CONCOURS

De Bint Jbeil aux Nations unies en passant par l’USJ !

Yara Baydoun, jeune étudiante en traduction à l’école des traducteurs et d’interprètes de Beyrouth (ETIB) de l’USJ, gagne le concours des Nations unies Saint-Jérôme.

De Bint Jbeil aux Nations unies en passant par l’USJ !

La jeune lauréate du concours Saint-Jérôme, Yara Baydoun, estime que la traduction est une profession en demande continue, notamment à l’ère de la mondialisation. Photo Ahmad Baydoun

Étudiante en troisième année de licence de traduction à l’école des traducteurs et d’interprètes de Beyrouth (ETIB) de l’Université Saint-Jospeh de Beyrouth (USJ), Yara Baydoun, 21 ans, vient de remporter le concours des Nations unies pour la traduction Saint-Jérôme. La jeune lauréate, qui souligne qu’un bon traducteur doit être « confiant, cultivé, objectif et maître de ses langues », raconte : « Au début, j’ai été quelque peu découragée. En effet, je sais qu’en général, les Égyptiens sont de très bons traducteurs. Ils occupent les meilleurs postes dans le monde. Et dans la plupart des cas, les livres de traduction arabe sont réalisés par des Égyptiens. C’était donc un défi pour moi de participer et de gagner. »

Revenant sur les modalités du concours, elle poursuit : « Le texte source (anglais) est de type littéraire. C’est un mélange de narration, description et discours. Il parle de la star Tina Turner. Le traduire pose plusieurs difficultés de types culturel, stylistique et linguistique. » Pour surmonter ces obstacles, la jeune étudiante effectue des recherches. « Pour la description de la résidence de Mme Turner par exemple, j’ai consulté des images pour visualiser l’endroit. Mais vu la rareté des images, j’ai dû lire des dizaines d’articles qui abordent ce sujet, pour que l’image de la maison se clarifie dans ma tête », précise-t-elle.

La jeune lauréate, qui a déjà pris part à ce concours l’année dernière, ne comptait pas renouveler l’expérience. « Lors de ma deuxième année, après avoir reçu un mail de l’USJ, j’ai appris l’existence de la compétition et j’ai décidé d’y participer, mais malheureusement je n’ai pas gagné », confie-t-elle.

Cette année, les choses se sont faites différemment, quelques jours avant la date limite de soumission des candidatures, la cheffe de département la contacte et lui rappelle de lui envoyer son texte. « Je ne voulais pas la décevoir ; j’ai donc fait le tout en deux jours et je l’ai envoyé », poursuit Yara Baydoun. La jeune étudiante, qui ambitionne de poursuivre un master en banque et affaires, estime que ses acquis à l’université étaient suffisants pour gagner cette compétition, mais que ses lectures quotidiennes, qui constituent l’un de ses passe-temps favoris, l’ont grandement aidée.

« J’ai beaucoup appris de la crise du Covid-19 : comment gérer mon temps surtout », indique-t-elle joyeusement. En effet, l’étudiante indique qu’elle passe son temps à lire, à écrire pour Campus-J, le journal des étudiants de l’Université Saint-Joseph, et à participer à des compétitions de traduction.

La jeune lauréate confie avoir choisi d’étudier la traduction au début pour l’amour de la langue arabe, mais elle fut vite « obligée de travailler son anglais et son français ». Elle est la première de sa famille à s’intéresser à la traduction. « Une profession qui en demande beaucoup, notamment à l’ère de la mondialisation et des changements continus. Aujourd’hui, toute idée, aussi petite soit-elle, qui vise à l’internationalisation ne peut atteindre sa finalité sans passer par la traduction », estime-t-elle.

Zoom sur le concours

Lancé le 30 septembre 2019 comme projet de la campagne #PowerOfLanguages (pouvoir des langues) à l’occasion de la Journée internationale des langues, le concours Saint-Jérôme est organisé par la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (Eescwa-Cesao). Il rassemble des professionnels de la traduction, des amateurs et des étudiants du monde entier, unis par un texte farfelu soigneusement sélectionné pour tester leurs prouesses linguistiques et leur éloquence. Le concours souligne les valeurs de multilinguisme et de diversité en illustrant la façon dont la traduction transmet au monde des idées qui auraient, autrement, sombré dans l’oubli.

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Étudiante en troisième année de licence de traduction à l’école des traducteurs et d’interprètes de Beyrouth (ETIB) de l’Université Saint-Jospeh de Beyrouth (USJ), Yara Baydoun, 21 ans, vient de remporter le concours des Nations unies pour la traduction Saint-Jérôme. La jeune lauréate, qui souligne qu’un bon traducteur doit être « confiant, cultivé, objectif et...

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