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Moyen-Orient - Nucléaire

Les Européens durcissent le ton face à l'Iran avec une résolution de l'AIEA

Les ministres des Affaires étrangères allemand, britannique et français ont insisté sur la nécessité de privilégier "le dialogue et la diplomatie" vis-à-vis de l'Iran, par opposition aux nouvelles sanctions réclamées par les Américains.

Les Européens durcissent le ton face à l'Iran avec une résolution de l'AIEA

Image de l'intérieur de la centrale nucléaire iranienne de Natanz. Photo d'archives Handout via AFP

Les Européens ont durci le ton face à l'Iran et fait adopter par l'AIEA une résolution admonestant le pays qui refuse l'inspection de deux sites suspects, dernier litige en date dans le dossier nucléaire iranien où les Etats-Unis exhortent à plus de fermeté.

Le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a approuvé vendredi un rappel à l'ordre formel de Téhéran, qui est aussi la première résolution critique vis-à-vis de l'Iran depuis 2012. A ce stade, l'adoption du texte a d'abord une portée symbolique mais peut être le prélude à une transmission du contentieux au Conseil de sécurité de l'ONU habilité à prendre des sanctions.

Ce vote intervient dans un contexte de tensions croissantes à propos du programme nucléaire de la République islamique qui, au cours des douze derniers mois, s'est affranchie de nombreux engagements en représailles au retour des sanctions américaines sur son économie.

Le texte, élaboré par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, rappelle l'Iran à ses obligations de coopérer avec le gendarme du nucléaire alors que la République islamique refuse depuis janvier l'accès à deux sites suspectés d'avoir abrité des activités nucléaires non déclarées il y a plus de 15 ans.

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Les Etats-Unis auraient souhaité une formulation plus sévère mais ont salué cette étape qui "change la donne", a déclaré à la presse le diplomate américain Christopher Ford, chargé de la non-prolifération. La balle est dans le camp de l'Iran, a pour sa part lancé l'ambassadrice américaine auprès de l'AIEA, Jackie Wolcott, laissant entendre que d'autres initiatives suivraient si Téhéran persistait à rejeter les demandes de l'agence.

Résolution "contreproductive"

Sur 35 Etats membres du Conseil des gouverneurs, réuni à Vienne au siège de l'AIEA, seules la Russie et la Chine ont voté contre cette résolution, ouvrant une brèche dans le bloc formé avec les trois pays européens qui restent, comme eux, parties à l'accord de 2015. L'ambassadeur russe auprès de l'agence, Mikhaïl Oulyanov, a dit craindre que le texte ait un effet "contreproductif".

Téhéran, par la voie de son représentant à l'AIEA, a averti que le pays allait répondre "par les actions qui s'imposent", estimant que le degré de coopération avec l'agence onusienne pourrait en pâtir.

L'inspection des sites nucléaires iraniens par les agents de l'AIEA est un élément clef de cette coopération et de l'accord international de 2015 conclu pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Depuis que les Etats-Unis ont dénoncé unilatéralement ce texte en 2018 et que l'Iran a répliqué en relançant ses activités d'enrichissement d'uranium, la survie du pacte ne tient plus qu'à un fil et notamment à la poursuite des inspections de l'AIEA en Iran.

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Ces vérifications se déroulent sans entrave sur les installations nucléaires où la République islamique mène actuellement des activités d'enrichissement d'uranium. Mais elles se heurtent à la résistance des Iraniens sur deux sites plus anciens, à priori désaffectés, où l'Iran aurait mené des activités non déclarées au début des années 2000. Rien n'indique que ces activités constituent une quelconque menace à l'heure actuelle, mais l'AIEA veut en avoir le coeur net.

Pas d'inspections "à la carte"
Il serait "absolument inacceptable" de faire "une exception" montrant que les Etats peuvent être sélectifs dans leur coopération avec l'AIEA, a déclaré à l'issue du vote le directeur général de l'agence Rafael Grossi. "Il n'y a pas de protocole additionnel à la carte", a-t-il insisté en référence au texte régissant le régime des vérifications.

Téhéran considère au contraire ne pas avoir à satisfaire les demandes "fondées sur des allégations malveillantes fabriquées par (ses) ennemis" et accuse Israël d'avoir transmis à l'agence les documents incriminant les sites suspects.

A l'issue d'une rencontre vendredi à Berlin, les ministres des Affaires étrangères allemand, britannique et français ont insisté sur la nécessité de privilégier "le dialogue et la diplomatie" vis-à-vis de l'Iran, par opposition aux nouvelles sanctions réclamées par les Américains. Mais ils se sont également prononcés contre la levée de l'embargo sur les armes visant l'Iran, rejoignant sur ce point les Etats-Unis.

L'administration américaine fait pression pour obtenir une prolongation de l'embargo sur les ventes d'armes internationales à la République islamique, qui doit être levé progressivement à partir d'octobre. Téhéran a prévenu que prolonger l'embargo tuerait définitivement l'accord nucléaire de 2015, privant ainsi la communauté internationale de tout droit de regard sur le programme nucléaire iranien.


Les Européens ont durci le ton face à l'Iran et fait adopter par l'AIEA une résolution admonestant le pays qui refuse l'inspection de deux sites suspects, dernier litige en date dans le dossier nucléaire iranien où les Etats-Unis exhortent à plus de fermeté.Le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a approuvé vendredi un rappel à l'ordre formel...

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