À Riyad, un athlète saoudien en plein entraînement, le 23 juin, après avoir pris toutes les mesures de protection contre le coronavirus. Ahmad Yosri/Reuters
La pandémie de Covid-19 continue de se propager sur le continent américain et connaît des résurgences de foyers localisés en Europe, illustrées par le reconfinement hier de deux cantons allemands.
Submergée au printemps par la maladie, l’Europe achève de lever les restrictions, face au recul de l’épidémie qui a fait près de 470 000 morts dans le monde. Au Royaume-Uni, pays le plus touché en Europe, pubs, hôtels et restaurants, mais aussi coiffeurs, musées ou parcs d’attractions, cinémas, bibliothèques et installations sportives en extérieur rouvriront le 4 juillet, dans la seule Angleterre.
Mais en Allemagne, plus de 600 000 habitants de deux cantons ont été reconfinés hier après l’apparition d’un foyer de contaminations dans un abattoir, au lendemain d’un rétablissement partiel des restrictions dans la région de Lisbonne, qui suscite des inquiétudes pour la saison touristique au Portugal.
Et en Italie, des autorités médicales s’inquiètent d’une possible seconde vague, en raison du relâchement général de la population.
Cette « seconde vague » de contaminations, la Corée du Sud a admis hier y faire face depuis mi-mai, avec de 35 à 50 nouveaux cas quotidiens, essentiellement à Séoul et ses environs.
Car la pandémie « continue de s’accélérer », a averti le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Bien plus qu’une crise sanitaire, c’est une crise économique, sociale et, dans de nombreux pays, politique. Ses effets se feront sentir sur des décennies. »
La chute actuelle du commerce dans le monde « est d’une ampleur inégalée – ce serait en fait la plus forte jamais enregistrée », a estimé hier le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Roberto Azevedo, tout en soulignant qu’elle « aurait pu être bien pire ». Les constructeurs automobiles européens prévoient une dégringolade historique de 25 % des ventes en 2020 dans l’UE. Dans la zone euro, le repli de l’activité du secteur privé a continué en juin, mais à un rythme moins marqué que durant le confinement, selon le cabinet Markit, qui note une « expansion » pour la première fois en quatre mois en France et un fort rebond au Royaume-Uni.
Dans un rapport hier, l’Unesco souligne aussi les potentiels ravages sans précédent chez les traditionnels laissés-pour-compte de l’éducation. « Les expériences du passé (...) ont montré que les crises sanitaires pouvaient laisser un grand nombre de personnes sur le bord du chemin, en particulier les filles les plus pauvres, dont beaucoup risquent de ne jamais retourner à l’école », y explique sa directrice, Audrey Azoulay.
On enterre la nuit entre 10 et 12 cadavres
Sur le continent américain, la contagion ne faiblit pas. Aux États-Unis, pays le plus endeuillé par le Covid-19, le bilan a dépassé les 120 000 morts. En Amérique latine, actuel épicentre de l’épidémie, le Brésil reste le deuxième pays le plus touché au monde (51 271 morts). Le Honduras, petit pays de 9 millions d’habitants, est submergé par les morts, officiellement au nombre de 300 mais probablement cinq fois plus nombreux, estime Jesus Moran, secrétaire de l’Association des pompes funèbres. Dans le nord du pays, on « enterre la nuit entre dix et douze cadavres » et dans les quartiers les plus misérables, les gens meurent chez eux sans être testés, affirme-t-il. « La morgue ne marche plus, les cadavres sont en état de décomposition », s’est alarmé le président du syndicat du personnel de l’hôpital Escuela de Tegucigalpa, où il a fallu monter à la hâte des tentes pour accueillir les patients toujours plus nombreux.
Par ailleurs, le ministère iranien de la Santé a annoncé hier 121 décès supplémentaires liés au nouveau coronavirus, bilan quotidien le plus élevé en Iran depuis plus de deux mois. Avec ces décès enregistrés au cours des dernières 24 heures, le nouveau bilan s’élève à 9 863, a indiqué la porte-parole du ministère, Sima Sadat Lari, lors d’une conférence de presse.
Enfin, la Turquie a franchi la barre des 5 000 morts en lien avec la pandémie de coronavirus avec 27 nouveaux décès annoncés hier par le ministre de la Santé. L’épidémie a fait au total 5 001 morts parmi 190 165 cas recensés en Turquie, selon le dernier bilan. Afin de permettre à l’économie de repartir, la Turquie a levé ces dernières semaines la plupart des mesures qui avaient été prises pour endiguer la propagation du virus. Mais à la mi-juin, les chiffres de contaminations quotidiennes ont doublé par rapport au début du mois avec environ 1 500 nouveaux cas par jour.
Le Covid-19 a tué officiellement au moins 469 060 personnes dans le monde et en a contaminé plus de 9 millions, depuis que la Chine a fait état de l’apparition en décembre de la maladie.
Source : AFP

