Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, lors d'une conférence de presse à Rome, le 18 février 2020. Photo d'archives REUTERS/Guglielmo Mangiapane
L'Italie "exige le respect" des autres pays d'Europe à propos de la prochaine réouverture des frontières, une question qui nécessite une "réponse européenne" coordonnée, a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio.
"J'ai beaucoup entendu parler de l'Italie ces jours-ci. Ce n'est pas le moment de polémiquer, mais je tiens à préciser une chose: nous exigeons le respect. Si quelqu'un s'imagine qu'il peut nous traiter comme un pestiféré, alors sachez que nous ne resterons pas sans réagir", a mis en garde M. Di Maio, dans une déclaration sur Facebook.
Touché de plein fouet par le nouveau coronavirus (plus de 33.000 morts en trois mois), l'Italie, qui semble avoir maîtrisé l'épidémie, se déconfine progressivement depuis début mai, et se prépare à une réouverture de ses frontières le 3 juin. Rome pousse à une reprise coordonnée des déplacements en Europe pour le 15 juin, ce qui marquerait une reprise à l'échelle continentale du tourisme, un secteur clé pour l'économie italienne aujourd'hui à genoux. Plusieurs pays voisins refusent cependant une réouverture à cette date de leur frontière terrestre avec l'Italie, ce qui fait grincer des dents à Rome, qui y voit une manière détournée d'empêcher les touristes de venir dans la péninsule. C'est le cas en particulier de l'Autriche et de la Suisse. "L'Italie est toujours un hotspot, bien que la situation se soit déjà améliorée dans certaines régions", a déclaré cette semaine le ministre autrichien de la Santé Rudolf Anschober (Verts).
Sur cette question de la réouverture des frontières, "nous avons besoin d'une réponse européenne parce que si nous agissons de manière différente et désordonnée, l'esprit de l'UE est perdu. Et l'Europe s'effondre", a plaidé le ministre italien. "Notre patience a ses limites. Je comprends la concurrence entre les différents États, elle est légitime, à condition toutefois qu'elle soit saine et équitable", a-t-il souligné, vantant "la beauté unique, les merveilles et les plages uniques" de son pays.
M. Di Maio a également annoncé qu'il se rendrait en mission en Allemagne le 5 juin, en Slovénie le 6 juin et en Grèce le 9 juin pour s'y entretenir avec ses homologues. "La situation interne, toutes les données sur les contagions, seront toujours publiques. Nous avons toujours agi de manière responsable et transparente et nous continuerons à le faire", a-t-il assuré.
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