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Moyen-Orient - Repère

Les trois décennies de règne de Hafez el-Assad

Les dates-clés du régime de Hafez el-Assad, qui a gouverné la Syrie avec une poigne de fer pendant presque 30 ans.


Les trois décennies de règne de Hafez el-Assad

Dans cette photo prise le 8 juin 1996, le président égyptien Hosni Moubarak (à gauche) se tient aux côtés du président syrien Hafez el-Assad (au centre) et du prince héritier Abdallah d'Arabie saoudite à l'aéroport de Damas. AFP / SANA POOL / -

Rappel des dates-clés du régime de Hafez el-Assad, qui a gouverné la Syrie avec une poigne de fer pendant presque 30 ans, écartant toute opposition à son régime.

- Accession au pouvoir -  
Le 16 novembre 1970, Hafez el-Assad, ministre de la Défense, prend le pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat, renversant le président Noureddine Atassi.
Ce coup de force, appelé officiellement "Mouvement de redressement", avait débuté trois jours auparavant quand, fort de ses soutiens dans l'armée, le général Assad avait évincé ses adversaires et leur chef de file, Salah Jedid, secrétaire général adjoint du parti Baas (au pouvoir depuis 1963).
Le 12 mars 1971, Hafez el-Assad se fait élire par référendum à la présidence. Il devient le premier chef d'Etat syrien issu de la communauté alaouite minoritaire (10% de la population), alors que la majorité est sunnite.

- Guerre contre Israël -  
Le 6 octobre 1973, l'Egypte et la Syrie déclenchent une offensive contre Israël, à l'ouest le long du canal de Suez et à l'est sur le plateau du Golan, afin de l'obliger à restituer les territoires conquis lors de la guerre de juin 1967.
Après de graves revers, l'armée israélienne reprend le dessus au prix de pertes sévères.
Un accord sur le désengagement des forces dans le Golan est signé en mai 1974.

- Intervention au Liban -  
A la mi-juin 1974, le président américain Richard Nixon, en visite à Damas, annonce le rétablissement des relations diplomatiques, rompues depuis 1967.
En juin 1976, les troupes syriennes entrent au Liban, avec le feu vert américain, à la demande des formations chrétiennes libanaises en mauvaise posture après 15 mois de guerre contre les forces "palestino-progressistes".
A partir de mai 1977, les soldats syriens, qui avaient pris le contrôle du pays, à l'exception de la zone frontalière avec Israël, se heurtent aux formations chrétiennes, qui contestent leur présence dans les régions qu'elles contrôlent.
La Syrie va exercer 30 ans de domination militaire et politique sur le Liban.

- Rupture avec l'Irak -  
En 1979, les relations entre la Syrie et l'Irak, gouvernés par des branches rivales du parti Baas, se détériorent, Saddam Hussein accusant Damas de complot après avoir pris le pouvoir.
En octobre 1980, l'Irak rompt ses relations diplomatiques avec la Syrie, en raison de son soutien à l'Iran, avec lequel il est en guerre.

- Répression impitoyable -  
En février 1982, les forces du régime répriment à Hama (centre) une insurrection d'islamistes. Les émeutes et les opérations militaires menées pendant environ un mois par les Brigades de défense, un corps d'élite dirigé par le frère d'Assad, Rifaat, font entre 10.000 et 40.000 morts, selon les sources.
Déjà, en 1979, après un attentat contre l'Académie militaire d'Alep (nord), qui avait provoqué la mort de 80 cadets, tous alaouites, le régime avait réagi durement contre les Frères musulmans, un mouvement sunnite islamiste, accusé d'avoir commis l'attentat.

- Rivalité entre Hafez et Rifaat -  
En novembre 1983, le président Assad, victime d'une crise cardiaque, est hospitalisé dans une clinique de Damas. Il sombre dans le coma pendant quelques heures, et son frère Rifaat tente de prendre le pouvoir, en vain.
Ce dernier, pilier du régime, est contraint en 1984 à quitter le pays.

- Rapprochement avec l'Occident -  
En 1990-1991, la Syrie resserre ses liens avec Washington, après l'effondrement de l'URSS avec laquelle elle était liée par "un traité d'amitié et de coopération" depuis 1980.
Damas se rallie aux forces multinationales de la coalition dirigée par les Etats-Unis contre Saddam Hussein, rival traditionnel d'Assad, après son invasion du Koweït.
En octobre 1994, le président américain Bill Clinton s'entretient à Damas avec le président syrien.
En juillet 1998, Hafez el-Assad effectue une visite d'Etat en France, la première depuis 22 ans dans un pays occidental, où il est accueilli chaleureusement par le président Jacques Chirac.

- Succession -  
Le 10 juin 2000, Hafez el-Assad décède à 69 ans. Jacques Chirac est le seul dirigeant occidental à faire le déplacement à ses obsèques.
Un mois plus tard, son fils Bachar, candidat unique à la présidence, est élu par plus de 97% des voix à l'issue d'un plébiscite.

Rappel des dates-clés du régime de Hafez el-Assad, qui a gouverné la Syrie avec une poigne de fer pendant presque 30 ans, écartant toute opposition à son régime.- Accession au pouvoir -  Le 16 novembre 1970, Hafez el-Assad, ministre de la Défense, prend le pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat, renversant le président Noureddine Atassi.Ce coup de force, appelé officiellement...
commentaires (3)

Bachar le Toutou, bien loin de son père qui était un maitre tacticien et faisait l'actualité au lieu de la subir; qui ne prenait jamais des décisions à chaud ou sous le coup de l’émotion et savait se replier quand nécessaire pour reprendre la main au moment opportun.

Liban Libre

12 h 22, le 10 juin 2020

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Commentaires (3)

  • Bachar le Toutou, bien loin de son père qui était un maitre tacticien et faisait l'actualité au lieu de la subir; qui ne prenait jamais des décisions à chaud ou sous le coup de l’émotion et savait se replier quand nécessaire pour reprendre la main au moment opportun.

    Liban Libre

    12 h 22, le 10 juin 2020

  • « Que Dieu me pardonne mais je ne puis m’empêcher de l’admirer » Cette phrase est de Henry Kissinger après un long entretien avec le Sphinx de Damas ou ce dernier a écouter son interlocuteur pendant des heures sans broncher puis un sorti un niet a tout ce qui a été discuté. Cet homme que je déteste par-dessus tout car il a manigancé lentement, patiemment froidement comme le joueur d’échec qu’il est la mise sous tutelle de mon pays je ne peux que reconnaitre son génie. Il a fait d’un pays moyen le centre de la région a joué les États-Unis contre l’URSS, a contrôle le Liban et l’OLP a traite d’égal à égal avec l’Iran sans jamais fermer la porte aux monarchies du Golfe, a fait le bon pari lors de la guerre du golfe en 1990 , a pu lentement récupérer le Liban après l’invasion Israélienne malgré une défaite cuisante, et a surtout pu régner sur un pays jadis connu pour ses coups d’états malgré la défaite de 1973 et le lâchage de Sadate. Il a été aussi celui qui a gardé le Hezbollah armé comme épines dans nos pieds en percevant à juste titre que ce dernier serait le seul allié fiable si l’armée syrienne devait quitter le pays. Je pourrais encore dire beaucoup sur Hafez mais je conclurais qu’heureusement très peu de ses gênes ont été transmis au second de ses fils.

    Liban Libre

    22 h 53, le 09 juin 2020

  • « Que Dieu me pardonne mais je ne puis m’empêcher de l’admirer » Cette phrase est de Henry Kissinger après un long entretien avec le Sphinx de Damas ou ce dernier a écouter son interlocuteur pendant des heures sans broncher puis un sorti un niet a tout ce qui a été discuté. Cet homme que je déteste par-dessus tout car il a manigancé lentement, patiemment froidement comme le joueur d’échec qu’il est la mise sous tutelle de mon pays je ne peux que reconnaitre son génie. Il a fait d’un pays moyen le centre de la région a joué les États-Unis contre l’URSS, a contrôle le Liban et l’OLP a traite d’égal à égal avec l’Iran sans jamais fermer la porte aux monarchies du Golfe, a fait le bon pari lors de la guerre du golfe en 1990 , a pu lentement récupérer le Liban après l’invasion Israélienne malgré une défaite cuisante, et a surtout pu régner sur un pays jadis connu pour ses coups d’états malgré la défaite de 1973 et le lâchage de Sadate. Il a été aussi celui qui a gardé le Hezbollah armé comme épines dans nos pieds en percevant à juste titre que ce dernier serait le seul allié fiable si l’armée syrienne devait quitter le pays. Je pourrais encore dire beaucoup sur Hafez mais je conclurais qu’heureusement très peu de ses gênes ont été transmis au second de ses fils.

    Liban Libre

    22 h 49, le 09 juin 2020

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