Le logo de l'ONG Amnesty International. Photo d'illustration AFP
Les manifestations ont débuté le 15 novembre après l'annonce surprise par le gouvernement d'une hausse drastique du prix du carburant, très subventionné dans le pays. Les rassemblements ont rapidement pris une tournure violente et internet a été coupé dans le pays pendant environ une semaine.
L'Iran n'a pas annoncé de bilan officiel et n'a reconnu la mort que d'une poignée de personnes, notamment parmi les forces de sécurité, les autorités qualifiant de "mensonges absolus" les bilans fournis par des "groupes hostiles".
Dans un rapport, Amnesty affirme avoir des preuves concernant la mort de 304 hommes, dont 10 femmes et 23 enfants, dans la répression "impitoyable" des manifestations. L'ONG basée à Londres ajoute que 220 sont morts en deux jours selon les recherches qu'elle a effectuées, notamment à partir de photos et de vidéos. Selon Amnesty, la "vaste majorité" a été tuée par des forces de sécurité qui ont fait usage de la force de manière "illégale" étant donné "qu'aucune preuve ne démontrait que les manifestants étaient en possession d'armes à feu ou représentaient une menace imminente". L'ONG rapporte toutefois une exception avec un cas d'échange de tirs entre manifestants et forces de sécurité.
"Six mois plus tard, les familles dévastées des victimes continuent le combat pour la vérité et la justice, elles font face à un harcèlement intense et aux intimidations des autorités", a déclaré Philip Luther, responsable pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty, dénonçant "l'impunité qui prévaut pour les forces de sécurité". "En l'absence de toute recherche significative pour que des comptes soient rendus au niveau national, nous réitérons notre appel aux membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à demander une enquête sur ces meurtres." Selon l'ONG, ces meurtres ont eu lieu dans huit provinces, reflétant la "nature généralisée de la répression".
Les banlieues pauvres de Téhéran ont été les plus touchées, avec 163 morts, suivies par les provinces dans lesquelles vivent des minorités, notamment celles du Khouzestan et de Kermanshah, avec respectivement 57 et 30 morts, selon Amnesty, qui précise que le bilan pourrait être bien plus élevé.
"A l'exception de quatre cas, les victimes ont toutes été tuées par les forces de sécurité iraniennes - dont des Gardiens de la Révolution (armée idéologique iranienne), des paramilitaires du Bassidj (volontaires islamistes) et la police - qui ont tiré à balle réelle, souvent en visant la tête ou le torse, ce qui indique qu'elles tiraient pour tuer", ajoute l'ONG. Amnesty a indiqué avoir connaissance "de cas d'autres victimes rapportés par des militants", tout en soulignant "ne pas encore disposer de détails suffisants et fiables".


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