Éclairage

« Arabe ou juif ? » : la mort d’un danseur soulève l’indignation des Palestiniens

Les autorités israéliennes sont accusées d’avoir fait le minimum pour rechercher Ayman Safieh.

Ayman Safieh. Photo tirée de la page Facebook du danseur

L’atmosphère est sombre malgré le ciel bleu cet après-midi du mercredi 27 mai sur les plages endeuillées du sud de Haïfa, le long de la côte israélienne : journalistes, officiels et proches s’affairent en silence sur le site où a été découvert le corps d’Ayman Safieh. Celui qui était considéré comme le « Billy Eliot du Moyen-Orient » vient d’être retrouvé inanimé, après quatre jours de recherche.

Ayman Safieh, 28 ans, né dans le village de Kafr Yassif en Galilée, s’était fait connaître sur la scène locale et internationale comme le premier danseur de ballet professionnel palestinien en Israël. Il commence sa pratique professionnelle à l’âge de 16 ans et reçoit en 2008 sa première distinction internationale. En 2009, il rejoint pour quatre ans l’école Rambert de ballet et danse contemporaine à Londres, avant de retrouver sa terre natale.

L’artiste avait été porté disparu dans la matinée de dimanche après qu’il eut été vu pour la dernière fois sur la plage de Neve Yam, à Atlit, au sud de Haïfa, où il aurait été emporté au large par la force du courant en compagnie d’une amie, qui a réussi à rejoindre la côte. Suite à l’annonce de sa disparition, des dizaines de volontaires parmi lesquels sa famille et ses proches se sont mobilisés afin de retrouver la trace du jeune homme via une campagne en ligne et des patrouilles de recherche improvisées avec l’aide de bateaux de pêcheurs ou de jet-ski.

La mobilisation civile s’inscrit dans un contexte de défiance vis-à-vis des autorités, les amis du défunt ayant notamment accusé la police de racisme, puisqu’elle a en premier lieu cherché à connaître l’appartenance ethnique du porté disparu.

« La première question a été : est-il arabe ou juif ? » déplorent sur les réseaux sociaux nombre de ses connaissances, estimant que la réponse à cette question a conditionné le traitement du dossier. « Certains considèrent qu’il s’agissait d’une simple question administrative, afin de savoir s’ils devaient s’adresser à eux en arabe ou en hébreu. Une absurdité. Si l’on parle d’un garçon né en 1991, c’est une évidence qu’il parle hébreu : les seuls à ne pas le parler sont ceux de l’ancienne génération de la Nakba, et encore, même eux ont appris la langue », fait remarquer la danseuse palestinienne Shahd Abusalama, membre du collectif Hawiyya, pour qui la question lâchée par la police a déclenché la colère des proches.

« S’il avait été juif »

Ayman Safieh appartenait au million et demi de Palestiniens d’Israël, soit 20 % de la population totale, dont beaucoup considèrent qu’ils représentent des citoyens de seconde catégorie au sein de l’État hébreu, souffrant notamment de discriminations à l’emploi ou au logement, de violences policières ou d’arrestations arbitraires. « Il est impossible aujourd’hui de parler de la vie individuelle d’un Palestinien à l’intérieur d’Israël sans parler de cette pratique raciste systématique, dont cet épisode fait partie », estime Shahd Abusalama.

Signe supplémentaire pour beaucoup de la négligence intentionnelle des autorités, la conduite des recherches a elle aussi soulevé l’indignation : les efforts de la police pour rechercher le corps ont été conduits a minima, interrompus au bout de quelques heures et jugés largement insuffisants. « Un hélicoptère a été envoyé et son corps a été repéré, mais ils n’ont pas tenté de le sauver, affirmant que les vagues et le vent étaient trop forts. Les autorités n’ont plus continué les recherches après ça », témoigne sur son compte Facebook Yara Harawi, chercheuse au centre de recherche palestinien al-Shabaka. « Beaucoup considèrent que s’il avait été juif, ils l’auraient trouvé plus tôt », estime Shahd Abusalama pour qui « tout le monde s’accorde sur le fait que la réponse des autorités est arrivée en retard, et même lorsqu’ils ont fait face aux réclamations, la réponse s’est montrée très limitée ».

Des protestations qui ont été relayées par le très médiatique leader de la liste unie des partis arabes, Ayman Odeh : « La famille nous rapporte qu’elle a mené la plupart des recherches en cours ces derniers jours, critiquant de manière véhémente le retard des services d’urgence », partageait le député mardi sur son compte Twitter. Une version démentie par les autorités qui ont rapidement publié un communiqué de presse certifiant que tous les efforts nécessaires avaient été déployés en vue de rechercher le jeune homme.

Au-delà de la gestion officielle du dossier, la couverture médiatique a été perçue comme un autre volet problématique de l’affaire. « Les voix palestiniennes étaient bien seules ces derniers jours », relève Shahd Abusalama, avant de préciser que « les médias israéliens n’ont commencé à se pencher dessus que mardi en fin de journée, la couverture internationale étant elle aussi insuffisante ».

La presse israélienne est particulièrement montrée du doigt pour avoir minimisé les plaintes de l’entourage, tout en mettant l’accent sur les efforts déployés par la police. En soulignant le parcours exemplaire d’un enfant du pays, tout en passant sous silence l’engagement de l’artiste pour la cause palestinienne, certains estiment qu’une partie de la presse a tenté de se réapproprier l’héritage du danseur allant jusqu’à propager « des mensonges évidents, notamment l’image du bon Arabe qui a grandi au sein des institutions sionistes... appuyant son identité homosexuelle dans une optique de pink-washing », note Shahd Abusalama, accusant ainsi les autorités israéliennes de manipuler la cause homosexuelle à des fins politiques. « Ayman est déjà politisé, mais la confirmation de sa mort va le rendre encore plus politique, et cela d’autant plus en raison de son identité multiple », conclut la jeune femme originaire de Gaza.



L’atmosphère est sombre malgré le ciel bleu cet après-midi du mercredi 27 mai sur les plages endeuillées du sud de Haïfa, le long de la côte israélienne : journalistes, officiels et proches s’affairent en silence sur le site où a été découvert le corps d’Ayman Safieh. Celui qui était considéré comme le « Billy Eliot du Moyen-Orient » vient d’être...

commentaires (4)

AU MOINS ILS ONT ENVOYE UN HELICOPTERE ALORS QU'AU LIBAN ON AURAIT DIT ON N;A PAS L'ARGENT POUR LES PIECES DE RECHANGE ET L'HELICOPTERE EST IMMOBILISE DEPUIS 3 ANS CESSONS DE CROIRE AUX FANTAISIES ARABES QUAND LE GOUVERNEMNT ISRAELIEN A SUGGERE DE PASSER UNE VILLE ENTIERE AVEC SES 300000 HABITANTS MUSULMANS ISRAELIENS, A UN ETAT PALESTINIEN EN CONTREPARTIE D'UNE ANNEXION SIMILAIRE EN CISJORDANIE , LES PREMEIES A PROTESTER ET A DIRE NE PAS LE VOULOIR C;EST LES HABITANTS ARABES DE CETTE VILLE AU MOYEN ORIENT LES ISRAELIENS DE RELIGION MUSULMANES VIVENT MILLE FOIS MIEUX QUE N'IMPORTE QUEL ARABE MUSULMANT AU LIBAN, EN SYRIE A GAZA ET MEME DANS LA REGION CONTROLEE PAR LE PLO CESSONS DONC DE CROIRE AUX CHIMERES DE LA PROPAGANDE . UN PAYS OU ON JUGE UN PREMIER MINISTRE EN EXERCISSE, OU LA JUSTICE MET EN PRISON UN CHEF D'ETAT ET UN EX PREMIER MINISTRE, ON EN REVE AU LIBAN DEPUIS LE 17 OCTOBRE DONT ACTE

LA VERITE

01 h 00, le 30 mai 2020

Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • AU MOINS ILS ONT ENVOYE UN HELICOPTERE ALORS QU'AU LIBAN ON AURAIT DIT ON N;A PAS L'ARGENT POUR LES PIECES DE RECHANGE ET L'HELICOPTERE EST IMMOBILISE DEPUIS 3 ANS CESSONS DE CROIRE AUX FANTAISIES ARABES QUAND LE GOUVERNEMNT ISRAELIEN A SUGGERE DE PASSER UNE VILLE ENTIERE AVEC SES 300000 HABITANTS MUSULMANS ISRAELIENS, A UN ETAT PALESTINIEN EN CONTREPARTIE D'UNE ANNEXION SIMILAIRE EN CISJORDANIE , LES PREMEIES A PROTESTER ET A DIRE NE PAS LE VOULOIR C;EST LES HABITANTS ARABES DE CETTE VILLE AU MOYEN ORIENT LES ISRAELIENS DE RELIGION MUSULMANES VIVENT MILLE FOIS MIEUX QUE N'IMPORTE QUEL ARABE MUSULMANT AU LIBAN, EN SYRIE A GAZA ET MEME DANS LA REGION CONTROLEE PAR LE PLO CESSONS DONC DE CROIRE AUX CHIMERES DE LA PROPAGANDE . UN PAYS OU ON JUGE UN PREMIER MINISTRE EN EXERCISSE, OU LA JUSTICE MET EN PRISON UN CHEF D'ETAT ET UN EX PREMIER MINISTRE, ON EN REVE AU LIBAN DEPUIS LE 17 OCTOBRE DONT ACTE

    LA VERITE

    01 h 00, le 30 mai 2020

  • ce n'est pas la première fois ni la dernière ,qu'Israél est montré du doigt comme un état Apartheid. ses dirigeants considèrent qu'il n'y a dans cet état que pour les sionistes. Les mouvements contre l'apartheid en Europe comme aux Usa se battent régulièrement contre la justice à deux niveaux: une pour les sionistes l'autre pour les habitants de deuxième catégorie qui sont les palestiniens. Ce que manifestement, votre commentateur, semble ignorer.

    HIJAZI ABDULRAHIM

    17 h 19, le 29 mai 2020

  • Faut pas juger de loin. Le monde arabe est connu pour monter tout en boucle pour montrer qu'il est "victime" et pleurnicher. Il faut savoir ce dont il s'agit. La justice israélienne juge et emprisonne de très hauts responsables israéliens. Ils sont pour le moins plus courageux et plus justes que les justices occidentales et évidemment arabes. Faut pas voir uniquement la paille dans l'oeil du voisin alors qu'on a une poutre sur notre dos qu'on ne remarque pas.

    RadioSatellite.co

    16 h 05, le 29 mai 2020

  • L,APARTHEID BAT SON PLEIN EN ISRAEL.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    06 h 05, le 29 mai 2020