Le chef de l'État libanais Michel Aoun présidant une réunion économique au palais prédentiel de Baabda, le 4 juin 2020. Photo Twitter/Présidence libanaise
Le chef de l’État libanais Michel Aoun a présidé jeudi matin une réunion économique au palais de Baabda, au moment où le pays fait face à sa pire crise économique et financière en trente ans, et doit lutter contre la propagation du coronavirus. Cette réunion porte sur les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), le Liban ayant demandé une assistance financière à cette institution, après avoir fait défaut sur le remboursement de sa dette en dollars. Le Premier ministre Hassane Diab, le ministre des Finances Ghazi Wazni, le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, ainsi qu'une équipe de négociateurs du FMI, ont pris part à cette réunion.
"Les chiffres et les montants qui figurent dans les rapports du ministère des Finances et ceux de la Banque du Liban, et qui servent de base aux négociations (...) ont été étudiés ", a annoncé le directeur général de la présidence de la République, Antoine Choucair, à l'issue de la réunion. "Après négociations, et en se basant sur les tableaux comparatifs, il a été convenu de la nécessité de trancher la question des chiffres sur la base d'une approche unifiée et une nouvelle réunion se tiendra lundi prochain afin de plancher sur cette question pour faciliter les négociations avec le FMI", a-t-il ajouté.
Le gouvernement Diab a présenté un plan de redressement économique qui s'étale sur cinq ans, mais ce document ne fait pas l'unanimité au sein de la classe politique et financière, et il est décrié par l'opposition et la contestation populaire déclenchée le 17 octobre 2019. Une commission regroupant des représentants de la Banque du Liban, de l'Association des banques du Liban et des députés avait été mise sur pied pour unifier les différents chiffres officiels présentés dans les rapports servant de base aux discussions avec le FMI, alors que de grosses disparités avaient été identifiées entre les différents états des lieux effectués par les parties concernées.
Empêtré dans une crise économique profonde, avec un endettement équivalent à 170% de son PIB, le Liban, qui a fait défaut sur sa dette, n'a d'autre choix que de demander l'aide d'instances financières internationales, dont le FMI. Mais qu'il s'agisse du FMI ou de la conférence CEDRE, les bailleurs de fonds internationaux n'ont de cesse de demander aux autorités libanaises de mettre en place des réformes structurelles en contrepartie d'une éventuelle aide, ce qu'aucun gouvernement n'est parvenu, jusque-là, à réaliser.


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