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Pour l'inspecteur limogé par Trump, le département d'Etat savait qu'il enquêtait sur Pompeo

Pour l'inspecteur limogé par Trump, le département d'Etat savait qu'il enquêtait sur Pompeo

Photo datant du 2 octobre 2019 de l'inspecteur général de la diplomatie américaine Steve Linick, qui dit avoir été renvoyé alors qu'il menait des enquêtes potentiellement gênantes pour le secrétaire d'État Mike Pompeo. REUTERS/Jonathan Ernst/File Photo

L'inspecteur général de la diplomatie américaine limogé mi-mai par Donald Trump a déclaré que le département d'Etat savait qu'il enquêtait à ce moment-là sur deux dossiers potentiellement gênants pour le ministre Mike Pompeo, contrairement à ce qu'affirme ce dernier.

Steve Linick a même dit, le 3 juin lors d'une audition parlementaire à huis clos dont la transcription a été publiée mercredi, que le sous-secrétaire d'Etat américain Brian Bulatao, un proche de Mike Pompeo, avait "tenté" de l'"intimider" pour qu'il renonce à une de ces enquêtes.

Steve Linick, nommé par l'ex-président des Etats-Unis Barack Obama à ce poste visant à contrôler, en toute indépendance, l'action du département d'Etat américain, a été remercié par l'actuel locataire de la Maison Blanche à la demande expresse du secrétaire d'Etat. Or, les parlementaires démocrates ont ensuite révélé que Steve Linick enquêtait sur plusieurs dossiers embarrassants pour le chef de la diplomatie américaine.

D'une part, il venait d'ouvrir une enquête sur des plaintes accusant Mike Pompeo et son épouse Susan d'avoir exigé d'un agent salarié avec l'argent du contribuable de sortir leur chien ou d'aller chercher leurs vêtements au pressing. D'autre part, il était sur le point de boucler une investigation sur le recours contesté par le ministre à une procédure d'urgence pour débloquer des ventes d'armes à l'Arabie saoudite malgré l'opposition du Congrès américain.

"Acteur néfaste"

Le ministre a balayé ces soupçons comme étant "dingues". Et a assuré qu'il n'était pas au courant de ces enquêtes et que le limogeage ne pouvait donc être considéré comme un acte de représailles. Devant le Congrès, sous serment, l'inspecteur a pourtant expliqué que Mike Pompeo était personnellement au courant de l'enquête sur le ventes d'armes à Riyad.

"Nous avons demandé à pouvoir interroger le secrétaire d'Etat fin 2019", a-t-il dit. "Il a envoyé des réponses écrites" mais "n'a pas accepté un entretien direct", a-t-il rapporté, assurant avoir insisté, en vain. C'est au sujet de cette enquête que le sous-secrétaire d'Etat Brian Bulatao a, selon lui, tenté à plusieurs reprises mais sans succès de l'"intimider" pour qu'il y renonce. Au sujet de l'autre enquête, sur "des accusations liés à l'utilisation inappropriée des ressources de l'Etat" par le couple Pompeo, Steve Linick a reconnu n'en avoir "jamais parlé directement avec le secrétaire d'Etat".

Mais il a assuré avoir prévenu Brian Bulatao, le vice-secrétaire d'Etat Steve Biegun et d'autres hauts responsables du cabinet ministériel que ses services allaient réclamer des documents à ce sujet. "Je ne voulais pas qu'ils soient surpris", a-t-il ajouté, expliquant que le "septième étage" du "State Department", celui du bureau de Mike Pompeo, était donc au courant de cette enquête sensible.

Interrogé lors d'une conférence de presse, le secrétaire d'Etat a botté en touche mercredi, expliquant n'avoir pas encore lu la transcription de l'audition. "Voilà ce que je peux vous dire: Steve Linick était un acteur néfaste" qui "n'a pas mené à bien la mission d'améliorer le département d'Etat", a seulement martelé Mike Pompeo. "Mon erreur a été de garder M. Linick tout ce temps."

Le ministre des Affaires étrangères lui a reproché de ne pas avoir enquêté sur des soupçons de fuites émanant des services de l'inspecteur général au sujet "d'un document politiquement très sensible visant à détruire la carrière d'un responsable du département d'Etat".

Selon des parlementaires démocrates, l'administration Trump n'a pas réussi à démontrer que le président n'avait pas limogé l'inspecteur "pour dissimuler la mauvaise conduite" de Mike Pompeo. "Que tentent-ils de cacher?", ont demandé ces élus dans un communiqué, appelant une nouvelle fois les dirigeants du département d'Etat à répondre aux questions du Congrès, eux aussi sous serment.

L'inspecteur général de la diplomatie américaine limogé mi-mai par Donald Trump a déclaré que le département d'Etat savait qu'il enquêtait à ce moment-là sur deux dossiers potentiellement gênants pour le ministre Mike Pompeo, contrairement à ce qu'affirme ce dernier.Steve Linick a même dit, le 3 juin lors d'une audition parlementaire à huis clos dont la transcription a été publiée mercredi, que le sous-secrétaire d'Etat américain Brian Bulatao, un proche de Mike Pompeo, avait "tenté" de l'"intimider" pour qu'il renonce à une de ces enquêtes.Steve Linick, nommé par l'ex-président des Etats-Unis Barack Obama à ce poste visant à contrôler, en toute indépendance, l'action du département d'Etat américain, a été remercié par l'actuel locataire de la Maison Blanche à la demande expresse du secrétaire d'Etat....