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Dernières Infos - Libertés

Pour Amnesty, Tunis doit renoncer à poursuivre une étudiante ayant partagé une parodie du Coran

La cour et le minaret de la mosquée Malek Ibn Anas, à Carthage, en Tunisie, le 24 mai 2020. Photo d'illustration AFP / FETHI BELAID

Amnesty international a demandé mercredi aux autorités tunisiennes d'abandonner les poursuites contre une étudiante ayant partagé sur Facebook une publication parodiant le Coran, une affaire qui illustre selon l'ONG la poursuite d'atteinte à la liberté d'expression dans la jeune démocratie.

Emna Chargui, 26 ans, a partagé le 4 mai sur sa page Facebook une publication d'un utilisateur étranger parodiant le Coran. Intitulée "sourate corona", cette publication parle de la pandémie de Covid-19 en imitant le style du texte sacré. La jeune femme a été poursuivie deux jours plus tard pour "atteinte au sacré et aux bonnes mœurs" et "incitation à la violence" selon son avocate Inès Trabelsi, et elle doit comparaître jeudi devant le tribunal de première instance de Tunis.

"La poursuite d'Emna Chargui est une illustration de la manière (...) dont les autorités continuent d'utiliser des lois répressives pour saper la liberté d'expression", a déclaré Amna Guellali, une responsable locale d'Amnesty international. Cette étudiante, poursuivie en état de liberté, risque "une peine de prison pouvant aller jusqu'à trois ans simplement pour avoir partagé un message satirique sur Facebook", a déploré la même source. Selon Amnesty, "un tel procès envoie le message que toute personne osant exprimer une opinion controversée sur les réseaux sociaux risque d'être punie." D'après Me Trabelsi, l'étudiante est poursuivie en vertu de l'article 6 de la Constitution qui stipule que "l'Etat protège la religion".

La loi fondamentale, votée en 2014 dans le sillage de la révolution et fruit d'un compromis historique, prévoit que l'Etat "garantit la liberté de croyance, de conscience". Mais elle s'engage dans le même temps à "protéger le sacré et empêcher qu'on y porte atteinte." Dans son communiqué, Amnesty appelle aussi les autorités tunisiennes à protéger Emna Chargui, cible de menaces "inquiétantes" depuis sa publication de cette parodie.

Dans le texte de cette parodie on pouvait lire "il n'y a pas de différence entre rois et esclaves, suivez la science et laissez les traditions". Il se concluait, de manière ironique par un "Ainsi parle le grand Jilou", un nom de divinité inventé pour l'occasion.

Amnesty international a demandé mercredi aux autorités tunisiennes d'abandonner les poursuites contre une étudiante ayant partagé sur Facebook une publication parodiant le Coran, une affaire qui illustre selon l'ONG la poursuite d'atteinte à la liberté d'expression dans la jeune démocratie.Emna Chargui, 26 ans, a partagé le 4 mai sur sa page Facebook une publication d'un utilisateur étranger parodiant le Coran. Intitulée "sourate corona", cette publication parle de la pandémie de Covid-19 en imitant le style du texte sacré. La jeune femme a été poursuivie deux jours plus tard pour "atteinte au sacré et aux bonnes mœurs" et "incitation à la violence" selon son avocate Inès Trabelsi, et elle doit comparaître jeudi devant le tribunal de première instance de Tunis."La poursuite d'Emna Chargui est une illustration de la...