Douglas Cummings, conseiller du premier ministre britannique Boris Johnson, au cœur d'une polémique après avoir été accusé d'avoir enfreint le confinement. Photo d'archives AFP / Tolga AKMEN
Un membre du gouvernement britannique a démissionné mardi à la suite de la controverse entourant le déplacement en plein confinement du conseiller du Premier ministre Boris Johnson, Dominic Cummings, dont les explications n'ont pas suffi à éteindre l'incendie.
Déjà critiqué pour sa gestion de la pandémie et les accrocs de son plan de déconfinement, le chef du gouvernement peine à tourner la page de l'affaire provoquée par son très controversé et très influent conseiller.
"Des habitants de ma circonscription n'ont pas pu dire au revoir à leurs proches, des familles n'ont pas pu faire leur deuil ensemble, des gens n'ont pas pu visiter leurs proches malades parce qu'ils suivaient les recommandations du gouvernement", a expliqué le secrétaire d'Etat pour l'Ecosse, Douglas Ross, sur Twitter. "Je ne peux pas, en toute bonne foi leur dire qu'ils avaient tous tort et qu'un conseiller du gouvernement avait raison", a-t-il poursuivi.
Cette démission intervient au lendemain d'une conférence de presse de Dominic Cummings qui n'a exprimé ni excuses ni regrets mais a a assuré avoir agi de manière "légale et raisonnable" en parcourant 400 kilomètres malgré le confinement qui imposait aux Britanniques de rester chez eux. Craignant d'être contaminé au Covid-19, le cerveau de la campagne du référendum de 2016 qui a abouti au Brexit a expliqué s'être rendu avec sa femme et leur fils de quatre ans chez ses parents à Durham, dans le nord-est de l'Angleterre, parce qu'il cherchait une solution pour garder son enfant. Un second déplacement est particulièrement critiqué: une visite à proximité du château médiéval de Barnard, à une quarantaine de kilomètres du domicile de ses parents, le jour de l'anniversaire de sa femme. Le conseiller a assuré que cette virée en voiture devait lui permettre de vérifier qu'il pouvait conduire en toute sécurité car sa vue avait été affectée par le virus.
Boris Johnson est monté personnellement au créneau à deux reprises, dimanche et lundi, pour défendre devant la presse son conseiller dont il est très proche, concédant lundi soir regretter la "confusion" et la "colère" provoquée par l'affaire.
Poids lourd du gouvernement, le ministre Michael Gove est venu à son tour mardi à la rescousse de M. Cummings en le présentant comme un "homme d'honneur et d'intégrité". "Je pense que la plupart des gens comprendront qu'il était sous pression et a voulu placer au premier plan la santé de sa femme et de son fils", a-t-il déclaré au micro de la BBC mardi. Malgré la tentative du gouvernement de venir à l'aide du conseiller, la tempête continue de gronder, y compris dans les rangs conservateurs, où une quinzaine de députés réclament sa démission.
Boris Johnson doit gérer ce délicat dossier en même temps que la sortie d'un confinement de plus difficile à tenir au Royaume-Uni, où de nombreuses plages et parcs se sont retrouvés bondés ce weekend, à la faveur d'un temps ensoleillé.
L'affaire a monopolisé la Une des journaux, reléguant au second plan les annonces du gouvernement sur une réouverture prévue des magasins "non essentiels" mi-juin, un assouplissement majeur des restrictions imposées fin mars pour lutter contre la progression de la pandémie.
Le dirigeant conservateur était déjà en difficulté, accusé par l'opposition d'avoir tardé à décréter le confinement, et à fournir suffisamment de combinaisons médicales et de masques aux soignants et employés de maisons de retraite, particulièrement touchées par la maladie. Avec près de 37.000 morts, le Royaume-Uni est le deuxième pays au monde le plus endeuillé par la maladie, après les Etats-Unis.
Pour le Labour, principal parti d'opposition, avec l'affaire Cummings, "le gouvernement envoie un message clair: il y a une règle pour le plus proche conseiller de Boris Johnson et une autre pour tous les autres". Les responsables des partis d'opposition doivent discuteront mardi d'une réaction commune à cette affaire.


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