Poème d’ici

Poème d’ici de Katia-Sofia Hakim

Poème d’ici de Katia-Sofia Hakim

D.R.

Katia-Sofia Hakim est une poète et musicologue franco-libanaise née en 1988 à Bayonne. Critique littéraire, elle est membre du comité de rédaction et directrice de la communication de Place de la Sorbonne, revue internationale de poésie contemporaine éditée aux Sorbonne Université Presses (SUP). Résolument modernes, ses poèmes en français et en espagnol sont publiés dans des anthologies et des revues en France, en Espagne, en Italie, au Mexique et au Liban. Professeur agrégée de musique diplômée du Conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSMDP), elle enseigne à la Faculté des lettres de Sorbonne Université, à l'Université Sorbonne-Nouvelle, et à l’Université de Grenade en Espagne. Chercheuse invitée à l’Archivo Manuel de Falla de Grenade, elle prépare une thèse de doctorat sur le théâtre musical de Manuel de Falla.

Vingt-neuf

La nuit est lente comme un train de banlieue. Dernier hiver de ma vingtaine. Mes hanches, deux points, ouvrent les guillemets : je suis maigre comme à dix-sept ans. La neige porte les pas de ma mère. Le temps crisse dans un violon, chagrin, chagrin, d’une voiture qui ne démarre pas.

J’ai battu les blancs des yeux. Ma couleur dans les cheveux fondrait-elle bientôt ? La nuit en pente comme un train de banlieue perce la laine des vieux manteaux bleus.

Halogène

Je suis l’insecte brûlant

qui fume

sur une ampoule. Pendant

que tes vertèbres se tassent

à écrire, je m’évapore

dans un drapé de métal.

Il te restera de moi

cette odeur

ocre au plafond, une

odeur vive et hurlante d’un

temps

qui s’est écroulé.


Katia-Sofia Hakim est une poète et musicologue franco-libanaise née en 1988 à Bayonne. Critique littéraire, elle est membre du comité de rédaction et directrice de la communication de Place de la Sorbonne, revue internationale de poésie contemporaine éditée aux Sorbonne Université Presses (SUP). Résolument modernes, ses poèmes en français et en espagnol sont publiés dans des...

commentaires (0)

Commentaires (0)