Qu’est-ce qu’une image violente au cinéma, dans les films télévisés ou bien encore dans les DVD Playstations ? C’est en général une image qui déclenche un stress, une souffrance psychique. Par exemple, des scènes de guerre où l’on traîne un adversaire vivant avec une corde liée à une voiture à travers les rues au vu et au su de tous les spectateurs et joueurs de batailles acharnées pour démolir les adversaires sur l’écran et les faire disparaître.
Alors que les images neutres provoquent plutôt du plaisir, les images violentes provoquent des émotions pénibles et des réactions de défi comme la révolte, l’angoisse, la peur, la colère et le dégoût. Une image violente bloque le travail de la pensée. Cela signifie qu’on a du mal à la digérer et même à en parler, on garde un silence troublant et un souvenir amer.
Pour certaines personnes, ces images les fascinent parce qu’elles réveillent en elles des traumatismes causés par des drames qu’elles ont peut-être vécus. Pour d’autres, les images violentes les sidèrent à cause de leur montage, du son qui les accompagne, des chocs de lumière, de la musique qui intensifie l’action sur une scène poignante. Elles provoquent une accélération du rythme cardiaque, des phénomènes de transpiration lorsque le spectateur est apparemment encore jeune. Même certaines jeunes filles préfèrent quitter la salle de cinéma quelques minutes pour reprendre leur souffle et retourner à leurs places.
Une fille de douze ans qui avait assisté à un film violent de Steven Spielberg au cinéma avec ses parents a littéralement mouillé sans le vouloir le siège sur lequel elle était assise au cinéma ainsi que la moquette pour se dégager de sa peur.
Si certains films malmènent les individus, pourquoi les recherchent-ils? Parce qu’ils sont, ou ont été, malmenés dans la vie. Parfois, nous subissons un tas de pressions dont nous avons du mal à parler : une observation injuste au bureau, la peur d’être mis à l’écart, l’impression pour un adolescent d’être mal aimé par ses parents ou de se faire ridiculiser par des camarades de classe. Il nous est aussi parfois difficile d’identifier ce qui nous stresse et tout cela nous travaille l’esprit dans nos moments de répit ou le soir avant de dormir. Alors, quand on voit un film qui met en scène des situations stressantes, oppressantes, on se sent soulagé. On pense au film plutôt qu’à soi au lieu de se remémorer nos problèmes personnels.
Oui, les adolescents sont concernés par la violence filmée car ils vivent de forts changements dans leur corps et leur esprit à l’adolescence. Ils sont confrontés à la puberté, à la découverte de la sexualité du monde des adultes. Ils recherchent des images violentes et des émotions fortes parce qu’ils ont l’impression que c’est une porte d’entrée dans le domaine des personnes mûres. Voir un film interdit aux moins de dix-huit ans ou de seize ans est une sorte de rite : une étape à franchir pour prouver inconsciemment à ses amis et à ses parents qu’on est déjà adulte.
Les images violentes rendent-elles le visionneur violent ? Certains auteurs de faits divers se justifient en disant s’être inspirés de tel ou tel film, ou d’avoir entendu cette insulte au cinéma, mais en réalité cela ne se passe pas de cette façon. Les images violentes ne donnent pas le désir d’être violent. Elles peuvent simplement fournir des modes d’emploi à ceux qui en recherchent. Cela dit, elles ont des effets différents si elles sont vues en groupe ou pas.
Quand on est seul devant des images violentes, on ressent des émotions pénibles : il faut qu’on ait quelqu’un à qui en parler. Ou bien qu’on puisse les mettre en scène, « pour prouver que c’est du faux », en rejouant la scène dans notre imagination. Les enfants d’habitude digèrent la violence lors de leurs jeux Playstation.
Mais en groupe, si on ne peut pas jouer, on cherche à être réconforté, on fait bloc avec les autres. Les images violentes accroissent le désir de suivre les règles du groupe. Il y a alors le risque d’être entraîné dans des comportements violents si c’est la règle du groupe. On peut même commettre des actes de violence, briser des vitrines ou se battre ou commettre des blessures et proférer des menaces contre la société ou les écoles comme on l’a vu précédemment dans la presse à plusieurs reprises ou aux nouvelles de la télévision.
Une fille seule face à des images violentes réagit-elle comme un garçon ? Non ! Elle parle davantage, cherche plus à dénouer par des mots les tensions ressenties. En groupe, en revanche, les filles renoncent à leurs particularités (le dialogue, la recherche de l’apaisement) et comptent plus que les garçons sur la solidité du groupe d’amies pour résoudre leur malaise en apportant leur propre vision sur ce genre de films.
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