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Au lycée franco-libanais de Verdun, blocage financier total entre parents d’élèves et direction

Le président du comité de parents d’élèves, Maan el-Amine, répond aux arguments de la Mission laïque française.

Au lycée franco-libanais de Verdun, blocage financier total entre parents d’élèves et direction

Le Lycée franco-libanais de Verdun. Photo tirée du site web de l’institution

« Mettez en suspens le paiement du troisième trimestre. Et ouvrez les inscriptions pour l’année scolaire à venir, indépendamment de la question litigieuse. » L’appel à la Mission laïque française du comité de parents d’élèves du Lycée franco-libanais de Verdun est clair. Il vient en réponse à la « main tendue » du directeur général de la MLF, Jean-Christophe Deberre, annoncée le 3 juin dernier à travers L’Orient-Le Jour. Loin d’avoir fait l’unanimité, les arguments de l’établissement à but non lucratif n’ont pas convaincu, ni ses engagements de transparence. Car l’inscription des élèves pour l’année prochaine est conditionnée par le paiement du 3e trimestre de l’année scolaire en cours, même à tempérament. Un 3e trimestre qui s’est déroulé à distance, coronavirus oblige, occasionnant une baisse sensible des frais de fonctionnement des établissements scolaires, martèlent les parents d’élèves. Ils réclament donc une révision des factures dans ce sens, aussitôt rejoints par le ministre de l’Éducation Tarek Majzoub, qui a invité les administrations scolaires à publier des budgets scolaires annexes postconfinement. Mais pour la MLF qui annonce un déficit record de 8,3 milliards de LL pour l’année scolaire en cours, il est « hors de question » de revoir à la baisse la facture du troisième trimestre. « Des licenciements pourraient être envisagés », prévient-elle, la fermeture de l’établissement de Verdun n’étant pas écartée.

L’avance sur la cherté

Dans une réponse aux arguments de la MLF, le président du comité de parents d’élèves du LFLV, Maan el-Amine, donne sa version des faits. Partant des impératifs « de ne pas lier la réinscription des élèves pour l’année prochaine au paiement du 3e trimestre », et « de respecter la loi et les décisions de justice », M. Amine donne le ton. Entre la MLF et les parents d’élèves la faille est profonde, mais réversible. « Élèves et parents sont attachés » à l’établissement et son enseignement de qualité. Ils ont bien « l’intention de lui renouveler leur engagement ». Mais sous conditions. Car la confiance s’est érodée entre les deux parties depuis les bisbilles alimentées par l’adoption en août 2017 de la loi 46. Une loi décriée de part et d’autre, car elle accorde des augmentations de salaires et six échelons supplémentaires aux enseignants du privé notamment. Forcément, une telle loi ne pouvait qu’impliquer des hausses importantes des frais d’écolages. Et face aux protestations des parents d’élèves touchés par la crise économique, la MLF a annoncé le gel des hausses de frais de scolarités durant trois ans. Entre-temps, « les parents des élèves ont assumé plusieurs augmentations ».

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« Contrairement à ce que dit Jean-Christophe Deberre, ce sont bien les parents d’élèves et non la MLF qui ont assumé le poids de la loi 46 », insiste Maan el-Amine. « Ils ont payé dès 2013 une avance sur la cherté de vie accordée aux enseignants, avec effet rétroactif jusqu’à 2012. Et ce sur base d’une entente entre les comités de parents d’élèves, l’établissement scolaire et le ministère de l’Éducation, en plus des augmentations des écolages », assure le représentant de parents d’élèves. « Entre 2006 et 2016, les frais de scolarité du LFLV ont été multipliés par trois, révèle-t-il. Au point d’atteindre quelque 10 millions de LL par an en moyenne par enfant. »

La question des écolages demeure à la base du conflit entre les deux parties, dans une situation économique qui ne fait qu’empirer. C’est dans ce sens que le comité de parents d’élèves du LFLV réclame en décembre 2019 de vérifier le budget de l’établissement. « Après étude du budget et réunion avec la direction, nous réclamons des documents supplémentaires, certains chiffres n’étant pas clairs. Mais ces chiffres ne sont pas disponibles », regrette M. Amine. D’une réunion à une autre, « dans une ambiance toujours constructive », le comité de parents d’élèves reçoit et accepte une deuxième version du budget scolaire. « Le bilan de l’année précédente manque encore et nous empêche d’y apposer notre signature finale », explique-t-il. Le comité de parents obtient finalement la promesse que le rapport du cabinet d’audit doit être rendu le 15 mars 2020, qu’il aura accès à tous les documents manquants, et que l’exercice pourra être finalisé.

Factures envoyées malgré une décision officielle

Survient alors la pandémie de coronavirus, avec les nouveaux défis liés à l’enseignement à distance. Le comité de parents reçoit les documents réclamés à la mi-avril. Mais il estime que « vu la situation du pays, qui traverse deux crises, économique et sanitaire, un budget de crise doit être envisagé ». En même temps, le ministre de l’Éducation invite les écoles privées à lui soumettre avant le 22 mai un budget annexe sur base de la loi 515, qui tienne compte de la fermeture des écoles et de la baisse de leurs frais opérationnels. « Contre notre avis et contre la décision de l’État, la direction envoie les factures du 3e trimestre et en exige le paiement avant le 20 juin », déplore le président, qui rappelle l’importante baisse du pouvoir d’achat des parents d’élèves.

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Le blocage sur la question financière est total. Non seulement la MLF lie la réinscription des élèves au règlement du 3e trimestre, mais le ton « menaçant » utilisé par l’établissement déplaît fortement, et « les excuses présentées par Jean-Christophe Deberre n’y changeront rien ». « Des messages SMS ont été adressés aux parents et aux élèves, les invitant à noter que leur réinscription ne sera pas effective si le 3e trimestre n’est pas payé », accuse M. Amine, dénonçant « un acte d’intimidation ». « Parents et élèves se sentent pris en otage. D’où la décision du comité de parents de recourir au juge des référés, car il considère qu’en ces temps de crise toutes les parties doivent faire un effort. » La justice a récemment tranché et « imposé à la MLF de ne pas fixer de date limite d’inscription ». Et les parents maintiennent leur réclamation « de geler le paiement du 3e trimestre, jusqu’à ce qu’il y ait un fondement légal définitif à la question ». « L’institution refusera-t-elle d’appliquer cette décision de justice, comme elle a refusé d’appliquer la décision ministérielle ? » demande Maan el-Amine. Sauf que s’invitent désormais les risques de licenciements, voire de fermeture de l’établissement de Verdun. « C’est un chantage illégal que nous rejetons, les écolages des deux premiers trimestres étant suffisants pour payer les salaires. »


« Mettez en suspens le paiement du troisième trimestre. Et ouvrez les inscriptions pour l’année scolaire à venir, indépendamment de la question litigieuse. » L’appel à la Mission laïque française du comité de parents d’élèves du Lycée franco-libanais de Verdun est clair. Il vient en réponse à la « main tendue » du directeur général de la MLF,...

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un petit effort les proffesseurs accepte 15% de moins pour leur salaire d el'annee 2020 le gouvernement elimine touts les frais et taxes imputes a l'ecole les parents payent en livres libanaise au taux de 1515 les montants demandees ON NE JOUE PAS A QUITTE OU DOUBLE AVEC LE SORT DES ENFANTS LA VERITE OU EST LA FRANCE DANS TOUT CA POUR AIDER UN PEU LES INSTITUES SCOLAIRES FRANCAISES AU LIBAN?

LA VERITE

17 h 19, le 10 juin 2020

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Commentaires (2)

  • un petit effort les proffesseurs accepte 15% de moins pour leur salaire d el'annee 2020 le gouvernement elimine touts les frais et taxes imputes a l'ecole les parents payent en livres libanaise au taux de 1515 les montants demandees ON NE JOUE PAS A QUITTE OU DOUBLE AVEC LE SORT DES ENFANTS LA VERITE OU EST LA FRANCE DANS TOUT CA POUR AIDER UN PEU LES INSTITUES SCOLAIRES FRANCAISES AU LIBAN?

    LA VERITE

    17 h 19, le 10 juin 2020

  • WALAW, 8 MILLIARDS DE LL ? EST CE TROP LOURD A SUPPORTER PAR LE TRESOR DE NOTRE MAMAN FRANCE ?

    gaby sioufi

    10 h 03, le 10 juin 2020