Le leader druze libanais Walid Joumblatt. Photo d'archives Joseph Eid/AFP
Le leader druze libanais et chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt a critiqué lundi le discours prononcé samedi par le Premier ministre Hassane Diab dans lequel ce dernier avait dénoncé une "tentative de coup d’État", sans en mentionner les auteurs. M. Joumblatt a affirmé que la première cible du "coup d’État" dénoncé par le Premier ministre n'est pas le gouvernement lui-même, mais les réformes que le Liban doit mener pour rétablir son économie, qui traverse une crise profonde.
Hassane Diab avait annoncé samedi dans un message à la nation l’échec d’une « tentative de coup d’État », à travers l’effondrement de la livre libanaise face au dollar et les tensions confessionnelles de la semaine dernière, tirant à boulets rouges contre le Courant du Futur de Saad Hariri, mais sans le citer.
"De quel coup d’État parle le Premier ministre ?, se demande le chef du PSP sur son compte Twitter. "À mon avis, écrit-il, le coup d’État s'est fait contre les réformes, le retour à (l'approbation de la construction de la centrale de) Selaata, et les disparités dans les chiffres des finances, ainsi que l'échec dans les discussions avec les instances internationales".
Walid Joumblatt a ensuite mis en garde contre "la dépense des réserves financières, la contrebande, le vol de la richesse nationale en nourriture ou en mazout", en référence au trafic de blé et de mazout vers la Syrie, via des points de passage illégaux. "Le contrôle des frontières est bien plus qu'un devoir", a conclu le chef druze.
Pour tenter d'enrayer la dépréciation galopante de la livre, le gouvernement a promis d'injecter des dollars sur le marché des changes local. Ces dollars seront puisés dans les réserves de la Banque centrale. Pour de nombreux responsables de l'opposition, cet argent ne fera qu'alimenter le trafic entre la Syrie et le Liban.


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