de prendre ces décisions elles-mêmes", a admis le ministre des Transports Grant Shapps sur la BBC. La directrice de l'office du tourisme du Royaume-Uni, Visit Britain, Patricia Yates, s'est réjouie de ce "coup de pouce opportun à l'industrie du tourisme au moment où nous entrons dans la haute saison", tandis que la compagnie aérienne EasyJet a salué un "geste important". La mise en place d'une quarantaine avait provoqué la colère des compagnies aériennes, poussant même British Airways, EasyJet et Ryanair à attaquer en justice le gouvernement afin de mettre fin à cette mesure jugée catastrophique pour le tourisme.
Promis dès son application, l'assouplissement de la quarantaine, pour permettre aux Britanniques de partir cet été au soleil, s'est fait dans la confusion, donnant lieu à des fuites contradictoires dans la presse et des annonces changeantes.
Alors que seuls quelques pays méditerranéens étaient évoqués au départ, les exemptions concernent finalement plusieurs dizaines de pays. Le gouvernement avait évoqué une mise en place dès le 6 juillet, avant de la repousser au 10 juillet, et a tardé toute la semaine avant de les annoncer, mettant en cause la résistance des autorités écossaises dirigées par les indépendantistes, au grand dam des professionnels du tourisme. Vendredi matin encore, le tabloïd The Daily Mail affirmait que la France avait été exclue au dernier moment.
Le Royaume-Uni compte le plus grand nombre de décès du coronavirus en Europe (44.000 morts), mais le nombre de cas ralentit et le pays a commencé à lever les restrictions imposées durant le confinement qui a duré trois mois.
Dans un communiqué, le ministère des Transports a toutefois indiqué que Londres n'hésiterait pas à réimposer des restrictions si le nombre de contaminations devait augmenter dans les pays vers lesquels le Royaume-Uni s'ouvre à nouveau. Le Premier ministre Boris Johnson doit appeler vendredi la population à agir de manière responsable, lors d'une conférence de presse organisée à la veille d'une étape majeure du déconfinement en Angleterre avec la réouverture des pubs, restaurants, salons de coiffure, musées et cinémas.
Ce déconfinement est un tournant délicat pour le gouvernement, qui a dû fermer de nouveau écoles et commerces non essentiels dans la ville de Leicester (centre de l'Angleterre) face à la multiplication des contaminations.
"Nous ne sommes pas encore tirés d'affaire", va mettre en garde Boris Johnson, selon des extraits de son discours transmis par ses services. "Le virus est toujours parmi nous et le pic de cas à Leicester l'a démontré".


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