Terrorisme

Washington exhorte ses alliés à financer la lutte anti-EI malgré la crise

Des hommes soupçonnés d'être des membres de l'Etat islamique (EI) après leur capture par des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), le 22 février 2019, dans la province syrienne de Deir ez-Zor. AFP / Bulent Kilic

Les Etats-Unis ont exhorté jeudi leurs alliés à continuer à financer la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) malgré la crise économique née de la pandémie de nouveau coronavirus. Lors d'une réunion ministérielle virtuelle réunissant une trentaine de pays et organisations de la coalition internationale anti-EI, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a rappelé les réussites de la dernière année, avec la défaite du "califat" territorial instauré par le groupe jihadiste sur de larges territoires en Irak et en Syrie, et la mort, dans un raid américain, de son chef Abou Bakr al-Baghdadi.

"Cela dit, notre combat contre l'EI continue, et continuera encore à l'avenir. Nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers", a prévenu Mike Pompeo. "Nous devons continuer à éradiquer les cellules et réseaux de l'EI, et apporter notre assistance à la stabilisation dans les zones libérées en Irak et en Syrie", a-t-il poursuivi. "Il est vrai que la pandémie met tous nos budgets sous énorme pression, mais nous exhortons toutes vos nations à contribuer pour atteindre l'objectif de plus de 700 millions de dollars en 2020", a-t-il ajouté, sans dire combien il manquait à ce stade.

Selon le département d'Etat américain, la coalition anti-EI n'a enregistré à ce stade que des promesses de contributions pour près de 200 millions pour l'Irak et la Syrie, émanant de dix pays - dont cinquante millions des Etats-Unis pour le nord-est syrien.

Mike Pompeo a par ailleurs rappelé que Washington avait promis l'an dernier 100 millions de dollars pour soutenir l'Irak, dont le nouveau Premier ministre Moustafa al-Kazimi a été salué par les participants à la réunion de jeudi.

Le chef de la diplomatie américaine a aussi souligné que l'aide internationale devait permettre aux autorités locales, notamment en Syrie, d'assurer la détention des combattants étrangers membres de l'EI. Il a une nouvelle fois appelé tous les pays à les rapatrier et à les juger, en citant l'exemple de l'Italie et de l'Allemagne. Ce sujet continue de diviser les Etats-Unis et la France, opposée au rapatriement de ses ressortissants capturés en Syrie alors qu'ils combattaient dans les rangs jihadistes. Signe que le différend reste entier, la déclaration finale des ministres des Affaires étrangères ne cite vendredi qu'un vague engagement à "chercher une approche globale à ce grave problème".

L'Etat islamique, à son apogée, avait perpétré des exécutions de masse et asservi de nombreux non musulmans dans le vaste territoire qu'il avait conquis à partir de 2014. Il avait aussi ourdi de nombreux attentats meurtriers en Europe depuis son "califat" autoproclamé. Malgré les succès de la coalition internationale en Irak et en Syrie, des cellules restent actives et le groupe continue d'opérer et de perpétrer des attaques sanglantes dans d'autres régions, comme en Afghanistan ou en Afrique.

Les ministres ont "relevé avec inquiétude la menace émergente posée par les branches et émanations de l'EI à travers le monde, en particulier en Afrique de l'Ouest et au Sahel", selon leur déclaration commune.


Les Etats-Unis ont exhorté jeudi leurs alliés à continuer à financer la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) malgré la crise économique née de la pandémie de nouveau coronavirus. Lors d'une réunion ministérielle virtuelle réunissant une trentaine de pays et organisations de la coalition internationale anti-EI, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a ...