Ibtissam en compagnie de son avocate et de Samir Youssef, recevant l’enveloppe qui contient le verdict du juge près la cour d’appel. Capture d’écran
À l’occasion de la fête du Fitr, la MTV a diffusé lundi un épisode exceptionnel intitulé Chaque personne mérite une seconde chance. Samir Youssef – et son équipe – a ainsi redonné espoir à une vieille femme qui voyait ses jours s’éteindre petit à petit derrière les barreaux de sa prison à Tripoli. 23 ans après le déroulement d’un horrible crime, la cellule 44 de la prison des femmes à Tripoli cachait toujours derrière sa porte métallique la triste histoire d’une femme rongée par le regret, après avoir tué un enfant de deux ans, celui de sa voisine, une femme qu’elle soupçonnait d’être complice de son mari, l’aidant à retrouver sa maîtresse.
Un jour de 1997 donc, Ibtissam el-Kachef, folle de jalousie, se rend chez sa voisine, Leyla el-Toum, prend dans ses bras son fils Samer, se dirige vers le balcon et le jette dans le vide. Elle voulait punir cette voisine et amie de l’avoir trahie en arrangeant, selon elle, une rencontre entre son mari et une femme avec laquelle il entretenait, depuis un moment, une relation extraconjugale. L’enquête révèle que Leyla n’était pour rien dans cette histoire, mais Ibtissam, à l’époque des faits, croyait le contraire. Depuis 2015, la MTV s’est penchée sur le dossier et une procédure, suivie par l’équipe de Aatel aan el-Horriyé de près, a été lancée dans le but de réduire la peine imposée à Ibtissam.
Les moments forts de cette émission sont d’abord la rediffusion d’une visite de Leyla el-Toum à Ibtissam en prison, durant laquelle elle lui accorde son pardon, puis un passage où l’avocate annonce à Ibtissam qu’elle bénéficie d’une réduction de peine et sera donc libérée. Cette ancienne professeure de maths et de français, dont la vie a basculé suite à cet horrible infanticide commis dans un moment de colère intense, a été, durant toutes ces années, soutenue par sa famille et surtout par ses enfants qui ne l’ont jamais oubliée. Leyla enlace Ibtissam en pleurant et lui assure lui avoir pardonné dès le début. Ibtissam était sa voisine de palier avec qui elle partageait sa vie, ses repas et ses petits secrets.

Leyla, une femme d’une grande beauté au visage rayonnant et au regard serein, a été chaudement saluée par les téléspectateurs il y a cinq ans. Aujourd’hui, elle ne regrette pas d’avoir renoncé à ses droits malgré la pression exercée sur elle par des proches. Elle enlace la vieille femme nouvellement libérée, lui tient la main, l’embrasse et lui dit : « Tu es belle et je t’aime. » « Quelle grandeur d’âme, quel courage de pouvoir pardonner », pouvait-on lire sur les commentaires de la page Facebook du programme.En avril dernier, Ibtissam retrouve la liberté suite au jugement rendu par le juge Oussama Mneimné. On le lui annonce durant le programme, mais la façon dont Samir Youssef ralentit l’annonce et augmente le suspense et le stress de la vieille femme a été largement critiquée sur les réseaux sociaux. L’émission, malgré tout, a pu offrir un moment chargé d’émotion. « Mama Ibtissam », comme l’appelaient ses camarades de prison, était suivie de près par Mona Issa de Dar el-Amal et des psychiatres qui lui ont établi un bilan détaillé en vertu duquel elle est actuellement admise dans une maison de repos pour cinq mois avant de pouvoir voyager pour retrouver sa famille et ses enfants en Australie.L’équipe de Aatel aan el-horriyé lui a par ailleurs offert un pèlerinage à La Mecque en compagnie de Leyla afin de sceller ce nouveau départ. La femme, qui n’a pas échappé à une série de critiques sur les réseaux sociaux concernant le dénouement de son histoire, remettant en cause son droit à une seconde chance, et rappelant l’horreur de son crime, conclut l’émission en rappelant aux téléspectateurs que « la vie est belle, il faut juste la comprendre »…
« Aatel aan el-horriyé », lundi sur la MTV, 20h50.

